Paroles d'histoire

Paroles d'histoire

Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

L’invité: Pierre-Olivier Dittmar, MCF à l’EHESSLe livre: L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale, Paris, Gallimard, «Bibliothèque illustrée des histoires», 2026.La discussion:· Un souvenir d’enfance à l’origine du livre? (01:00)· «L’animal n’existait pas au Moyen âge» (7:15)· Supériorité et proximité avec les animaux dans le christianisme médiéval (16:45)· Une opposition clef: pecus et bestia (20:45)· Les interdits alimentaires non écrits de l’occident médiéval (25:30)· Ce qui change au tournant du XIVe siècle (28:30)· La profusion des hybrides dans les marges des manuscrits (32:45)· Quelle affectivité entre médiévaux et animaux? (44:20)Conseil de lecture et références bibliographiques:· Conseil: Dino Buzzatti, Bestiaire d’ici et d’ailleurs· Gil Bartholeyns, et al. Image et transgression au Moyen Âge, Paris, Presses Universitaires de France. « Lignes d'art », 2008.· Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005.· Claudine Fabre-Vassas, La bête singulière. Les juifs, les chrétiens et le cochon, Paris, Gallimard, 1994.· Misgav Har-Peled, Manger ou ne pas manger du porc dans le judaïsme et le christianisme, Presses universitaires de Grenoble, 2025.· Jacques Le Goff, «Pour un long Moyen Âge», in L'imaginaire médiéval, Paris, 1985, pp. 7-13· Edmund Leach, «Anthropological Aspects of language: animal categories and verbal abuse», in New Directions in the Study of Language, 1964.· Vanessa Manceron, Les veilleurs du vivant. Avec les naturalistes amateurs, Paris, La découverte, 2022.· Val Plumwood, Feminism and the mastery of nature, 1993.Image d’illustration: Bréviaire de Renaud de Bar, BM Verdun 107, fol. 02.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invitée: Anne-Sophie Anglaret, historienne de la CollaborationLe film: Des rayons et des ombres, Xavier Giannoli, 2026La discussion:· Propos liminaire: les malentendus sur les rapports entre cinéma et histoire (1:30)· Luchaire, la gauche, l’extrême-droite (6:20).· Corinne Luchaire, narratrice problématique (9:00)· Intentions du film et réussites partielles (13:00)· Dépolitisation et déformations du parcours de Luchaire avant-guerre (18:00)· Otto Abetz faussement présenté comme un nazi malgré lui (23:00)· La mise en scène mensongère d’un Luchaire préoccupé par le sort des juifs (26:45)· Des omissions problématiques: le rôle de Luchaire à Sigmaringen, sa fréquentation de la Gestapo· Luchaire présenté comme favorable à la Résistance ou jouant un double jeu! (34:20)· Un passage confusionniste sur De Gaulle et Pétain, because why not (39:00)· Les rapprochements entre Corinne Luchaire et Lacombe Lucien (40:40)· Les circonstances inventées de l’arrestation des Luchaire, prétexte à une mise en scène dégradante des FFI prêts à violer Corinne (43:00)· Un dernier cliché pour la route: «l’histoire écrite par les vainqueurs» (49:00)· Que voir d’autre? Section spéciale de Costa-Gavras (1975); Le dernier métro de Truffaut (1980) (50:00)Les textes parus sur le film:· Plaidoyer du trio de conseillers historiques (Barbara Lambauer, Cédric Méletta, Yves Pourcher)· Tribune critique de Bénédicte Vergez-Chaignon· Entretien avec Tristan RouquetUn podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
Le numéro de revue: Brasero, revue de contre-histoire, n°5, 2025, éditions L’échappéeL’invité et l’invitée:· Patrick Marcolini, philosophe et maître de conférences en esthétique à l'université Paul-Valéry-Montpellier 3· Anne Steiner, sociologueLa discussion:· Une revue de «contre-histoire» au croisement de plusieurs influences dont celle du situationnisme (1:00)· Ce qu’on trouve dans la revue, qui «se regarde autant qu’elle se lit» (9:30)· Un espace pour les sujets de marge, de niche, singuliers, «braséresques» (20:45)· Comment fabriquer de façon efficace une revue de sensibilité libertaire? (28:15)· Porter une parole de gauche anti-autoritaire dans le débat public (35:45)Les conseils de lecture: Vie et Destin de Vassili Grossmann, René GuénonNote importante : à la fin de l’émission est mentionné positivement l’anarchiste André Prudhommeaux. Un auditeur nous signale que cet auteur était aussi un antisémite convaincu, défenseur de Paul Rassinier dans les années 1950, comme le montre notamment le livre de Bruno David, Intellectuels ouvriéristes. Les communistes des conseils en France 1927-1934, Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence, 2025. Ni Paroles d'histoire, ni Brasero ne disposaient de cette information au moment de l'enregistrement et de la diffusion, mais il est important qu'elle soit signalée, ce sera aussi le cas dans la revue.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
