Description

Emmanuel Taïeb reçoit le chercheur Marc Hecker, co-auteur avec Elie Tenenbaum de La Guerre de vingt ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXIe siècle (Robert Laffont, 2021).

Le 21 janvier 2021 à Bagdad, un double attentat à la ceinture  d’explosifs fait 32 morts sur une place de marché. C’est un attentat qui  n’a pas de nom et qui ne restera peut-être pas dans l’histoire. C’est  pourtant l’attentat le plus meurtrier de ces trois dernières années. Il a  été attribué à Daech. Et il s’inscrit dans la longue litanie de la  violence djihadiste, dont l’attaque contre les tours du World Trade  Center le 11-Septembre 2001 marque le commencement. La fin de la Guerre  froide a en effet été le début d’une autre guerre globale, beaucoup plus  « chaude » ; celle que les mouvements djihadistes déclarent aux pays  qui les ont vu naître et à l’Occident tout entier. Tandis qu’en réponse  les États-Unis et l’Europe lancent une « guerre contre le terrorisme »,  qui parfois dit son nom et parfois le cache, mais avec des modalités  différentes, et qui en tout cas remettent la question de la sécurité au  cœur des débats politiques.
Si l’intégrisme religieux et la radicalisation politique sont anciens,  le djihadisme comme doctrine irréductiblement religieuse et politique, a  ceci de nouveau qu’il a essaimé sur toute la planète. Les Talibans en  Afghanistan, Al-Qaïda au Moyen Orient, Al-Quaïda au Maghreb islamique,  puis Daech, l’Etat islamique, ou Boko Haram en Afrique subsaharienne.  Tous ces groupes ont théorisé l’action violente, et comptent bien  déstabiliser les pays ennemis par les armes. Même si désormais l’espoir  d’instaurer un califat s’évapore, le recours au terrorisme persiste.  Souvent le fait de ceux qu’on appelle des « homegrown terrorists », nés  dans le pays qu’ils prennent pour cible, après un entraînement dans la  zone syro-irakienne. En France, les attentats contre Charlie Hebdo,  l’Hypercacher, contre les passants de la promenade des Anglais à Nice,  et bien sûr les attaques du 13 novembre 2015, s’inscrivent dans cette  offensive djihadiste mondiale.
Pour rompre avec les analyses très générales du djihadisme, et les  querelles idéologiques indécidables, il faut revenir aux faits et c’est  ce qu’entreprend mon invité Marc Hecker, dans une livre qu’il vient de  co-signer sur le sujet.