Dans cet épisode du podcast "Le chiffre du jour", Charles Bonnaire reçoit Flavien Reille, le président de THEIA. Il nous plonge au cœur des enjeux de l'évaluation étudiante à l'ère de l'intelligence artificielle.
Selon une étude récente menée par Ipsos, deux tiers des jeunes de 18 à 25 ans pensent que les examens ne reflètent plus leur niveau. L'invité explique ce paradoxe : les étudiants réclament en réalité un retour à des formats d'évaluation plus traditionnels, face à l'impact de l'IA sur les examens.
Derrière ce chiffre révélateur, on sent une défiance grandissante envers les modalités d'évaluation actuelles. Flavien Reille nous éclaire sur cette demande des étudiants d'être évalués davantage sur leur raisonnement que sur leur simple mémorisation. Mais comment y répondre dans un système éducatif encore largement tourné vers les épreuves classiques ?
La technologie pourrait être la clé, explique-t-il. La traçabilité des moyens utilisés par les étudiants, l'intégration de formats plus interactifs comme la vidéo ou l'audio, ou encore le développement du contrôle continu sont autant de pistes pour rendre l'évaluation plus juste et en phase avec les attentes des nouvelles générations.
Cependant, l'arrivée de l'intelligence artificielle soulève de nouvelles interrogations. Comment lutter contre la fraude au copier-coller, alors que les outils d'IA sont de plus en plus performants pour reformuler des textes ? Et surtout, les étudiants sont-ils prêts à être corrigés par un outil automatisé ? Flavien Reille nous révèle que 84% d'entre eux ne le souhaitent pas, préservant ainsi la relation essentielle avec l'enseignant.
Car c'est bien là le défi majeur : réinventer la relation pédagogique, avec l'enseignant davantage en position de coach que de simple transmetteur de connaissances. Une mutation qui nécessite également que les professeurs s'approprient eux-mêmes les usages de l'IA, un chantier encore en cours.
