Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson explore le concept fascinant du « verdissement » de la politique monétaire.
Alors que la Banque de France vient d'accueillir un nouveau gouverneur, Emmanuel Moulin, ce dernier s'est engagé à poursuivre l'intégration des enjeux climatiques et de la finance durable dans la conduite de la politique monétaire. Mais concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?
Elle explique que la Banque centrale européenne ne finance pas directement des projets verts, mais qu'elle peut modifier la façon dont elle achète des obligations ou accepte des titres en garantie, en favorisant les entreprises les plus vertueuses sur le plan environnemental. Ainsi, un actif « brun », c'est-à-dire exposé à des risques climatiques élevés, pourrait être valorisé avec une décote plus importante auprès de la Banque centrale.
Cette stratégie de verdissement contraste avec l'approche plus prudente de la Réserve fédérale américaine, qui refuse de devenir un « climate policymaker » et préfère se concentrer sur la surveillance des risques climatiques pour le système bancaire, sans utiliser la politique monétaire pour orienter l'économie.
La Banque de France, quant à elle, est présentée comme un acteur pionnier dans ce domaine. Elle a notamment contribué à la création du Network for Greening the Financial System, un réseau rassemblant plus de 160 institutions financières engagées dans la transition écologique. De plus, elle développe un indicateur climat dans la cotation des entreprises, afin d'évaluer leur exposition aux risques climatiques et la qualité de leur trajectoire de transition.
Cependant, cette stratégie de verdissement de la politique monétaire soulève des questions légitimes. Certains craignent en effet un glissement du mandat de la Banque centrale, qui pourrait être tentée d'arbitrer entre secteurs verts et bruns, s'écartant ainsi de son objectif principal de stabilité des prix.
