David Abiker reçoit l'économiste Anton Brender économiste, professeur associé honoraire à l’université Paris-Dauphine, auteur du livre Géopolitique de la dette – Où va l’épargne du monde ? paru le 20 mai aux éditions Odile Jacob
Ensemble, ils explorent un sujet d'actualité brûlant : la dette publique.
Alors que certains ont évoqué un « Himalaya de la dette », Anton Brender apporte un éclairage nuancé sur cette problématique. Il explique que la dette publique n'est pas un phénomène isolé, mais le reflet d'un « Himalaya de l'épargne » qui s'accumule à l'échelle mondiale. Cette épargne, déposée dans les banques et les assurances-vie, se traduit nécessairement par l'émission de dettes publiques et privées.
L'expert souligne que la France, bien qu'endettée, n'est pas pour autant en faillite. La charge de la dette, mesurée en pourcentage du PIB, est aujourd'hui plus faible qu'en 2000. Cependant, il met en garde contre les turbulences à venir, notamment à cause de la politique économique menée par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
En effet, le président américain souhaite réduire le déficit extérieur de son pays, qu'il considère comme une « grande arnaque ». Mais ses mesures protectionnistes, comme la hausse des droits de douane, risquent d'avoir l'effet inverse et de déséquilibrer l'économie mondiale. Cela pourrait se traduire par une hausse des taux d'intérêt, pénalisant ainsi les emprunteurs, au premier rang desquels les États.
Face à ces défis, Anton Brender appelle la France et l'Europe à se préparer à ces turbulences. Selon lui, il ne s'agit pas de réduire coûte que coûte la dette publique, mais de mieux dépenser l'argent public, en investissant dans des infrastructures matérielles et sociales qui renforcent la compétitivité et la cohésion de la société. Un message de raison dans un débat souvent trop alarmiste sur la dette.