Les invité-e-s: Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, du département d’histoire de la Bibliothèque Nationale de France, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l’exposition TolkienL’événement: exposition « Tolkien, voyage en terre du Milieu », du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque Nationale de France.La discussion :Les origines de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du milieu », en lien avec la Bodleian library d’Oxford, et le « Tolkien estate » (1:15)Les choix d’objets mis en regard des œuvres de Tolkien (5:50)Un parti-pris de l’exposition : ne rien montrer de postérieur à 1972, pour replonger les visiteurs dans l’imaginaire propre à l’auteur (7:20)Le genre de la « fantasy », déjà en partie constitué quand Tolkien commence à écrire (8:20)Les anneaux de Tolkien ne sont pas le Ring de Wagner ! (10:15)L’enfance de Tolkien près de Birmingham, et la sensibilité à la nature, aux paysages, qui en découle (12:40)Le rapport complexe de Tolkien à Shakespeare, et à l’antiquité gréco-latine (15:10)L’invention linguistique comme source fondamentale de son inspiration (17:00)L’entrée en guerre de 1914, moment ambigu pour qui travaille sur les langues et l’aire germanique (19:10)La marque de la Grande Guerre sur l’œuvre de Tolkien, travaillée par la mort (21:00)Tolkien dans l’entre-deux-guerres, savant et écrivain pour ses enfants (24:20)Son talent graphique et la variété de sa palette (26:00)Le succès du Hobbit (1937) et le début d’une véritable carrière d’écrivain (28:30)Le travail propre de Tolkien sur la langue anglaise, et sa musicalité (30:00)La cosmogonie de la Terre du Milieu (31:45)La réception du Seigneur des anneaux, et son ampleur sur les campus américains dans les années 1960 en particulier (32:45)Les paradoxes d’une lecture pacifiste de Tolkien, alors qu’un personnage comme Faramir souligne la légitimité de la guerre (34:25)Le Moyen âge de Tolkien, antérieur à la conquête normande, et loin de la matière arthurienne (37:00)La juxtaposition de périodes et de régions dans le monde imaginaire de Tolkien : Minas Tirith, allusion à Byzance (41:20)Le thème de la quête, fonctionnant de manière inversée dans le Hobbit et le Seigneur des anneaux (42:40)Un Tolkien « médiéviste » qui va jusqu’à inventer une tradition manuscrite de son propre texte ! (44:10)Les sources d’inspiration de Tolkien pour les créatures fantastiques dont il peuple son œuvre (45:15)Un Tolkien qui ne sépare pas les créatures en « races » (48:00)L’apparence des manuscrits de Tolkien, qui évoquent à leur façon le Moyen âge (50:10)Quels objets, quelles œuvres ont le plus marqué les commissaires de l’exposition ? (51:50)Pour aller plus loin :Tolkien, voyage en Terre du Milieu, catalogue de l’exposition de la BNF, 2018.John Garth, Tolkien et la Grande Guerre, Paris, Christian Bourgois, 2014.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L'invité: Olivier Jandot, agrégé et docteur en histoire moderneLe livre: Les délices du feu. L’homme, le chaud et le froid à l’époque moderne, Champ Vallon, 2018.La discussion: l’effort de contextualisation et d’imagination à produire pour comprendre les notations du passé concernant le froid et l’hiver; le «grand hiver» de 1709 et les raisons de sa notoriété; la nécessité de croiser les sources (médicales, du for privé) pour comprendre ce rapport au froid, et l’utilisation des sources iconographiques, en lien avec les travaux des médiévistes; la vulnérabilité face au froid des sociétés anciennes, illustrée par la régularité des morts de froid; l’absence d’isolation thermique de l’habitat ancien, compensée par des «espaces gigognes»; la fracture géographique et culturelle entre cheminées et poêles; la nécessité d’économiser le bois, et de se chauffer avec des combustibles de substitution; un enjeu social qui s’aggrave avec une crise forestière perçue au XVIIIe siècle; les instruments de chauffage portatifs; la persistance de ce rapport au froid tard au XXe siècle, illustrée par la chanson «Bonhomme» de Georges Brassens (1958, extrait sonore) avec le bois mort, «chauffage du pauvre»; un rapport à la chaleur socialement différencié mais qui touche aussi les puissants; a chaleur humaine et animale comme solution face au froid; l’évolution majeure décelable au XVIIIe siècle à partir notamment de la Mécanique du feu de Nicolas Gauger (1713); la circulation des savoirs (Benjamin Franklin) avec une prise en compte scientifique de la chaleur; un discours critique sur la demande sociale de chaleur, lisible chez Rousseau par exemple.Musique de générique: Henry Purcell (livret de John Dryden), King Arthur, 1691, interprété par le Deller Consort (Nigel Beavan, basse), acte III, «Air du froid»COLD GENIUSWhat power art thou, who from belowHast made me rise unwillingly and slowFrom beds of everlasting snow?See’st thou not how stiff and wondrous old,Far unfit to bear the bitter cold,I can scarcely move or draw my breath?Let me, let me freeze again to death.Les conseils de lecture:– André Bucher. Déneiger le ciel. Sabine Wespieser, 2007.– Françoise Waquet, Histoire émotionnelle des savoirs, CNRS, 2019.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
