Vlan!

Gregory Pouy

Vlan, c'est un podcast pour mieux comprendre notre société à travers le lien. Le lien à soi, aux autres et à la nature. Vlan, c'est une discussion entre Grégory Pouy et une personne éclairée et passionnée - Chercheur, anthropologue, journaliste. Tous les mardis, recevez un nouvel épisode court pour comprendre les grands mouvements du moment

Saison 4 - Épisode 157 - 19/01/2021
J'aurais peut être du commencer l'année avec cet épisode! Je reçois Daniel Kaplan qui est le cofondateur de l'université de la pluralité. Anciennement figure emblématique du numérique en France, depuis plusieurs années il consacre son énergie à connecter les individus et les organisations pour développer des imaginaires désirables pour le futur. Qu'ils soient artistes, auteur.e.s, designer, utopiste, chercheur.seuses ou autre. Avec Daniel nous parlons de cette année 2020 qui a été difficile pour de très nombreux d'entres nous et une année 2021 qui commence sur les chapeaux de roue mais dans une atmosphère plutôt maussade avec comme seule ligne de mire l'effondrement de notre système voire de la vie. Dès lors, comment résister? Comment envisager un futur positif et désirable. Comment sourire à 2021? Ce sont des questions essentielles je crois car nous avons tous besoin de nous remonter le moral chacun et chacune. C'est exactement le but de cet épisode qui, sans être nécessairement déconnecté de la réalité, nous permet de nous poser des questions centrales, de remettre en question l'ordre établi voire de questionner l'inquestionnable. J'ai toujours beaucoup d'intérêt pour cette manière de réfléchir car ce sont, in fine, les questions les plus importantes, les plus essentielles je crois. Cet épisode fait beaucoup d'écho avec lui que j'avais enregistré il y a 2 ans avec le sociologue Michael Dandrieux disponible ici: pourquoi vivons nous dans une société en défaillance? Je vous invite donc à écouter cet épisode avec le coeur et l'esprit ouvert. Il devrait vous faire du bien et générer des conversations passionnantes avec vos proches. Après tout avec ce couvre feu à 18h que peut on faire d'autres que discuter?
Hugo Micheron est un enseignant-chercheur français en sciences politiques, sociologie et géopolitique spécialiste de la radicalisation islamique et des relations entre la France et le Moyen-Orient. Auteur du Jihadisme Français. A l'heure des procès de Charlie Hebdo, il m'a semblé essentiel de nous poser un moment pour comprendre les problématiques autour de la radicalisation d'un toute petite minorité des musulmans. Nous avons tou.te.s été très profondément choqué par les attentats qui nous ont touché en plein coeur et cela mérité éclaircissement - pourtant personne ne prend vraiment le temps pour comprendre et chacun y va de sa petite phrase. En 2008, les musulmans représentaient environ 9% de la population française (non pratiquant inclus) et si nous souhaitons vivre ensemble, il est central de parler de ces sujets. Nous avons tout.e.s plus ou moins en tête ce discours de Nasser répondant sur le port du voile en Egypte il y a presque 70 ans. Il faut donc comprendre ce qui s'est passé entre ces 2 périodes pour que nous en arrivions aux atrocités dont la France et d'autres pays ont été victimes. Surtout il faut casser les idées reçues comme l'association classique: banlieue - violence - jihadisme. Comme souvent, les prises de parole sur ce sujet sont totalement binaires, chacun y va de son avis sans vraiment comprendre la problématique et surtout les bien pensants considèrent trop souvent qu'il serait raciste d'évoquer cette radicalisation (aussi minime soit elle) et laisse donc l'extrême droite s'emparer du sujet avec les conséquences que l'on connait. Pourtant, c'est un sujet central qu'il faut explorer dans le détail pour le comprendre et c'est la raison pour laquelle cet épisode dure 50 minutes. Hugo est le seul français a être allé interviewer plus de 50 jihadistes en prison pour comprendre leur mode de fonctionnement. Son ouvrage, très accessible, fait totalement référence aujourd'hui pour l'ensemble de la classe politique. Et pour cause, c'est le seul depuis longtemps qui a abordé le sujet de manière neutre et posé. On y parle aussi de la position des femmes souvent considérées comme victimes alors qu'elles sont parfaitement actives ce qui nous emmène sur le port du voile, une question très discuté en France. Nous faisons évidemment référenceau salafisme et à ce que signifie "être un bon musulman" aujourd'hui....
Luc Julia est le co fondateur de Siri (saviez vous que c'était un français?), CTO et SVP innovation du groupe Samsung aujourd'hui. Autant dire qu'il a un profil exceptionnel et que je suis ravi de le recevoir sur Vlan malgré (je préviens) la qualité sonore qui n'est pas au top top.... Avec lui nous parlons du rôle de la technologie et de l'intelligence artificielle dans nos vies mais aussi ldu réchauffement climatique auquel nous devons faire face. Il est beaucoup propos des mythes et réalités autour de la technologie et de l'intelligence artificielle en particulier. Les propos de Luc vont sans doute vous surprendre car il est très loin d'un discours ancré dans la technologie comme solution à tous nos problèmes. Nous parlons beaucoup des limites de la technologie, des méthodes pour la réguler et de formation surtout.Nous parlons ensemble des abbérations de la technologie aujourd'hui mais aussi des manière intelligentes de l'utiliser car évidemment rien n'est tout blanc ou tout noir. Ainsi, vous verrez que les technologies ne seront pas une solution magique à la crise climatique évidemment mais elles pourront y participer si les humains décident de l'utiliser à bon escient. Vous entendrez pourquoi il est indispensable de réguler mais encore plus d'éduquer car c'est le principe démocratique qui nous permettra d'utiliser au mieux les technologies et d'éviter les écueils que nous connaissons aujourd'hui. Bref, une conversation passionnante avec l'un des français qui maitrise le mieux la technologie aujourd'hui.
Michel Maffesoli est un sociologue passionnant que j'ai déjà invité 2 fois sur mon podcast. Plus je le découvre plus j'adhère à ses thèses et comme beaucoup de chercheurs à la fin de leur carrière, il a décidé d'écrire à ce qui compte le plus finalement: le sacré, le magique, le spirituel, bref l'invisible. Il est connu (et décrié) pour s'être intéressé très tôt à ce sujet mais il nous explique comment nous passons d'une période moderne dans laquelle notre fil directeur et le fondement même du capitalisme était la rationalisation généralisée de l'existence. Ce qui aboutit au désenchantement voire une démagification du monde. Alors qu'on était dans une culture de séparation du corps et de l'esprit nous revenons aujourd'hui à une conception plus holistique (globalisante) du monde. Le corps dans son intégralité. Avec Michel nous abordons l'écosophie, l'écologie, la religion, le capitalisme, la politique, l'individualisme et comment nous sommes en réalité dans une crise civilisationnelle qui va voir advenir un nouveau paradigme plus proche de l'époque de la renaissance que de celle du modernisme dont le triptyque : individualisme, capitalisme, progressisme semble totalement dépassé et anachronique. Je suis vraiment ravi pour cette reprise de vous offrir cet épisode plein de sagesse, de bienveillance, du culture mais toujours sans se prendre trop au sérieux. Je crois, j'espère du moins que vous y trouverez beaucoup de ressources pour envisager le fameux (désormais) "monde de demain" auquel nous devons nous préparer car il advient bon gré mal gré. Excellente rentrée à toutes et tous!
