Dans L'art et la manière, Richard Casazza François reçoit la peintre Julie Navarro. Son support de prédilection n'est ni la toile ni le papier, mais la moustiquaire, le tulle de danse, tout ce qui laisse passer la lumière. Une rencontre née d'un accident, sur une île, il y a plusieurs années, et qui n'a jamais cessé depuis de se déplacer.
Elle ne cherchait pas un nouveau support. Elle cherchait à ne plus être piquée par les moustiques. Sur une île de Minorque, un rouleau de moustiquaire traîne au sol dans son atelier. Elle le peint, presque sans y penser. Ce qu'elle découvre alors ne la quittera plus : l'ajouré, le vide entre les mailles, l'effet de moirage d'un tissu transparent posé sur un autre. Une matière qui ne se laisse jamais complètement recouvrir.