rediffusion de l'épisode 114 du podcast (24 avril 2020)L’invité: Antoine Resche, docteur en histoire, spécialiste de la navigation transatlantique, animateur de la chaîne Youtube HistonyLe film: Titanic (James Cameron, 1997)La discussion:L’influence du film sur un parcours de chercheur (1:30)Le succès considérable du film et sa place dans la culture populaire de l’époque (3:20)Quelles interactions entre le film et les progrès de la recherche, sur un objet longtemps à l’écart de la recherche universitaire ? (5:00)Le projet de James Cameron, né d’un rapport intense à la plongée sous-marine, mais aussi des peintures de Ken Marshall (6:45)La fidélité matérielle aux décors et objets d’époque (9:00)Mais une fidélité approximative aux rôles des individus comme l’illustre le cas de Bruce Ismay, illustrant la reprise par Cameron des récits les plus courants (11:30)Les explications du naufrage données par James Cameron, justes sur le plan technique (14:40)Les causes humaines de la catastrophe et les erreurs commises, à comprendre dans leur contexte (18:10)Un navire “insubmersible”, idée d’époque ou amplifiée par la suite? (21:40)Un contexte qui permet de comprendre autrement la question des canots de sauvetage (24:15)Un naufrage exceptionnel mais qui est plus intelligible lorsqu’on le réinscrit dans des séries d’événements comparables, comme l’affaire du Costa Concordia en 2012 (27:00)Les normes qui président à l’évacuation: “les femmes et les enfants d’abord”, doctrine pas toujours appliquée en réalité (30:00)La façon dont le film met en scène l’opposition des classes sociales (35:00)Le bilan humain du naufrage et ses explications (41:00)Un film qui met en scène de façon intéressante les rapports entre histoire et mémoire (45:00)Pour aller plus loin:Gérard Piouffre, Le Titanic ne répond plus, Paris, Larousse, 2009.Lawrence Beesley, The Loss of SS Titanic, 1912Un article sur la mortalité lors des naufrages qui relativise la notion des “femmes et les enfants d’abord”“Titanic et la lutte des classes”, article de Thomas Frank (abonnés)Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
Épisode 414 - 18/12/2025
Qu’est-ce qu’on (s’)offre et que met-on sous le sapin cette année?Les conseils de Luc Daireaux en histoire antique· Violaine Sébillotte Cuchet (dir.), Histoire de l’Europe, t. 1, Naissance de l’Europe?, Paris, Passés composés, 2024.· Violaine Sébillotte Cuchet, Les femmes d’Athènes, Paris, PUF, 2025.· Michel Reddé, La Gaule devant César. Ce que révèle l’archéologie, Paris, Les Belles lettres, 2025.Les conseils de Marie Dejoux en histoire médiévale:· Élisabeth Lusset et Isabelle Heullant-Donat, Une vie en boîte. Cellules de religieuses et maquettes de couvent (xviiie-xxie siècle), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2025· Entretien sur le projet Enfermements et sur Le nom de la Rose· Serena Galasso, Le droit de compter. Publications de l’École française de Rome, 2024.· Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber· Paul Bertrand, Forger le faux. Les usages de l’écrit au Moyen Âge, Paris, Seuil, 2025.· Entretien avec Nicolas Sarzeaud· Didier Lett, Enfants au Moyen âge, Paris, Tallandier, 2025.· Patrick Geary, Comment la génétique réécrit l’histoire du Moyen Age, Paris, Éditions du CNRS, 2025.· Bart Van Loo, Le Tour de la Grande Bourgogne. Sur les traces des Téméraires, Paris, Flammarion, 2025.· Amicie Pélissié du Rausas, Guerres, trêves et paix. La diplomatie franco-anglaise au siècle de Saint Louis, Rennes, PUR, 2025.· Entretien sur la mort de Charles le TéméraireLes conseils de Luc Daireaux en histoire moderne· Jérémie Koering, Enquête sur Les Ménines. Velázquez et le regard du roi, Arles, Actes Sud, 2025.· Thomas Dodman, Les Volontaires. Roman familial de la Révolution française, Paris, Seuil, 2025.Les conseils d’André Loez en histoire contemporaine· Laurent Joly (dir.), Vichy. Histoire d’une dictature, Paris, Tallandier, 2025.· Max Bonhomme et Aline Théret (dir.), Couper, coller, imprimer. Le photomontage politique au XXe siècle, Paris, Anamosa, 2025.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invité: Jacques Dalarun, directeur de recherches au CNRSJacques Dalarun (photo (c) Ecole des Chartes)Le thème: l’activité de traduction en histoire (écouter le premier volet de l’entretien avec Jacques Dalarun, sur le livre de William Chester Jordan)La discussion:Le manque de traductions, et l’enfermement dans des écoles historiques nationales qui en résulte (1’)Le manque de reconnaissance, pour la carrière, du travail sur les sources et des traductions, à l’inverse (3’45)Une expérience de traducteur qui vient du travail depuis le latin, sur les sources franciscaines (5’)Qu’est-ce qu’un bon traducteur? (7’)Des traductions – collaborations avec les collègues ayant écrit les ouvrages (8’30) et les liens forts qui se créent à l’occasion (11’30)La technicité de l’opération de traduction, s’agissant des citations de sources dans les livres d’histoire (13’)La méthode de travail et de lecture, «à blanc» (15’) et l’écueil de l’ennui pour un travail chronophage (16’)Les langues et surtout les auteurs plus difficiles à traduire que d’autres (19’45)Le caractère littéraire de la traduction (22’)La traduction comme nécessité et vertu pour les historiens (25’)Ouvrages traduits par Jacques Dalarun et cités durant l’émission:François d’Assise au miroir de la liturgie, textes édités et présentés par Marco Bartoli, Jacques Dalarun, Timothy J. Johnson, Paris, Les Éditions franciscaines, 2015.Saul Friedländer, Où mène le souvenir : ma vie, Paris, Éditions du Seuil, 2016.Roberto Bizzocchi, Les sigisbées : comment l’Italie inventa le mariage à trois, XVIIIe siècle, Pris, Alma, 2016.Peter Heather, Rome et les barbares : histoire nouvelle de la chute d’un empire, Paris, Alma, 2016.Sanjay Subrahmanyam, Leçons indiennes. Itinéraires d’un historien : Delhi-Lisbonne-Paris-Los Angeles, Paris, Alma, 2015.Francesco Berti, Voyage avec l’ami. Mort et vie de Giuliano Benassi, Paris, Gallimard, 2013.Robert Lerner, Ernst Kantorowicz, une vie d’historien, Paris, Gallimard, 2019.