Catherine Gueguen est pédiatre, référence dans le monde de l'éducation, auteur de multiples ouvrages lié à l'éducation et l'intelligence émotionnelle. C'est un épisode positif et rayonnant que je vous propose et plutôt à propos si vous avez des enfants ou si vous avez des ami.e.s qui ont des enfants puisque c'est la rentrée :) L'éducation est pour moi la première brique par lequel on transforme une société et c'est la raison pour laquelle je voulais recevoir Catherine. On parle beaucoup en ce moment d'intelligence émotionnelle ou dans le milieu professionnel des "soft skills", ors on se rend compte dans cette discussion avec Catherine à quel point cela doit s'apprendre dès le plus jeune âge. De Jack Ma à Elon Musk tout le monde s'accorde à dire que le système scolaire d'aujourd'hui qui consiste à apprendre des éléments est totalement dépassé puisque les machines le font et le feront mieux que nous. Ce que les machines n'ont pas c'est un coeur et c'est cela que nous devons nous efforcer de développer. Ou plutôt comment cela peut se développer car l'enfant a un cerveau totalement maléable jusqu'à modifier les neurones, les connexions neuronnales et même l'expression de certains gênes. Catherine explique comment l'empathie permet de développer de manière positive leur cerveau. Peut être même que cela vous permettra de mieux comprendre vos réactions aujourd'hui lié à votre éducation d'autan. Bref, Catherine est d'une douceur sans pareil, c'est un bonheur à écouter. Bonne écoute et bonne reprise à vous tout.e.s
Emmanuelle Duez est la fondatrice de Boson Project, et de Tchatche, c'est une femme engagée et que j'étais intéressé de recevoir sur Vlan. Après avoir discuté avec Ghada qui nous a montré dans l'épisode 122 comment elle s'engageait au quotidien auprès de femmes avec la maison des femmes, il était intéressant de prendre un point de vue différent. Emmanuelle s'engage pour transformer les entreprises de l'intérieur, elle s'engage aussi a rendre accessible et fun la complexité de notre monde, elle s'engage du coté des femmes mais également des militaires. Pour elle s'engager, c'est se mettre en mouvement pour servir une cause qui nous dépasse et cela est extraordinairement porteur de sens d'un point de vue individuel. C'est ce qui la porte elle et son énergie durant ce podcast devrait vous porter aussi. Elle explique, entre autre, comment l'ancrage mais aussi l'alignement personnel sont les premières étapes pour s'engager pleinement mais surtout sainement. On parle également d'optimisme car pour Emmanuelle nous n'avons pas le temps du pessimisme. Pour Emmanuelle, il est pire de nourrir l'économie de la peur pour vendre ou simplement générer des likes que de ne pas être engagé.e. On peut tout à fait ne pas être engagé.e et simplement aspirer à vivre sa vie. C'est dans l'histoire humaine, c'est toujours une minorité qui entraine l'ensemble d'une société. Mais si, au fur et à mesure, les spectateurs inactifs ont envie, ils peuvent avancer doucement, à leur vitesse et c'est totalement ok. Suite à cette enregistrement, Emmanuelle m'a proposé de participé au prochain Tchache qui a lieu le 31 mars au Bataclan. Je vais donc "me foutre sur la gueule" avec une autre personne sur un sujet qui m'est cher d'ailleurs. Venez si vous le pouvez et si vous le souhaitez.
Charles Pepin est un philosophe qui a écrit plusieurs ouvrages dont dernièrement "les vertus de l'échec" et "la confiance en soi, une philosophie". Rencontré par l'intermédiaire d'Estelle du podcast Reelles, je trouvais intéressant de m'arrêter un moment sur cette notion de confiance de soi qui est une injonction très forte dans notre société alors que dans le même temps cette dernière, par une automatisation de tout, nous enlève la capacité à la développer. Avec Charles Pepin nous parlons de l'échec, de la manière de le prendre et d'en faire quelque chose. Est-ce que l'échec peut nous aider à nous rendre heureux? Et si oui pourquoi et comment? L'échec n'est pas très populaire en France malgré les différentes conférences type Failcon qui ont pu avoir lieu dans l'hexagone. Ce sujet est connexe à celui de la confiance en soi évidemment, voire intiment lié et avec Charles Pepin nous sautons de l'un à l'autre naturellement. On y aborde le fameux complexe de l'imposteur que vous avez tous plus ou moins ressenti mais aussi le rôle de l'audace, l'impact négatif des réseaux sociaux, voire la débilité de ce qui s'y passe. J'ai aussi demandé à l'homme Charles Pepin son rapport à l'échec et pourquoi il avait particulièrement choisi ce thème. Bref, un épisode très riche comme je les aime et qui j'espère vous permettra de réfléchir, de générer des conversations, d'aller un peu plus loin. Bonne écoute et n'hésitez pas à mettre une note sur Apple Podcast si vous avez un iPhone ou à me remonter vos commentaires.
Pénélope Bagieu est une illustratrice et une autrice de bande dessinée. Si vous la suivez depuis longtemps peut être même que vous la connaissiez sous le nom de Penelope Jolicoeur. En prime un des premiers dessins de Pénélope sur son blog en février 2007 quand elle avait du mal à faire payer ses illustrations: https://www.penelope-jolicoeur.com/2007/02/page/9/ L'année dernière Pénélope a reçu le prix Eisner au Comicon, le prix international ultime pour une autrice de B.D.. Pendant ces 13 années, beaucoup de chemin parcouru évidemment. C'est étrange, j'ai beaucoup d'ami.e.s en commun avec Pénélope, nous étions à NYC en même temps, nous nous sommes souvent croisés en soirée mais sans jamais prendre le temps de faire connaissance et encore moins de discuter. Pénélope est une autrice engagée, elle l'a presque toujours été et avec elle nous revenons donc sur son engagement sur différents sujets, le féminisme bien sur mais aussi la pêche en eau profonde. Pourquoi et comment une autrice de B.D. peut s'engager? A-t-elle le choix? La B.D. est-elle uniquement un médium dédié aux enfants? Avec Pénélope nous couvrons énormément de sujet mais parlons surtout de son rapport au monde bien sur et de son dernier opus autour des sorcières que vous n'aurez certainement pas manqué. Pénélope fait référence à une B.D.: le chateau des animaux (si vous avez besoin de retrouver). Elle m'a dit qu'on ne lui avait jamais posé ces questions là, je ne sais pas si c'était pour me faire plaisir, si c'est le cas, c'est réussi, si ce n'est pas le cas, peut être allez vous apprendre de nouvelles facettes de cette femme admirable.
