Il faut comprendre ce que représente Madonna pour ma génération. Cette femme puissante, libre, qui joue de sa sensualité tout en hurlant à la face du monde « je fais ce que je veux et je vous emmerde», c'est la genèse de la pop moderne.
Elle appartient à cette fameuse Sainte Trinité des années 80 : le Roi, la Reine, et le Prince. À eux trois, Michael Jackson, Madonna et Prince ont cristallisé l'intégralité de la pop culture actuelle. De la production studio à l'art du clip, jusqu'à la conception de shows extravagants et de grands messes de stade, ils ont défini les codes. Aujourd'hui encore, Madonna reste le mètre étalon.
De Britney Spears à Beyoncé, de Katy Perry à Rihanna, en passant par Christina Aguilera, Pink, ou Sabrina Carpenter, toutes ont un jour été couronnées par la critique du titre de « nouvelle Madonna ».
Pourtant, comme toutes les idoles qui ont le bon goût de ne pas mourir, elle subit les violents travers de la longévité. Le public adore hisser ses artistes au rang de demi-dieux pour mieux brûler l'icône quelques décennies plus tard. Celle qui a tant fait pour que les femmes puissent assumer leurs paroles les plus explicites ou militantes, leurs tenues les plus provocantes et leur sexualité libre voire insolite, se retrouve aujourd'hui critiquée de toute part. Comme si, passé soixante ans, malgré les luttes des années 70 et 80, il n'était soudainement plus permis de disposer de son propre corps et de ses choix esthétiques.
Mais au-delà des polémiques, il reste une discographie imposante et un rôle majeur dans l'histoire de la musique et de la pop culture. C'est cette œuvre monumentale, décortiquée à travers 305 chansons, que Benoît Clerc raconte dans La Totale Madonna, à paraître dans les prochains jours chez EPA Editions.