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invitée: Agnès Graceffa, historienne médiéviste (musée de la Résistance de Bruxelles)Le livre: Une femme face à l’histoire. Raïssa Bloch, Saint-Pétersbourg-Auschwitz (1898-1943), Paris, Belin, 2016.La discussion: les origines du travail et la collecte des archives privées concernant Raïssa Bloch (1’15); le parcours de Raïssa Bloch qui débute dans une famille de la bourgeoisie juive de Saint-Pétersbourg (4’30); la possibilité des études universitaires pour les femmes en Russie à l’époque (6’50); le foisonnement artistique des débuts de l’URSS auquel participe Raïssa Bloch (8’06); du fait notamment de ses capacités linguistiques (10’20); la confrontation avec l’arbitraire du pouvoir soviétique et son arrestation (11’25); un premier exil en Allemagne, où vit une énorme communauté russe émigrée (14’20); les relations de Raïssa Bloch avec Vladimir Nabokov / Sirine (16’25); son insertion dans la médiévistique allemande, via les Monumenta Germaniae Historica et la réalisation de sa thèse sur Léon IX (21’); un statut d’ «intellectuelle précaire», reléguée à des tâches d’érudition fastidieuse (23’15); l’aide en France de Ferdinand Lot et son rôle pour intégrer Raïssa Bloch, auprès des médiévistes français, à qui elle apporte sa connaissance de l’Allemagne (27’30); en Allemagne, la montée du nazisme et les difficultés qu’elle rencontre (32’45); une vie plus difficile encore en France occupée, face aux persécutions, avec l’arrestation de son mari (35’50); son passage dans la clandestinité, son action dans l’OSE auprès d’enfants, et sa propre arrestation (40’40); leur souvenir entretenu par leurs proches (43’15).Le conseil de lecture: Jean-Michel Chaumont, Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes, Paris, La Découverte, 2017.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
Le thème: faux, falsifications, faussaires autour du Moyen âgeL’invité: Nicolas Sarzeaud, post-doctorant à l’université de LouvainLa discussion:· Actualité du faux médiéval (1:00)· La création de faux au XIXe siècle (5:30)· Pastiches et exercices de style (Palémon Glorieux represent) (15:30)· L’affaire du faux de Robert d’Artois (17:15)· L’Église et le faux (23:10)· Quelles intentions derrière les faux médiévaux? (27:00)· Retour sur la donation de Constantin (30:30)· Faux objets et fausses reliques (36:15)Les références mentionnées dans l’émission:· Nicolas Sarzeaud, Les suaires du Christ en Occident. Du Moyen Âge à nos jours, préface de J.-C. Schmitt, Paris, Cerf, 2024.· Nicolas Sarzeaud, «Fighting false relics…», 2025· Paul Bertrand, Forger le faux Les usages de l'écrit au Moyen Âge, Seuil, «L'Univers historique», 2025.· Béatrice Fraenkel, La Signature. Genèse d’un signe, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1992· Langlois et Seignobos, Introduction aux études historiques· Exposition Faux et faussaires aux AN· Exposition Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux au Musée de Cluny· Thierry Lenain, Art Forgery: The History of a Modern Obsession. Londres, Reaktion Books, 2011.· Collectif, SNML. Anatomie d’une contrefaçon, Zones sensibles, 2020.· Luciano Canfora, La Fabuleuse Histoire du faux papyrus d’Artémidore, Anarcharsis, coll. "Essais", 2014.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
Mannheim, 23 mars 1819 cinq heures de l’après-midi. Dans cette ville du grand-duché de Bade, un des 38 États de l’Allemagne non encore unifiée, l’homme de lettres August von Kotzebue s’apprête à recevoir des amis pour un dîner. On introduit auprès de lui un jeune étudiant en théologie, Karl Ludwig Sand, qui lui donne immédiatement un coup de poignard dans le cœur…Pour ce quatrième volet de la série d’été «Un meurtre, une société», Antonin Dubois, maître de conférences à l’université de Lorraine, replace ce meurtre dans le contexte de la politisation patriotique et révolutionnaire des étudiants allemands d’avant 1848.Pour aller plus loin: Daniel Schönpflug, « Restauration et violence politique : l'attentat de Karl Ludwig Sand dans son contexte européen », dans Jean-Claude Caron et Jean-Philippe Luis (dir.), Rien appris, rien oublié ? Les Restaurations dans l'Europe postnapoléonienne (1814-1830), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, pp. 427-438; George S. Williamson, « "Thought Is in Itself a Dangerous Operation": The Campaign Against "Revolutionary Machinations" in Germany, 1819–1828 », German Studies Review, vol. 38, n° 2, 2015, pp. 285-306.Une série de Paroles d’histoire, podcast créé et produit par André Loez, distribué par Binge audio. Contact pub : project@binge.audioMusique de générique: Neil Young, Cortez the Killer.Titre de la série en référence au livre de Bernard Guénée sur 1407.