Durant l'été, je rediffuse des épisodes que vous avez peut être manqué ou que vous prendrez plaisir à réécouter à nouveau. Lili Barbery Coulon est journaliste mais aussi "influenceurs" ou encore professeur de yoga Kundalini. Comme nombreux.ses elle se questionne naturellement sur son mode de vie. A travers cet épisode, plus long que les autres, elle nous entraine dans son histoire, dans ses contradictions et finalement sur son chemin pour changer totalement de mode de vie. Elle décrit parfaitement sa quête de succès, son plaisir d'être journaliste à M le Monde, la manière dont elle a fait tout parfaitement pour être heureuse: mariée, une petite fille, un super job, un peu de méditation, la pratique du yoga... Puis ses questionnements, ses tentatives de négociations avec elle même et sa transformations sur les 3 dernières années. Le yoga Kundalini aura été pour elle le vecteur d'une transformation profonde. Alors qu'elle cherchait de la réassurance à l'extérieur d'elle même sans y arriver vraiment, elle a fini par trouver Après avoir rédigé un premier livre autour des petits déjeuners, elle s'apprête à sortir un nouvel ouvrage "la réconciliation" chez Marabout dans lequel elle raconte comment elle a trouvé une voix en elle. Changement de métier, arrête de la viande, réveil très matinal, routine pas tant pour faire ce qu'on lui a conseillé mais pour trouver une paix intérieure. Un épisode dans lequel on se laisse emporter avec plaisir et qui permet de résonner avec nos propres questionnements.
Ceci est un épisode un peu (très particulier) car je vous y parle de mon livre: insoutenable Paradis qui sort demain le 10 juin 2020.Pour nombreux et nombreuses d’entres vous, vous me suivez depuis plusieurs mois voire plusieurs année et ce bouquin c’est aussi grâce à vous. Cet épisode n’est pas une interview, je vous y raconte seul mon livre et j’espère que ce format différent vous plaira. Ce n’est pas le livre du podcast comme on pourrait l’imaginer, c’est une structuration de la manière dont je pense le monde et en particulier l’écologie et nos modes de vie moderne.Si sur Vlan, cela peut vous sembler étrange que je passe d’un sujet à l’autre, ici vous allez comprendre comment tout est lié.Ce livre est dédié aux personnes qui ont une conscience écologique mais qui ne sont pas nécessairement militants. C’est un livre positif emprunt de vulnérabilité, qui s’adresse aux personnes avec une conscience écologique mais qui ne sont pas militants et cherchent à savoir où commencer.J’y aborde des réponses apaisées, positives, humanistes pour repenser notre modèle de société. A l’instar du podcast, ce livre est un acte politique, j’essaie à ma petite mesure d’accompagner le mouvement en cours, de l’accélérer et c’est pourquoi ce livre est important pour moi.Je vais vraiment avoir besoin de votre aide pour le promouvoir alors j’espère que vous accepterez de partager autour de vous voire d’acheter le livre si cela vous donne envie. Merci mille fois de votre soutien dans les commentaires sur Apple, sur Facebook, Instagram, Linkedin ou Twitter voire par email parfois. 
Stéphanie Chayet est journaliste et vit à NYC, elle s’est intéressée de près aux psychotropes. Le titre de son livre, « Phantastica - ces substances interdisent qui guérissent » donne le ton, on sent bien que Stéphanie va totalement déconstruire toutes les croyances que l’on peut avoir sur les champignons, le LSD et plus généralement les psychédéliques.Sujets facile de moquerie ou de critiques mais quand on s’intéresse très sérieusement au sujet, on réalise que des substances addictives et mortelles sont disponibles au grand public: l’alcool, le sucre, le tabac et d’autres, parfois moins dangereuse car sans dose mortelle sont interdites et qu’il faut différencier la cocaine, l’héroine et les psychotropes.Stéphanie s’est intéressé au sujet pour un long papier qu’elle a produit par le magazine Le Monde il y a 5 ans mais aussi parce qu’elle a malheureusement eu un cancer et s’est posé des questions pour sa propre santé.Stéphanie a particulièrement analysé les 4 principales substances psychédéliques « classiques »: le L.S.D, la Mescaline, la psilocybine et la D.M.T.Elle nous fait état de tout ce qu’il nous est interdit d’entendre en France car il est interdit de parler des vertus de ces substances même si la loi n’est pas appliquée stricto sensu.C’est intéressant que quand il s’agit de climat tout le monde s’accorde à penser que nous devons absolument écouter les scientifiques mais que ce n’est plus le cas quand il s’agit de ces substances. On parle beaucoup avec Stéphanie des vertus thérapeutiques de ces substances en particulier, la dépression, la détresse psychédélique lié à un diagnostique de cancer, la dépendance à l’alcool ou au tabac. D’autres maladies sont à l’étude comme l’anorexie mentale ou Alzheimer.Je pense que cet épisode va remettre en question beaucoup de vos croyances et générer pas mal de conversations chez vous, en tous cas, c’est mon souhait: sortir de son propre cadre de croyances, être ouvert.e et se questionner.
Emmanuelle Duez est la fondatrice de Boson Project, et de Tchatche, c'est une femme engagée et que j'étais intéressé de recevoir sur Vlan.Après avoir discuté avec Ghada qui nous a montré dans l'épisode 122 comment elle s'engageait au quotidien auprès de femmes avec la maison des femmes, il était intéressant de prendre un point de vue différent.Emmanuelle s'engage pour transformer les entreprises de l'intérieur, elle s'engage aussi a rendre accessible et fun la complexité de notre monde, elle s'engage du coté des femmes mais également des militaires.Pour elle s'engager, c'est se mettre en mouvement pour servir une cause qui nous dépasse et cela est extraordinairement porteur de sens d'un point de vue individuel. C'est ce qui la porte elle et son énergie durant ce podcast devrait vous porter aussi.Elle explique, entre autre, comment l'ancrage mais aussi l'alignement personnel sont les premières étapes pour s'engager pleinement mais surtout sainement.On parle également d'optimisme car pour Emmanuelle nous n'avons pas le temps du pessimisme.Pour Emmanuelle, il est pire de nourrir l'économie de la peur pour vendre ou simplement générer des likes que de ne pas être engagé.e.On peut tout à fait ne pas être engagé.e et simplement aspirer à vivre sa vie. C'est dans l'histoire humaine, c'est toujours une minorité qui entraine l'ensemble d'une société. Mais si, au fur et à mesure, les spectateurs inactifs ont envie, ils peuvent avancer doucement, à leur vitesse et c'est totalement ok.Suite à cette enregistrement, Emmanuelle m'a proposé de participé au prochain Tchache qui a lieu le 31 mars au Bataclan.Je vais donc "me foutre sur la gueule" avec une autre personne sur un sujet qui m'est cher d'ailleurs. Venez si vous le pouvez et si vous le souhaitez.
