Jean-Marc Liduena, directeur général du cabinet Circle Stratégie, auteur de l'étude sur cet impact économique colossal, est l'invité du Chiffre du jour pour nous éclairer sur ces enjeux.
Notre invité répond à la question suivante : où va donc cet argent ? La construction des sites et des infrastructures est de loin le poste le plus coûteux, représentant plus de 5 milliards de dollars en moyenne. À cela s'ajoutent les dépenses de sécurité, qui peuvent atteindre 650 millions d'euros par édition, ainsi que les coûts liés à la cybersécurité, estimés entre 200 et 400 millions.
Mais au-delà des chiffres, ce qui inquiète le plus Jean-Marc Liduena, c'est le caractère non soutenable de ce modèle économique. Seules deux éditions ont été rentables dans l'histoire, à Sarajevo en 1984 et Vancouver en 2010. Tous les autres pays organisateurs ont été perdants, accumulant des dettes sous forme d'"éléphants blancs", ces infrastructures dont on ne sait que faire après les Jeux.
Et ce n'est pas tout : les Jeux Olympiques d'hiver ont aussi un lourd bilan environnemental, avec en moyenne 100 000 tonnes de CO2 émises, sans compter les déplacements des visiteurs. Face à ce constat, Jean-Marc Liduena et son équipe proposent une solution radicale : créer 5 hubs permanents répartis dans le monde, qui se partageraient l'organisation des Jeux pendant les 100 prochaines années.
Cette piste permettrait de diviser par deux les émissions de CO2 et de rendre 100% des éditions rentables à partir du deuxième cycle, grâce notamment à la réutilisation des infrastructures existantes. Une proposition ambitieuse et durable pour l'avenir des Jeux Olympiques d'hiver.