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invitée: Ariane Mak, MCF à l’université Paris citéLe livre: En guerre et en grèves, enquêtes dans les cités minières britanniques (1939-1945), Paris, éditions de l’EHESS, 2025.La discussion:· Présentation du livre, des grèves de 1942-1944, et de leur historiographie (1:00)· Le mythe de la «People’s war» et d’une Grande-Bretagne unie durant la guerre (6:50)· Des grèves interdites en temps de guerre… en théorie (9:00)· Les enquêtes du «Mass observation», matériau d’une extrême richesse pour l’enquête (14:10)· Extraits 1 et 2: Tom Harrison, cofondateur du «Mass observation» au micro de la BBC en 1939· Le recours à l’enquête orale auprès d’anciens mineurs (25:30)· Extrait 3: Les malentendus linguistiques rencontrés par Geoff Rose, apprenti mineur· L’enjeu salarial et l’économie morale des grèves (32:00)· Extrait 4: George Brinley Evans traité de «bloody bolshie» par son patron en 1942 (2015)· Légitimer les grèves (40:50)· Les «Bevin boys», jeunes hommes découvrant le métier de mineur à la fin de la guerre (44:00)· Extrait 5: Denys Owen, un «Bevin boy», affecté à la mine en 1944; extrait 6: Harry Parkes présentant l’attitude des mineurs envers eux et la difficulté d'acquérir le "pit sense".· La guerre, occasion de saisir le quotidien des classes populaires, et la place de l’humour en particulier (51:15)· Les rapports de genre, enjeu omniprésent dans le monde de la mine (55:00)Le conseil de lecture: Melanie Tebbutt, Women's Talk?: A Social History of 'Gossip' in Working-Class Neighbourhoods, 1880-1960 (1995)Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invitée: Isabelle Matamoros, historienneLe livre: Le pouvoir des lectrices, une histoire de la lecture au XIXe siècle, Paris, CNRS éditions, 2025.La discussion:· Une activité d’historienne au service de familles et de particuliers (1:00)· Approcher les lectrices du XIXe siècle, par leurs écrits (4:32)· Combien de lectrices, quelles capacités de lectures? (11:30)· Les inquiétudes politiques ou médicales vis-à-vis des lectures féminines (15:00)· Apprendre à lire au XIXe siècle (18:40)· À l’adolescence, lectures prescrites, lectures interdites (26:00)· Lieux genrés, bibliothèques difficilement accessibles aux femmes (32:00)· Lectrices aisées, lectrices populaires (39:00)· Quelle émancipation par le livre? (43:00)Les références citées durant l’émission:· Roger Chartier (dir.), Pratiques de la lecture, Paris et Marseille, Rivages, 1985.· Martin Lyons, Le triomphe du livre. Une histoire sociologique de la lecture dans la France du XIXe siècle, Paris, Éditions Promodis, 1987.· Judith Lyon-Caen, La lecture et la vie : les usages du roman au temps de Balzac, Paris, Tallandier, 2006.· Carole Christen, À l’école du soir. L’éducation du peuple à l’époque des révolutions (1815-1870), Champ Vallon, 2023.· Isabelle Antonutti, Bâtisseuses de la lecture publique. Une histoire des premières bibliothécaires, 1900-1950, Paris, Presses de l’ENSSIB, 2024.Le conseil de lecture:· Chimamanda Ngozi Adichie, Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministeUn podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invitée: Elisabeth Lusset, chargée de recherche au CNRS F. Murray Abraham, Michael Lonsdale, Sean Connery, Umberto Eco et Jean-Jacques Annaud sur le tournage du Nom de la Rose Le film: Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud (1986)La discussion:Présentation générale et résumé du film (1:30)L’origine du projet et le rôle des médiévistes comme conseillers historiques: Jacques Le Goff, Jean-Claude Schmitt, Michel Pastoureau, Françoise Piponnier…(5:45)Le casting et le choix discuté de Sean Connery (10:40)Les décors et les inspirations pour l’abbaye, mélange de différents sites: Eberbach, Rocca di San Leo, Sagra di San Michele, Castel del Monte… (12:20)Pourquoi une statue baroque dans un film médiéval ? (14:15)La réception critique et publique du film (15:40)Un roman d’Umberto Eco presque impossible à mettre à l’écran (17:55)La réaction furieuse de Jacques le Goff à la vision du film, et l’écart ou la tension entre cinéastes et historiens (21:20)Une représentation du Moyen âge en partie juste, mais largement fantasmée (22:50)La mise en scène d’un monastère bénédictin, et de ses rapports avec les paysans montrés comme misérables et exploités (24:25)Le discours idéologique ou politique du film, et l’Église dépeinte comme instance de domination (26:00)L’origine des franciscains, et des accusations d’hérésie portées contre certains ordres ou groupes religieux: Dolciniens, Spirituels… (31:50) et la mise en scène des affrontements religieux dans le film (37:20)La représentation de la vie monastique et la crainte