Pénélope Bagieu est une illustratrice et une autrice de bande dessinée.Si vous la suivez depuis longtemps peut être même que vous la connaissiez sous le nom de Penelope Jolicoeur.En prime un des premiers dessins de Pénélope sur son blog en février 2007 quand elle avait du mal à faire payer ses illustrations:https://www.penelope-jolicoeur.com/2007/02/page/9/L'année dernière Pénélope a reçu le prix Eisner au Comicon, le prix international ultime pour une autrice de B.D..Pendant ces 13 années, beaucoup de chemin parcouru évidemment.C'est étrange, j'ai beaucoup d'ami.e.s en commun avec Pénélope, nous étions à NYC en même temps, nous nous sommes souvent croisés en soirée mais sans jamais prendre le temps de faire connaissance et encore moins de discuter.Pénélope est une autrice engagée, elle l'a presque toujours été et avec elle nous revenons donc sur son engagement sur différents sujets, le féminisme bien sur mais aussi la pêche en eau profonde.Pourquoi et comment une autrice de B.D. peut s'engager? A-t-elle le choix?La B.D. est-elle uniquement un médium dédié aux enfants?Avec Pénélope nous couvrons énormément de sujet mais parlons surtout de son rapport au monde bien sur et de son dernier opus autour des sorcières que vous n'aurez certainement pas manqué.Pénélope fait référence à une B.D.: le chateau des animaux (si vous avez besoin de retrouver).Elle m'a dit qu'on ne lui avait jamais posé ces questions là, je ne sais pas si c'était pour me faire plaisir, si c'est le cas, c'est réussi, si ce n'est pas le cas, peut être allez vous apprendre de nouvelles facettes de cette femme admirable.
Ceci est la rediffusion de l'épisode #40 de Vlan. Esther Perel est thérapeute de couples, conférencières, auteur et est spécialisée dans les relations amoureuses.Esther est une célébrité outre-atlantique avec plus de 20 millions de visionnage de ces TED, ses conférences se remplissent en quelques minutes aux 4 coins de la planète, elle a été élue meilleure conférencière à SXSW 2018 et Alors qu’elle sort son nouveau livre sur l’infidélité « Je t’aime, je te trompe » dans sa version française, nous revenons avec Esther sur plusieurs éléments:Qu’est ce qui a tellement changé dans les relations aujourd’hui? Quels impacts ont les technologies sur les relations amoureuses? Comment évolue le lien homme/femme?Une conversation passionnante avec la papesse de la relation amoureuse.N'hésitez pas à vous abonner à ce podcast sur Apple Podcast bien sur!Nos relations amoureuses ont été bouleversées sur ces dernières annéesDans le passé tout était très bien structurée, il y avait de nombreuses règles qu’il s’agisse de notre vie professionnelle, amoureuse, religieuse ou plus largement sociale et chacun les respectait jusqu’à leur mort.De la même manière les rapports entre les hommes et les femmes étaient décidés à l’avance que ce soit pour définir la personne qui nourrit l’enfant, celle qui s’occupe du foyer, celle qui décide du sexe, celle qui ramène l’argent au foyer etc….Ors, aujourd’hui on se retrouve dans un modèle dans lequel chacun doit prendre des décisions importantes, il y a, en quelque sorte, un trop plein de liberté.Cette liberté amène de l’embarras, de la confusion, de l’incertitude mais aussi de la solitude.Evidemment il n’y a pas de solutions simples mais il existe des paradoxes à équilibrer.Le 1er de ces paradoxe est de comprendre la relation entre moi et l’autre.Est-ce que je mène mes relations en me mettant au centre ou est-ce que je mets les autres et leurs attentes au centre?Et par conséquent, cela permet de répondre à une question plus large qui est de savoir le droit que je souhaite m’octroyer dans la poursuite de mon bonheur. Car je peux le poursuivre même s’il a des conséquences néfastes pour l’autre.Le 2ème est que dans le couple intime, on attend d’une seule personne ce que l’on attendait avant de toute une communauté. C’est à dire que l’on souhaite que la personne nous permette de construire une famille, d’avoir un compagnon, un soutien économique mais désormais on lui demande aussi d’être le meilleur ami, le confident, l’amant etc…au final j’attends d’une seule personne l’ancrage et la stabilité mais aussi l’aventure, la nouveauté, la surprise etc…. la fameuse « âme soeur » qui devient la solution magique de toute la solitude existentielle que l’on peut ressentir.La sexualité a également été bouleversée puisqu’un d’un acte reproductif à un acte récréatif.La sexualité était un atout économique car l’idée était évidemment de faire des enfants qui étaient alors des aides pour le foyer. Nous avons évidemment totalement changé de modèle,Dès lors, le sexe ce n’est pas quelque chose que je fais mais quelque chose que je suis, c’est donc un élément identitaire.En particulier, pour les femmes, le sexe était un devoir conjugal et rien de plus alors que désormais il est un désir, ce qui implique devenir maître de sa volonté.Le sexe est même passé d’un modèle récréatif mais dans une histoire malgré tout à un modèle comodifié pour certain cas, c’est à dire qu’il est pratiqué volontairement des 2 cotés sans qu’il n’y ait d’histoire particulière autour.Le digital dans les relations amoureuses est-il générateur de solitudeComme le souligne Esther, cette recherche de bonheur de son vivant est un concept tout à fait nouveau.Auparavant, la vie était miséricordieuse pour pouvoir accéder au bonheur après sa mort au paradis.Cette notion de la poursuite du bonheur et que l’on se doit d’être heureux est assez récent.Dès lors, la survie de la famille dépend essentiellement du bonheur du couple.
Nicolas Vanderbiest est chercheur et est déjà venu sur ce podcast mais dans cet épisode avec lui cette fois nous parlons de l'astroturfing.Cette méthode permet de feindre des mouvements supposés de foules sur les réseaux sociaux. Ecoutez et vous allez tout comprendre.Nous parlons avec Nicolas du fait que nous n'avons plus d'espace médiatique commun et que cela pose un grave souci démocratique évidemment.On ne sait plus vraiment prendre le poul de la population.Par ailleurs, en raison des réseaux sociaux et de l'optimisation de tout ,Il n'y a plus de complexité ni dans la communication des individus, des entreprises ou des politiques.Alors que les questions sont de plus en plus complexes, les débats sont de plus en plus pauvres et c'est un vrai souci.Comme Joel de Rosnay en parlait dans un épisode précédent, il faut aller vers une vision systémique. Mais comment faire quand tout va si vite et que chacun a son petit auditoire qui lui ait propre.Nicolas décrypte parfaitement pourquoi les médias ne sont plus objectifs, comment ils sont manipulés et on essaie ensemble de trouver des solutions. Sans vouloir être négatif, c'est vrai que la problématique est tellement complexe que les pistes que nous avançons sont difficilement réalisables malgré tout.Un épisode évidemment passionnant alors que les avis se déchirent sur Twitter à propos du port du voile ou sur d'autres sujets.Comment tirer le vrai du faux, comment savoir si cela représente des vrais mouvements de foule?C'est tout cela qu'on aborde avec Nicolas.
