Aujourd'hui, dans "Les coulisses de la politique", Olivier Beaumont analyse le retour en force d'une proposition ancienne : la TVA sociale. À quelques mois de l'élection présidentielle, plusieurs figures de poids relancent ce débat : Dominique Schelcher, PDG de Système U, Patrick Martin du Medef, et Bruno Le Maire remettent au goût du jour cette idée d'augmenter la TVA pour réduire les charges sur le travail.
De quoi s'agit-il concrètement ? L'idée consiste à augmenter de deux points le taux de TVA, sauf pour les produits de première nécessité, afin de financer la protection sociale différemment. En clair : taxer davantage la consommation pour taxer moins la production.
Mais pourquoi cette proposition ressurgit-elle maintenant ? Parce que les comptes sociaux sont dans le rouge et que la campagne présidentielle approche. C'est l'occasion de poser une question fondamentale : qui doit financer notre modèle social ? Le travail, la consommation, le capital, ou un mélange des trois ?
Cependant, cette idée ne fait pas l'unanimité. À droite, Bruno Retailleau y voit un moyen de rendre le travail plus compétitif. Mais à gauche et au Rassemblement national, on dénonce une hausse d'impôts déguisée qui pénaliserait surtout les consommateurs les plus modestes.
Du côté du gouvernement, Bercy reste prudent et préfère voir ce débat tranché dans le cadre de la présidentielle plutôt que dans le prochain budget.
Histoire de rappeler que les propositions fiscales peuvent coûter cher politiquement : en 2007, Nicolas Sarkozy s'était aventuré sur ce terrain juste après son élection. Le résultat ? Une cinquantaine de députés perdus aux législatives qui ont suivi.