du scandale face aux transgressions (38:20)Enquêtes, autopsies et poisons au Moyen âge (41:00)Peut-on torturer un moine médiéval, comme le suggère Bernardo Gui dans le film ? (43:40)La question de l’abstinence des clercs (45:40)L’anglais comme équivalent du latin dans le film, et le jeu sur les origines géographiques des personnages, avec le monastère comme lieu d’accueil (46:40)Livres, scriptorium, bibliothèques (49:35)Un Moyen âge dépeint sous des couleurs sombres, issu d’un imaginaire gothique / romantique: bossu, procès d’une « sorcière »… (52:33)Guillaume de Baskerville comme incarnation du versant positif, rationnel, du monde médiéval, par opposition au fanatisme de l’inquisiteur (moins sanguinaire dans la réalité) et du bibliothécaire (54:20)Les scènes les plus intéressantes d’un point de vue pédagogique ou pour ce qu’elles révèlent de la vision contemporaine du Moyen âge (55:40)Les références et conseils de lecture :Sur le film :– Jean-Jacques Annaud, Une vie pour le cinéma, entretiens avec M.-F. Leclère, Paris, Grasset, 2018– Priska Morrissey, Historiens et Cinéastes : rencontre de deux écritures, Paris, l’Harmattan, coll. « Champs visuels », 2004.– Jacques Le Goff, Une vie pour l’histoire: entretiens avec Marc Heurgon, Paris, La Découverte, 1996.– Michel Pastoureau, « La collaboration historique au cinéma: entretien avec Michel Pastoureau », Revue de l’Association historique des élèves du lycée Henri-IV : L’émoi de l’histoire, 21, tome 1, printemps 2000, p. 6-23.En histoire médiévale, pour l’éclairer:– “Le cloître et la prison”: webdocumentaire sur l’enfermement à Clairvaux– François Amy de la Bretèque, L’Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Champion, 2004.– Franck Collard, Le Crime de poison au Moyen Âge, Paris, PUF (« Le nœud gordien »), 2003.– Faustine Harang, La torture au Moyen âge, Paris, PUF, 2018.– Claude Gauvard, Condamner à mort au Moyen âge, Paris, PUF, 2018.– Elisabeth Lusset, Crime, châtiment et grâce dans les monastères au Moyen Âge (XIIe-XVe siècle), Turnhout, Brepols, 2017.– Sophie Page, Magic in the Cloister. Pious Motives, Illicit Interests and Occult Approaches to the Medieval Universe, University Park (PA), The Pennsylvania State University Press, 2013.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
L’invité : Benoît Trépied, anthropologue au CNRS Le livre : Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie, Paris, Anacharsis, 2025. La discussion : Les origines du livre et du travail sur la Kanaky-Nouvelle-Calédonie (00:00) Sur place, l’histoire coloniale n’est pas du passé (6:50) La période coloniale à partir de 1853 : colonie carcérale et de peuplement (11:30) Les logiques raciales, spatiales, répressives de la colonisation de peuplement (« settler colonialism ») (17:00) Le droit colonial qui crée des « tribus », des « chefs » et transforme la société kanak (24:15) Répartition numérique des groupes, métissage, enjeux démographiques passés et présents (30:15) Le tournant des années 1960-1970 et le « boom du Nickel » bouleversant les équilibres sociaux et les enjeux idéologiques (44:15) Les violences des années 1980, et les accords de compromis, Matignon 1988 et Nouméa 1998, fondés sur une reconnaissance de l’histoire coloniale (49:50) Le retour en arrière dramatique de la séquence 2020-2025 : déni de l’histoire coloniale, reniement de la parole donnée (1:00:30)   Conseils de lecture : Alice Zeniter, Frapper l’épopée, 2024. Nathan Thrall, Une journée dans la vie d’Abed Salama. Anatomie d’une tragédie à Jérusalem, 2024  Télécharger la transcription de l’émission : https://transcripts.blubrry.com/parolesdhistoire/143924353-52712.srt Pour supprimer le minutage de la transcription utiliser cet outil en ligne : https://anatolt.ru/t/del-timestamp-srt.html Annexe : préambule de l’accord de Nouméa   Accord sur la Nouvelle-Calédonie signé à Nouméa le 5 mai 1998 NOR : PRMX9801273X JORF n°121 du 27 mai 1998   Préambule Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. Or, ce territoire n’était pas vide. La Grande Terre et les îles étaient habitées par des hommes et des femmes qui ont été dénommés kanak. Ils avaient développé une civilisation propre, avec ses traditions, ses langues, la coutume qui organisait le champ social et politique. Leur culture et leur imaginaire s’exprimaient dans diverses formes de création. L’identité kanak était fondée sur un lien particulier à la terre. Chaque individu, chaque clan se définissait par un rapport spécifique avec une vallée, une colline, la mer, une embouchure de rivière, et gardait la mémoire de l’accueil d’autres familles. Les noms que la tradition donnait à chaque élément du paysage, les tabous marquant certains d’entre eux, les chemins coutumiers structuraient l’espace et les échanges. La colonisation de la Nouvelle-Calédonie s’est inscrite dans un vaste mouvement historique où les pays d’Europe ont imposé leur domination au reste du monde. Des hommes et des femmes sont venus en grand nombre, aux xixe et xxe siècles, convaincus d’apporter le progrès, animés par leur foi religieuse, venus contre