Benoit Bergeret est entrepreneur et se rend depuis 12 ans à l'événement qu'est Burning Man. Il n'est pas un simple consommateur de l'événement mais il a été le constructeur en chef du Temple, une des 2 plus grandes installation artistique de Burning Man et en 2019 du Folly.Il y a beaucoup d'articles ou de documentaires sur Burning Man qui essaient de faire sensation et qui résument l'événement en quelques mots :sexe, drogue, argent, musique électronique.Qu'en est il vraiment? On m'a tellement posé de questions après mon expérience qu'il m'a semblé important de revenir avec Benoit sur ce que nous pouvions apprendre de ce projet unique.Pour ceux et celles qui n'ont jamais entendu parler de Burning Man, il s'agit d'un événement au milieu du désert du Nevada qui a lieu tous les ans (fin aout) depuis 1986. Mais c'est surtout un moment particulier puisque rien (ou presque) n'est à vendre, que vous êtes totalement libres (dans la limite du respect des autres) pendant 1 semaine, que tout le monde est censé participer et beaucoup d'autres éléments que vous allez entendre.A travers cet épisode, nous essayons de mieux saisir l'essence de cet événement mais aussi ce que nous pouvons en apprendre.Nous abordons bien entendu les questions qui fâchent comme l'impact écologique d'un tel rassemblement par exemple mais aussi le rapport à l'argent, au sexe ou à la drogue.Est-ce que Burning Man a perdu son essence et est devenu le nouveau Coachella, c'est à dire l'endroit ou il faut s'instagrammer pour ses 15 secondes de gloire?Tout cela est abordé dans cet épisode et je vous laisse le découvrir.
Camille Aumont Carnel est la personne qui se cache derrière le compte instagram @jemenbatsleclito qui regroupe près de 400 000 personnes désormais. Elle y parle de sexualité de manière décalée et avec beaucoup d'humour. Du haut de ses 22 ans, elle parle sans complexe de ce "qui se passe dans la petite culotte et dans la tête des filles" comme elle l'explique. Elle en a même sorti un livre au bout de quelques mois puis une marque d'habillement.Camille s'adresse évidemment à toutes les femmes mais quand au bout de quelques mois elle a montré son identité, le fait qu'elle soit noire a questionné. On a voulu la ranger dans des cases qui ne lui correspondaient pas comme l'afroféminisme.Elle avait justement masqué son identité car elle savait que son caractère trempé, son look aux cheveux rasés, sa taille (+ de 1m80) et évidemment sa couleur pourrait empêcher certaines femmes de se projeter dans le compte. Or, l'idée pour Camille était évidemment que toutes les femmes puissent s'approprier ces phrases.On parle avec Camille de son expérience pour bien différencier diversité et inclusion dans une période ou la diversité est partout.Ce n'est pas forcément simple pour beaucoup de personnes de comprendre la différence et elle est pourtant majeure. D'ailleurs je m'excuse car je fais l'erreur à un moment donné moi même quand je parle des marques, j'espère que vous me pardonnerez.En tant que métis (Martinique/Inde de ma mère et d'un père bourguignon), je le vis très régulièrement mais en général on nous explique que c'est nous qui nous victimisons. La réalité est très différente je crois car la différence de couleur de peau ou d'origine est encore très marquée en France.L'expérience de Camille est en ce sens très intéressante et c'est pourquoi je voulais la recevoir pour en parler avec moi.J'espère que cela permettra à beaucoup de personnes de se reconnaitre et aux autres de comprendre la différence entre les 2 pour que nous soyons demain dans l'acceptation de l'autre bien plus qu'aujourd'hui et que nous jugions d'abord une personne pour ce qu'elle fait que pour sa couleur de peau, son genre ou ses préférences sexuelles d'ailleurs.
Mai Hua est la réalisatrice d'un documentaire sur des hommes remarquables comme son titre l'indique "meeting with remarkable men" qui a également un compte Instagram hyper intéressant.Pour cet épisode 100 j'ai voulu recevoir Mai sur un sujet qui touche tout le monde et qui est tellement débattu: la relation hommes mais aussi la masculinité, la féminité ou encore le féminisme et enfin l'humanisme.Si vous ne vous retrouvez jamais dans ces débats sur le genre parce que les propos sont trop souvent militants et peu nuancés ou inclusifs, cette conversation devrait vous réconcilier avec la question et vous permettre de vous poser sereinement les bonnes questions.Remettre en cause le patriarcat, le questionner, ce n'est pas remettre en cause les hommes comme certains pourraient le laisser penser.Etre féministe ce n'est pas remettre en cause les hommes non plus ni penser que "the future is female" - en tous cas, ce n'est pas ma manière de l'envisager. C'est remettre en cause une forme de masculinité, c'est remettre en cause certains hommes.Cet un épisode exceptionnel à beaucoup de niveaux, c'est une étape pour moi d'abord évidemment mais il a aussi et vous allez vous en rendre compte une forme totalement novatrice que nous avons créé au studio avec Pierre Henri Samion et Antoine Bertin que je remercie mille fois.C'est un épisode avec lequel je voulais remercier chacun.e d'entre vous de soutenir Vlan mais plus largement les podcasts et c'est la raison pour laquelle j'ai invité mes ami.e.s podcasteur.euse.s à venir sur cet épisode. Je remercie donc Pauline du podcast La Leçon, Clémentine du podcast Bliss, Matthieu du podcast Generation DIY, Lelée.o du podcast Voxxx, Margaux et Céline du podcast Entre nos lèvres et Angelo du podcast Balance ta peur. Pauline du Gratin et Valérie de Chiffons auraient aussi du être des nôtres et ont finalement été retenues mais tou.te.s ensemble nous voulions vous remercier.C'est un épisode un peu particulier également par sa longueur et son ton ou encore sa méthode d'enregistrement mais j'espère que vous allez apprécier. Moi j'ai adoré l'enregistrer et l'écouter ensuite.C'est typiquement du Vlan parce que ce n'est pas prise de tête, on se marre mais c'est toujours très pertinent.Je suis tellement touché par les messages que je dois de temps en temps, par cette capacité que peut avoir ce podcast de vous accompagner dans vos réflexions. Merci encore du fond du coeur.
