Un épisode un peu "différent" de d'habitude ^^
Pour la première fois en sept ans de podcast, j’ai pris le temps de couper vraiment et je voulais partager avec vous en cette rentrée les explications de ce qui s’est passé en coulisses depuis ces deux dernières années.
C'est un petit renouveau qui est à l'oeuvre et qui va devenir une part importante de mon écosystème.
Comme certains le savent, depuis plusieurs années, j’accompagne des entreprises sur les stratégies matériaux et la rédaction de cahiers des charges. Dans le cadre de ces missions, j’ai énormément buté sur un mur invisible : le manque de mots.
Comment expliquer en 5 minutes pourquoi un matériau est sain et un autre ne l’est pas ?
Pourquoi un bioplastique issu du maïs peut être une fausse bonne idée si la qualité sanitaire est importante pour le projet et que des usagers seront proches de cette matière ?
Pourquoi une résine biosourcée n’est pas forcément un nutriment pour le vivant ?
Comment appeler un matériau qui dure dans le temps sans disperser la pollution autrement que par le même mot qu’un matériau qui n’aura pas cette garantie ?
Les mots précis m’ont énormément manqué, à la fois pour qualifier des présences et pour valoriser des absences.
Une matière qui peut être remise dans l’environnement sans souci a des choses à valoriser qu’une matière qui pollue n’a pas.
Biodégradable, compostable, durable, écoresponsable, soutenable… ces mots ont été usés et sont désormais trop abîmés pour dire le réel de la matière.
Alors j’ai cherché chez les philosophes, les penseurs et j’ai trouvé un fil chez Glenn Albrecht, ce philosophe australien.
C’est à lui qu’on doit un tas de mots nouveaux, dont la solastalgie ou le symbioscène (l’ère de la coopération avec la Terre), dont vous avez sûrement entendu parler.
Il explique pourquoi, aujourd’hui, nommer est une urgence anthropologique : tout ce qui n’a pas de nom n’existe ni socialement ni collectivement.
Pour tous ces mots précis qui nous manquent pour sortir de la confusion, le philosophe parle de vide sémantique.
Ça a été d'un immense réconfort de rencontrer ces mots posés sur ce qui me manquait terriblement.
Dans cet épisode, je vous dévoile l’un des mots de cette nouvelle grammaire que je me suis autorisée à développer (pour ne pas devenir dingue !!)
Sur ces sujets bien précis que je développe ici, nous sommes tous dans le même bateau, puisque la pollution chimique rémanente, au-delà d’être désormais un sujet de santé publique mondial, est l’angle mort d’un tas d’outils professionnels.
Je vous parle aussi de la suite : des interventions auprès d’entreprises avant-gardistes sur ces sujets, un livre manifeste et un Tour de France des écoles.
Belle écoute et à très vite sur les ondes et sur instagram !
Hélène 😘
Lien étude Cnrs Yakovenko https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0328011
