Aujourd'hui, dans "Les voix de l'économie", Stéphane Pedrazzi reçoit Annelore Coury, DG de l’APEC (Association pour l'Emploi des Cadres), pour analyser les derniers chiffres du baromètre trimestriel sur les intentions de recrutement des entreprises.
Alors que le début d'année 2026 avait été marqué par une forte dynamique de l'emploi cadre, le tableau s'assombrit au troisième trimestre. Annelore Coury explique que 42% seulement des grandes entreprises et ETI envisagent de recruter au moins un cadre, soit une baisse de 9 points par rapport au début de l'année. Cette dégradation s'explique par la baisse de confiance des entreprises dans l'évolution positive de leur carnet de commandes et leur capacité à anticiper l'avenir.
Cependant, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. L'industrie, notamment l'aéronautique et la construction navale, résiste mieux que la moyenne, avec 11% des entreprises prévoyant de recruter des cadres. A l'inverse, les services à forte valeur ajoutée comme l'informatique, l'ingénierie ou le conseil sont plus impactés.
Cette baisse des intentions d'embauche s'accompagne d'une baisse prévue des investissements des entreprises de 0,2% au troisième trimestre. La DG de l'APEC souligne le lien étroit entre investissement et création d'emplois cadres, ce qui laisse présager des difficultés à venir sur le marché de l'emploi.
Au-delà des chiffres, l'échange met en lumière la fébrilité grandissante des cadres face à la situation économique. 28% d'entre eux craignent de perdre leur emploi, un niveau historiquement élevé. De plus, 58% estiment qu'il serait difficile de retrouver un poste équivalent en cas de licenciement. Malgré cette inquiétude, 38% des cadres envisagent de changer d'entreprise dans les 12 prochains mois, soulignant la mobilité de cette population.
Enfin, Annelore Coury revient sur les difficultés d'insertion des jeunes diplômés, qui peinent de plus en plus à trouver un premier emploi, dans un contexte de ralentissement de l'activité dans certains secteurs clés. Elle écarte cependant l'impact de l'intelligence artificielle, jugeant que la conjoncture économique est le principal facteur explicatif.
