Aujourd'hui dans "Le chiffre du jour", Stéphane Pedrazzi reçoit Fabio Gennari, co-fondateur d'Orasio, une entreprise spécialisée dans les solutions d'analyse d'images par intelligence artificielle pour la sécurité. Au cœur de la discussion, un chiffre révélateur : après seulement 22 minutes passées devant un écran de vidéosurveillance, un opérateur manque 95% des informations pertinentes.
Ce constat remet sérieusement en cause l'efficacité de la vidéosurveillance telle qu'elle a été pratiquée pendant des années. L'invité explique que dans les villes, les centaines, voire milliers de caméras installées ne peuvent pas être suivies en permanence par quelques opérateurs humains. La vidéosurveillance s'avère alors plus pertinente pour la résolution des enquêtes a posteriori que pour la surveillance en temps réel.
Pour pallier cette limite, Orasio a développé des solutions couplant vidéosurveillance et intelligence artificielle. Cela permet d'avoir des alertes en temps réel sur les situations les plus critiques, comme un départ de feu ou un mouvement de foule. Mais surtout, ces technologies offrent la possibilité de rechercher a posteriori des éléments spécifiques dans d'importants volumes de vidéos, comme la description d'une personne ou d'un événement.
Cependant, l'utilisation de ces outils d'intelligence artificielle est encadrée par une réglementation très stricte, notamment en France. La reconnaissance biométrique ou faciale est par exemple interdite, même pour des événements sensibles comme les Jeux Olympiques. Fabio Gennari milite pour une évolution de ces règles, afin de permettre une utilisation plus souple et adaptée aux différents secteurs, de la défense aux infrastructures critiques.
Malgré ces contraintes légales, les solutions d'Orasio sont déployées dans des domaines stratégiques comme la défense, la sécurité intérieure ou les réseaux de transport. Un équilibre délicat à trouver entre efficacité opérationnelle et protection des libertés individuelles.
