« Nous sommes au cœur d’un choc énergétique », estime l’historien de l’économie Philippe Chalmin. Même s’il est moins important que la crise pétrolière de 73, l’épisode que nous vivons est particulièrement inquiétant.
Philippe Chalmin explique que le véritable enjeu réside dans l'état de santé fragile des économies actuelles, avec des niveaux d'endettement public sans précédent. Contrairement aux années 70, les États n'ont plus les moyens de soutenir efficacement leurs citoyens face à la flambée des prix de l'énergie.
Le cœur de l'entretien se concentre ensuite sur le rôle crucial du détroit d'Ormuz, véritable cordon ombilical de l'économie pétrolière et gazière mondiale. Philippe Chalmin souligne que la géopolitique a rattrapé la puissance militaire américaine, rendant le contrôle de ce passage stratégique extrêmement complexe. Il invite même les auditeurs à se plonger dans la bande dessinée "Le Secret de l'Espadon" d'Edgar P. Jacobs pour mieux comprendre les enjeux de ce lieu !
L'économiste estime que le statut du détroit d'Ormuz sera désormais différent, avec de fortes chances de voir émerger un système de péage, à l'instar de celui qui a existé pendant deux siècles sur le détroit du Sund, entre la Suède et le Danemark. Cette évolution aura des conséquences majeures pour les pays du Golfe, qui avaient fait de Dubaï un hub financier et monétaire mondial, mais dont le rôle pourrait être remis en cause.
Philippe Chalmin prévient que les répercussions économiques de cette crise énergétique seront lourdes, avec des tensions inflationnistes et des impacts sur les taux d'intérêt. Il estime que la croissance mondiale pourrait perdre jusqu'à 0,5 point de pourcentage, un coup dur pour des économies déjà fragilisées.
