Dans cet épisode du podcast "Le chiffre du jour", Stéphane Pedrazzi s'intéresse à l'essor du paiement fractionné en France. Avec 66% des Français ayant utilisé au moins une solution de ce type l'an dernier, ce mode de paiement connaît une croissance fulgurante. Pour en discuter, Guillaume Desloges, cofondateur de la société Alma, une solution de paiement fractionné présente dans une dizaine de pays européens, apporte son expertise.
Il souligne le double visage de ce phénomène. D'un côté, le paiement fractionné permet aux consommateurs d'accéder à des produits de meilleure qualité et plus onéreux, tout en étalant leurs dépenses sur plusieurs mensualités. Cela peut également encourager l'achat de produits français, gage de qualité et de durabilité. Mais d'un autre côté, les périodes de tensions économiques voient une nette augmentation du recours à ces services, signe que le paiement fractionné peut aussi devenir un outil pour faire face à des difficultés budgétaires.
La question du risque de surendettement est ainsi soulevée. Le cofondateur d'Alma insiste sur la nécessité de bien encadrer l'utilisation du paiement fractionné, en le réservant à des achats ponctuels et non récurrents. Il salue d'ailleurs les changements réglementaires à venir, qui vont considérer le paiement en trois ou quatre fois comme du crédit à la consommation, permettant ainsi une meilleure protection des consommateurs.
Contrairement à de nombreux acteurs du secteur, cette entreprise a fait le choix de ne pas appliquer de frais de retard à ses clients. Guillaume Desloges explique que cette décision, loin d'être un frein à la rentabilité, les oblige à être plus vigilants dans leur processus de scoring et d'accompagnement des consommateurs. Alma considère en effet que les défauts de paiement sont de leur responsabilité en tant que prêteur, et qu'il leur incombe de trouver des solutions adaptées avec l'emprunteur.