leur gré ou cherchant une seconde chance en Nouvelle-Calédonie. Ils se sont installés et y ont fait souche. Ils ont apporté avec eux leurs idéaux, leurs connaissances, leurs espoirs, leurs ambitions, leurs illusions et leurs contradictions. Parmi eux certains, notamment des hommes de culture, des prêtres ou des pasteurs, des médecins et des ingénieurs, des administrateurs, des militaires, des responsables politiques ont porté sur le peuple d’origine un regard différent, marqué par une plus grande compréhension ou une réelle compassion. Les nouvelles populations sur le territoire ont participé, dans des conditions souvent difficiles, en apportant des connaissances scientifiques et techniques, à la mise en valeur minière ou agricole et, avec l’aide de l’Etat, à l’aménagement de la Nouvelle-Calédonie. Leur détermination et leur inventivité ont permis une mise en valeur et jeté les bases du développement. La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole lointaine est demeurée longtemps marquée par la dépendance coloniale, un lien univoque, un refus de reconnaître les spécificités, dont les populations nouvelles ont aussi souffert dans leurs aspirations. Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière. Le choc de la colonisation a constitué un traumatisme durable pour la population d’origine. Des clans ont été privés de leur nom en même temps que de leur terre. Une importante colonisation foncière a entraîné des déplacements considérables de population, dans lesquels des clans kanak ont vu leurs moyens de subsistance réduits et leurs lieux de mémoire perdus. Cette dépossession a conduit à une perte des repères identitaires. L’organisation sociale kanak, même si elle a été reconnue dans ses principes, s’en est trouvée bouleversée. Les mouvements de population l’ont déstructurée, la méconnaissance ou des stratégies de pouvoir ont conduit trop souvent à nier les autorités légitimes et à mettre en place des autorités dépourvues de légitimité selon la coutume, ce qui a accentué le traumatisme identitaire. Simultanément, le patrimoine artistique kanak était nié ou pillé. À cette négation des éléments fondamentaux de l’identité kanak se sont ajoutées des limitations aux libertés publiques et une absence de droits politiques, alors même que les kanak avaient payé un lourd tribut à la défense de la France, notamment lors de la Première Guerre mondiale. Les kanak ont été repoussés aux marges géographiques, économiques et politiques de leur propre pays, ce qui ne pouvait, chez un peuple fier et non dépourvu de traditions guerrières, que provoquer des révoltes, lesquelles ont suscité des répressions violentes, aggravant les ressentiments et les incompréhensions. La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu’elle a privé de son identité. Des hommes et des femmes ont perdu dans cette confrontation leur vie ou leurs raisons de vivre. De grandes souffrances en sont résultées. Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté, partagée dans un destin commun. La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps. Les communautés qui vivent sur le territoire ont acquis par leur participation à l’édification de la Nouvelle-Calédonie une légitimité à y vivre et à continuer de contribuer à son développement. Elles sont indispensables à son équilibre social et au fonctionnement de son économie et de ses institutions sociales. Si l’accession des kanak aux responsabilités demeure insuffisante et doit être accrue par des mesures volontaristes, il n’en reste pas moins que la participation des autres communautés à la vie du territoire lui est essentielle. Il est aujourd’hui nécessaire de poser les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun. La taille de la Nouvelle-Calédonie et ses équilibres économiques et sociaux ne permettent pas d’ouvrir largement le marché du travail et justifient des mesures de protection de l’emploi local. Les accords de Matignon signés en juin 1988 ont manifesté la volonté des habitants de Nouvelle-Calédonie de tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble des pages de paix, de solidarité et de prospérité. Dix ans plus tard, il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté. Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun. La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie. Les signataires des accords de Matignon ont donc décidé d’arrêter ensemble une solution négociée, de nature consensuelle, pour laquelle ils appelleront ensemble les habitants de Nouvelle-Calédonie à se prononcer. Cette solution définit pour vingt années l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie et les modalités de son émancipation. Sa mise en œuvre suppose une loi constitutionnelle que le Gouvernement s’engage à préparer en vue de son adoption au Parlement. La pleine reconnaissance de l’identité kanak conduit à préciser le statut coutumier et ses liens avec le statut civil des personnes de droit commun, à prévoir la place des structures coutumières dans les institutions, notamment par l’établissement d’un Sénat coutumier, à protéger