Catherine Gueguen est pédiatre, référence dans le monde de l'éducation, auteur de multiples ouvrages lié à l'éducation et l'intelligence émotionnelle.C'est un épisode positif et rayonnant que je vous propose et plutôt à propos si vous avez des enfants ou si vous avez des ami.e.s qui ont des enfants puisque c'est la rentrée :)L'éducation est pour moi la première brique par lequel on transforme une société et c'est la raison pour laquelle je voulais recevoir Catherine.On parle beaucoup en ce moment d'intelligence émotionnelle ou dans le milieu professionnel des "soft skills", ors on se rend compte dans cette discussion avec Catherine à quel point cela doit s'apprendre dès le plus jeune âge.De Jack Ma à Elon Musk tout le monde s'accorde à dire que le système scolaire d'aujourd'hui qui consiste à apprendre des éléments est totalement dépassé puisque les machines le font et le feront mieux que nous. Ce que les machines n'ont pas c'est un coeur et c'est cela que nous devons nous efforcer de développer.Ou plutôt comment cela peut se développer car l'enfant a un cerveau totalement maléable jusqu'à modifier les neurones, les connexions neuronnales et même l'expression de certains gênes.Catherine explique comment l'empathie permet de développer de manière positive leur cerveau.Peut être même que cela vous permettra de mieux comprendre vos réactions aujourd'hui lié à votre éducation d'autan.Bref, Catherine est d'une douceur sans pareil, c'est un bonheur à écouter.Bonne écoute et bonne reprise à vous tout.e.s
Rediffusion de l'épisode 41 - Stéphane Hugon est sociologue et est le fondateur du cabinet Eranos.Nous envisageons ensemble un outil qui ne nous quitte jamais: notre smartphone.Il y a eu en septembre cet article exceptionnel dans The Atlantic  sur les smartphones et j’ai voulu en repartant de cet article reprendre avec Stéphane l’impact que ces derniers pouvaient avoir en particulier dans notre culture française.En bon marketer, je pense que le numérique nous oblige à revenir aux fondamentaux des sciences humaines pour mieux comprendre comment et pourquoi nous agissons.Et bien sur, n'hésitez pas à vous abonner sur Apple podcast pour ne rater aucun épisode.Le smartphone accentue un retour de balancier naturelSi les smartphones sont nos contemporains depuis un peu plus de 10 ans, il est important de repartir du lien entre les personnes et l’objet technique comme élément de médiation entre elles.Comme nous l’explique Stéphane, depuis les années 50, en occident, nous avons une quête très importante d’émancipation individuelle et d’autonomie.Ors, dans l’imaginaire collectif, l’objet technologique nous aide à ne pas subir l’altérité mais aussi à augmenter notre pouvoir sur notre environnement social.Dans ce même mouvement, nous avons eu d’ailleurs eu beaucoup de héros solitaires servis par l’industrie hollywoodienne.Toutefois, selon Stéphane Hugon, nous sommes arrivés à un point de saturation au milieu des années 90 car à force de pousser cette autonomie et de ne pas vouloir subir les autres, nous avons abouti à une peur du vide et de l’ennui.Finalement les lieux où l’on trouvait des éléments d’accomplissement de soi (la famille, le religieux, le travail, la politique et la vie publique) ont été largement chahuté dans cette quête.La conséquence a été un retour de balancier et donc une non-volonté d’échapper à tout ce que l’on fuyait auparavant.Selon Stéphane Hugon, c’est donc ce mouvement de balancier qui explique cette volonté presque maladive de recréer du lien social et donc de trouver sa tribu, sa sphère mais aussi de se recentrer.Aujourd’hui pour devenir quelqu’un, il faut prouver qu’on existe dans le regard de l’autre.D’ailleurs, Stéphane d’expliquer que le Selfie n’est pas vraiment un acte purement narcissique car il ne s’accomplit pleinement que s’il est partagé.C’est donc bien le regard de l’autre et son jugement qui sont essentiels et qui me permettent de devenir moi même.Il y a d’un coté une construction de soi et de l’autre un public de référence auquel on souhaite plaire.Le smartphone est une promesse de l’autre mais….Le smartphone est donc un outil qui permet de se connecter à l’autre avant tout mais en réalité, on le remarque, les jeunes n’ont jamais été aussi seuls.C’est donc une relation inaccomplie car techniquement le passage à l’acte n’advient presque jamais.Cela maintient donc l’adolescent dans une expérience qui est « en deçà de l’experience ».Cela remet en cause des questions aussi importante que :Qu’est-ce qu’un ami? Qu’est ce que le lien social? Qu’est ce qu’une relation?Ces liens digitalisés amènent finalement à des relations molles selon Stéphane Hugon.Toutefois, ce dernier affirme que cela reste une transition et reste convaincu que les technologies vont nous permettre demain de nous amener à des relations fortes et entières portées par un mouvement long d’un besoin de ré-enracinement avec notre environnement culturel, social et naturel.Le smartphone ne peut et ne doit pas se substituer aux relations socialesil est évidemment essentiel que les jeunes comprennent ces technologies, développent cette culture mais d’un autre coté ca ne doit pas isoler l’adolescent.
[Rediffusion de l'épisode 44] Isabelle Saporta est une journaliste mais aussi une auteure spécialisée sur l’industrie agro-alimentaire et sur le bien manger.Elle a écrit le livre noir de l’agriculture, vino business ou encore «du courage » et a été à l’école de Jean Pierre Coffe qui l’a mis sous son aile très tôt.Le moins que l’on puisse dire est qu’Isabelle n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux car le sujet de la nourriture nous préoccupe tous.D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai voulu la recevoir.Il y a une tendance très forte autour du bien manger. On se pose beaucoup de questions sur ce qu’il y a de mieux pour notre santé sans trop savoir à quel saint se vouer.L’agro-alimentaire: la 1ère industrie de France« Un esprit sain dans un corps sain », nous avons tous cette phrase en tête évidemment même si nous l’avions perdu de vu ces dernières décennies.Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis quelques années, on s’y intéresse de plus près.Ainsi, on voit fleurir un peu partout des restaurants Vegan, la tendance Bio s'est durablement installée, l’intolérance au Gluten semble avoir touché une partie importante de la société etc….De fait, comme le rappelle Isabelle, la nourriture est une question de plus en plus prégnante dans notre société.Les gens veulent bien manger mais ils ne savent plus comment faire. Les normes arrivent dans tous les sens, accompagnées de leurs amis les labels mais aussi des concepts marketing pour finalement arriver à se poser des questions telles que « extracteurs de fruits » ou « blender »… pour finalement y passer 3h sur des forums et autres sites spécialisés (oui c’est du vécu).Il est donc intéressant de se replonger dans cette tendance en particulier en France, pays de « la bouffe » s’il en est.Pour Isabelle, il y a eu une déconnexion évidente entre les consommateurs et leurs assiettes, les courses sont devenues une corvée, manger parfois une simple nécessité, on en arrive même à des enfants plus vraiment capables de discerner un légume d’un autre.Il faut donc que tout le monde (hommes et femmes) retournent aux fourneaux avec plaisir mais aussi peut être mieux éduquer nos enfants à l'école ou au sein même du foyer en allant faire le marché.Les normes sanitaires manquent de logiqueEvidemment ces normes sont essentielles car elles permettent de manger des aliments sains et doivent nous protéger.Néanmoins, l’industrie agroalimentaire et la politique avec elle ont décidé que la seule solution pour nourrir à bas prix tout le monde devait nécessairement passer par une agriculture intensive et productiviste.Par conséquent, plutôt que de reprendre du bon sens paysan, on ajoute des rustines sur des solutions déjà pas idéales.Par exemple, quand on se rend compte que les porcs sont malheureux dans les fermes intensives, plutôt que de trouver une solution alternative (qui consisterait à les laisser un peu plus en liberté et surtout pas seuls puisque ce sont des animaux sociaux), on leur donne des anti dépresseurs.Idem pour les hommes et les femmes qui travaillent dans ces fermes, tout le monde ou presque est donc sous anti dépresseurs.Isabelle critiquent énormément ces normes qui sont souvent érigées par l’industrie agro-alimentaire pour protéger cette même agriculture intensive.La porte de sortie: éveiller les conscience pour mieux s’alimenterLa solution pour bien s’alimenter reste simple: être au plus proche (circuit court ou amap) et manger un produit (bio de préférence) le moins transformé possible.La question par contre est de savoir comment organiser cela de manière plus systématique.Evidemment, selon Isabelle, il faudrait repenser la manière dont sont utilisés les 10 milliards d’Euros versés par la PAC.Finalement, c'est un vrai combat politique que l'on a dans son assiette 3 fois par jour.
