Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson pour évoquer la baisse de la natalité en France et ses implications économiques.
La professeure d'économie commence par expliquer que la démographie n'est pas seulement une affaire privée, mais aussi un enjeu macroéconomique essentiel. Avec moins d'enfants aujourd'hui, c'est moins d'actifs demain, ce qui se traduit par une baisse de la production, des cotisations et des financements pour les retraites, la santé et la dette publique. La France, longtemps exception européenne avec un taux de natalité dynamique, voit désormais ce phénomène s'effriter.
Quels sont les principaux freins à la natalité ? Elle identifie plusieurs facteurs, notamment sociologiques : les études plus longues, l'entrée tardive dans l'emploi stable, les aspirations professionnelles des femmes, l'incertitude économique, l'éco-anxiété et la difficulté de former des couples. Mais un facteur concret se dégage également : le manque de mètres carrés disponibles pour accueillir de nouvelles familles.
C'est dans ce contexte que le groupe parlementaire LIOT a proposé un prêt à taux zéro pour aider les familles à acheter ou agrandir leur logement dès le test de grossesse positif et jusqu'aux 5 ans de l'enfant. Nathalie Janson analyse cette mesure avec un regard d'économiste. Si elle reconnaît que cette proposition a le mérite de prendre en compte la problématique du logement, elle souligne également ses limites.
En effet, cette mesure agit sur la demande, mais ne crée pas de nouveaux logements. Dans un marché immobilier tendu, où l'offre est rigide, cela risque de faire monter les prix, au détriment des familles que l'on voulait aider. Selon elle, la vraie solution passe par une politique volontariste de construction et de libération de l'offre de logements, avant même de faciliter le financement.