et valoriser le patrimoine culturel kanak, à mettre en place de nouveaux mécanismes juridiques et financiers pour répondre aux demandes exprimées au titre du lien à la terre, tout en favorisant sa mise en valeur, et à adopter des symboles identitaires exprimant la place essentielle de l’identité kanak du pays dans la communauté de destin acceptée. Les institutions de la Nouvelle-Calédonie traduiront la nouvelle étape vers la souveraineté : certaines des délibérations du Congrès du territoire auront valeur législative et un Exécutif élu les préparera et les mettra en œuvre. Au cours de cette période, des signes seront donnés de la reconnaissance progressive d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, celle-ci devant traduire la communauté de destin choisie et pouvant se transformer, après la fin de la période, en nationalité, s’il en était décidé ainsi. Le corps électoral pour les élections aux assemblées locales propres à la Nouvelle-Calédonie sera restreint aux personnes établies depuis une certaine durée. Afin de tenir compte de l’étroitesse du marché du travail, des dispositions seront définies pour favoriser l’accès à l’emploi local des personnes durablement établies en Nouvelle-Calédonie. Le partage des compétences entre l’État et la Nouvelle-Calédonie signifiera la souveraineté partagée. Il sera progressif. Des compétences seront transférées dès la mise en œuvre de la nouvelle organisation. D’autres le seront selon un calendrier défini, modulable par le Congrès, selon le principe d’auto-organisation. Les compétences transférées ne pourront revenir à l’État, ce qui traduira le principe d’irréversibilité de cette organisation. La Nouvelle-Calédonie bénéficiera pendant toute la durée de mise en œuvre de la nouvelle organisation de l’aide de l’État, en termes d’assistance technique et de formation et des financements nécessaires, pour l’exercice des compétences transférées et pour le développement économique et social. Les engagements seront inscrits dans des programmes pluriannuels. La Nouvelle-Calédonie prendra part au capital ou au fonctionnement des principaux outils du développement dans lesquels l’État est partie prenante. Au terme d’une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées. Leur approbation équivaudrait à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio
Séance du mercredi 4 décembre 2024 pour la 8e saison des “mercredis des révolutions”, l’Université populaire de la société d’histoire de 1848 à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, en partenariat avec Mediapart, Politis, l’APHG et Paroles d’histoire. Par cette question, qui croise l’histoire de la famille, de l’intime et des cultures politiques, le personnel au collectif, en situation révolutionnaire, il s’agit de réfléchir à la filiation révolutionnaire, à la transmission de l’héritage révolutionnaire au sein des familles en France, dans le passé, en particulier au XIXe siècle, et dans le présent, avec les enfants de celles et ceux qui voulaient faire la révolution en 1968. Quelles sont les conséquences de l’histoire collective sur les destins individuels de celles et ceux qui sont nés et ont été élevés dans des moments révolutionnaires ? Les engagements politiques sont-ils partagés par plusieurs membres d’une même famille ?  Comment des familles déchirées peuvent-elles se reconstruire pendant ou après les révolutions ? Comment dans certaines familles se constitue, s’entretient, et se transmet une mémoire politique familiale révolutionnaire, assumée et renforcée génération après génération ? Peut-on parler d’un « droit d’inventaire » des enfants de Mai 68 ? Comment l’engagement politique et révolutionnaire des parents a-t-il influé leur vie et a été central dans leur construction ?   Un débat animé par Carole Christen, historienne, professeure à l’université Le Havre Normandie, avec Delphine Diaz, historienne, maîtresse de conférences à l’université de Reims Champagne-Ardenne. Spécialiste de l’histoire des révolutions et des migrations au XIXe siècle, elle a notamment publié Un asile pour tous les peuples ? Exilés et réfugiés étrangers dans la France du premier XIXe siècle (Armand Colin, 2014, prix Augustin Thierry de la Ville de Paris 2015) ; En exil. Les réfugiés en Europe, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours (Gallimard, 2021). Virginie Linhart, docteure en science politique, elle est réalisatrice de documentaires politiques, historiques et sociologiques. Elle a également publié plusieurs ouvrages dont Volontaires pour l’usine. Vies d’établis (1967-1977) (Le Seuil, 1994 ; rééd. 2010) ; Le jour où mon père s’est tu (Le Seuil, 2008, prix de l’essai L’Express 2008) ; La vie après (Le Seuil, 2012) ; L’Effet maternel (Flammarion, 2020) ; Une sale affaire (Flammarion, 2024). Télécharger la transcription de l’épisode : https://transcripts.blubrry.com/parolesdhistoire/141926045-49781.srt Pour supprimer le minutage de la transcription utiliser cet outil en ligne : https://anatolt.ru/t/del-timestamp-srt.htmlUn podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audio