Mai Hua est une femme multi facette (slasheuse dans le vocab moderne) mais aussi réalisatrice, je l'ai déjà reçu sur ce podcast dans un épisode (Vlan #24) qui était parti un peu dans tous les sens (lol).Cet épisode est donc en français car nous n'avons pas réussi à faire un bon doublage de l'épisode avec Jerry et je suis assez perfectionniste en la matière.Mais finalement je suis encore plus content de recevoir mon amie mais aussi parce que les 2 épisodes sont différents car Jerry revient sur son livre et apporte la vision d'un thérapeute tandis que Mai partage beaucoup plus sa propre expérience.Si vous parlez suffisamment anglais pour comprendre l'entretien avec Jerry, je vous conseille vivement de l'écouter également.Alors pourquoi parler sur Vlan des "dark sides", en français "les ombres"?Les ombres sont une partie que l'on essaie de cacher aux autres mais aussi, trop souvent, à nous même pourtant elles sont essentielles pour comprendre nos modes de fonctionnement individuels et collectifs.Et surtout quand on essaie de les enfouir, on les nourrit beaucoup trop.Dans une ère ou l'injonction au bonheur s'affiche partout sur les réseaux sociaux, où les citations positives pullulent, il est essentiel de se regarder entièrement et de réaliser que les péchés capitaux font intégralement parti de notre nature humaine.Il faut du courage pour les regarder en face et les accepter pleinement.Parce que dans la manière dont j'envisage la manière dont la société va évoluer, je crois que nous passerons d'une société hautement individualiste à une société plus collective et cela passe nécessairement par un recentrage personnel.C'est un début de reconnaissance que je vous propose avec ces 2 épisodes.
Jerry Hyde est un thérapeute anglais peu orthodoxe, je l'ai déjà reçu sur ce podcast pour parler de masculinité à l'ère de Me Too mais cette fois, c'est pour parler de son livre "the book of sin" que je le reçois à nouveau.Comme vous l'avez compris cet épisode est en anglais mais il existe également une version française avec Mai Hua.Les 2 épisodes sont différents car Jerry revient sur son livre et apporte la vision d'un therapeute tandis que Mai partage beaucoup plus sa propre expérience. Les 2 épisodes sont très différents et apporteront beaucoup de valeur si vous parlez suffisamment anglais pour comprendre l'entretien avec Jerry.Alors pourquoi parler sur Vlan des "dark sides", en français "les ombres"?Les ombres sont une partie que l'on essaie de cacher aux autres mais aussi, trop souvent, à nous même pourtant elles sont essentielles pour comprendre nos modes de fonctionnement individuels et collectifs.Et surtout quand on essaie de les enfouir, on les nourrit beaucoup trop.Dans une ère ou l'injonction au bonheur s'affiche partout sur les réseaux sociaux, où les citations positives pullulent, il est essentiel de se regarder entièrement et de réaliser que les péchés capitaux font intégralement parti de notre nature humaine.Il faut du courage pour les regarder en face et les accepter pleinement.Parce que dans la manière dont j'envisage la manière dont la société va évoluer, je crois que nous passerons d'une société hautement individualiste à une société plus collective et cela passe nécessairement par un recentrage personnel.C'est un début de reconnaissance que je vous propose avec ces 2 épisodes.
Alberto Alemanno est un professeur de droit (HEC, NYU) à la renommée internationale, il a créé The good Lobby, un lobby citoyen qui permet à chacun d'avoir un impact fort sur ce qui lui semble essentiel.On voit un peu partout une déception et une remise en cause des politiques, on ne leur fait plus confiance pour défendre les idées pour lesquelles ils se font élire, ils nous semblent faibles devant les puissances économiques.Alors que le terme de "lobby" à une connotation négative, Alberto s'en est servi pour permettre à tout Européen d'avoir un réel poids.Ainsi Greta Thunberg, la fameuse Suédoise de 15 ans a postulé pour le prix de "the good lobby" et prouve que les actions citoyenne peuvent vraiment peser.Avec Alberto on discute de l'impact que les citoyens peuvent avoir comme la chute des frais d'itinérance pour les appels en Union Européenne par exemple ou encore son nouveau combat autour des stages non rémunérés.Il nous semble toujours que les directives européennes n'ont pas d'impact direct et pourtant on se rend compte de l'inverse à travers cet épisode qui redonne de l'espoir sur la capacité de tout à chacun de jouer un rôle.Et ne dites pas à Alberto que vous n'avez pas le temps, il vous répondra que les réseaux sociaux, aussi utiles soient-ils, sont devenus un emploi à temps partiel avec une utilité marginale très discutable.On discute aussi avec Alberto de la légalisation du cannabis, de l'impact du gazon, de ce qui est considéré comme "bien", d'avortement et du droit des femmes à disposer de leur corps, bref de très nombreux sujets sur cette petite demi heure.Bonne écoute!
Charles Pepin est un philosophe qui a écrit plusieurs ouvrages dont dernièrement "les vertus de l'échec" et "la confiance en soi, une philosophie".Rencontré par l'intermédiaire d'Estelle du podcast Reelles, je trouvais intéressant de m'arrêter un moment sur cette notion de confiance de soi qui est une injonction très forte dans notre société alors que dans le même temps cette dernière, par une automatisation de tout, nous enlève la capacité à la développer.Avec Charles Pepin nous parlons de l'échec, de la manière de le prendre et d'en faire quelque chose.Est-ce que l'échec peut nous aider à nous rendre heureux? Et si oui pourquoi et comment?L'échec n'est pas très populaire en France malgré les différentes conférences type Failcon qui ont pu avoir lieu dans l'hexagone.Ce sujet est connexe à celui de la confiance en soi évidemment, voire intiment lié et avec Charles Pepin nous sautons de l'un à l'autre naturellement.On y aborde le fameux complexe de l'imposteur que vous avez tous plus ou moins ressenti mais aussi le rôle de l'audace, l'impact négatif des réseaux sociaux, voire la débilité de ce qui s'y passe.J'ai aussi demandé à l'homme Charles Pepin son rapport à l'échec et pourquoi il avait particulièrement choisi ce thème.Bref, un épisode très riche comme je les aime et qui j'espère vous permettra de réfléchir, de générer des conversations, d'aller un peu plus loin.Bonne écoute et n'hésitez pas à mettre une note sur Apple Podcast si vous avez un iPhone ou à me remonter vos commentaires.
Michel Maffesoli est sociologue, professeur émérite de la Sorbonne, il a depuis longtemps critiqué la déconnexion des élites avec le peuple.Au cours de cet épisode Michel Maffesoli nous explique comment le lien entre les élites et le peuple s'est délité et les conséquences désastreuses que cela peut avoir comme la montée de l'extrémisme.Dans la mesure ou les propos se rapprochent, je fais évidemment référence à Juan Branco qui a récemment défrayé la chronique avec son opus, Crépuscule.Selon lui, l'élite et en particulier les politiques proposent des solutions d'une autre époque, celle du "progrès", des "lumières" c'est à dire du 18 et 19ème siècle.Le tripode de cette société est l'individualisme, du rationalisme et du progressismeOrs, pour Michel Maffesoli, cette époque est révolue et par conséquent cela créé une distance entre ces croyances d'un coté et la réalité du peuple de l'autre.C'est aussi ce qui explique la différence de perception et de compréhension du monde entre les journalistes et le peuple.En effet, ce dernier vit au présent et est beaucoup plus dans une forme d'hédonisme, se "communautorise" (ce qui implique la fin de l'individualisme).C'est aussi à la lumière de cette analyse que l'on peut regarder le développement du yoga, de la méditation et d'une nouvelle spiritualité.Nous touchons à ces sujets en fin d'épisode d'ailleurs d'une manière assez inattendue mais fondamentalement moderne.Si Michel Maffesoli ne donne pas de conseil, il explique toutefois qu'il ne faut pas essayer de faire de projections ou d'envisager le futur mais bien de s'ancrer dans le présent car c'est la nouvelle époque dans laquelle nous évoluons aujourd'hui.
Olympe de G est une personne avec de multifacettes et qui essaie d’envisager le porno autrement.Le porno a un rôle important dans notre société et a totalement modifié notre rapport à la sexualité.Désormais qu’il est accessible gratuitement en 1 clic, il est essentiel de se poser la question de ses impacts, de la manière dont il est produit mais aussi d’envisager de nouvelles formes de pornographie.Olympe de G que j’ai déjà reçu sur Vlan pour parler du plaisir féminin s’essaie à de nouveaux formats et avec une approche de femme et d’artiste.Elle tente de colorer le porno de manière différente.Vous l’aurez compris, Vlan a beaucoup évolué depuis son lancement, ce n’est plus tant un podcast sur le marketing qu’un podcast sur l’évolution de la société au sein d’une révolution industrielle.Un bon marketer saura toujours prendre les insights là où ils sont et par exemple, parler de l’évolution de la sexualité féminine à un impact fort pour toutes les marques qui parlent aux femmes.C’est évidemment moins direct comme approche et elle est moins outillante mais pour moi, elle est beaucoup plus intéressante tant à enregistrer qu’à écouter.Le slow porn: vers un porn plus éthiquePour être honnête, j’ai inventé cette expression de « slow porn » qui comme pour la nourriture ou pour le web est une vision plus éthique du porno.C’est ce que défend Olympe de G à travers son travail d’ailleurs.Cela implique de faire un porno qui est produit avec considération pour les acteurs/actrices, avec des personnes réellement adultes, qui ne produisent pas des films à la chaîne, un porno qui a envie de montrer du sexe qui donne du plaisir, des perforateurs bien traités (avant, pendant et après le tournage) et bien payés.Mais ce n’est pas seulement cela, il s’agit aussi de défendre des points de vue et de sortir des clichés par exemple sur la femme mais aussi sur les personnes de couleur qui sont souvent enfermés dans des stéréotypes dangereux.Aussi, il est essentiel de comprendre que le porno éthique permet à chacun de s’épanouirEn effet, dans le porno éthique on essaie de montrer tous les types de sexualité sans les stigmatiser, par exemple celles des handicapés mais aussi des femmes qui ne correspondent pas nécessairement aux critères de beauté en vogue en ce moment, cela permet de libérer les personnes qui regardent et se retrouvent dans ces performeurs.Il est essentiel de comprendre que notre consommation à chacun favorise la manière dont l’industrie évolue.Se rendre sur des sites gratuits et sans trop de considération pour tous les éléments sus mentionnés, favorise un développement du porno qui aura un impact sur notre propre sexualité et d’autant plus sur la sexualité de nos enfants.C’est aussi cela le combat d’Olympe de G qui défend l’idée qu’un porno peut être un film intéressant à regarder aussi.
Tariq Krim est un entrepreneur, fondateur de Netvibes, service au succès mondial, il est désormais engagé dans le slow web avec dissident.ai. Je connais Tariq depuis des années et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a toujours été en avance sur son temps. Avec Tariq, j’essaie de comprendre ce qu’est le slow web ou en tous cas à quoi pourrait ressembler un web plus éthique. J'imagine que c'est une conversation que vous avez régulièrement dans ces diners pendant lesquels on refait le monde. Cet épisode, c'est un peu ma version. Le slow web, en quelques mots Quand vous entendez « Slow web » vous pensez sans doute à « déconnexion » mais ce n’est pas du tout le sujet. Comme le rappelle Tariq, la  tendance « slow food » s’est construite en opposition au fast food mais il n’a jamais été question de manger un mauvais hamburger plus lentement. Cette idée doit même vous faire sourire à l’instant ou vous la lisez. Le slow food, c’est choisir des bons ingrédients bio, c’est prendre le temps de cuisiner, d’inviter des amis etc… De la même manière pour Internet, l’idée n’est pas de ralentir l’usage d’un web « malade » mais d’envisager le web différemment. L’oligarchie numérique des GAFA a imposé un modèle dans lequel le consommateur n’est plus du tout au centre, sinon comme un produit dont les marques consomment les données. Par ailleurs, quelque part les réseaux sociaux ont créé une réalité sociale alternative qui pose un vrai problème de santé publique car dans un monde à la réalité déformée, votre vie à toujours l’air insuffisante. Comme le souligne Tariq, nous sommes pressurisés en permanence car nous avons toujours l’impression de passer à coté de quelque chose. Il ne s’y trompe pas quand il évoque l’augmentation du nombre de suicide chez les plus jeunes. Les taux n’ont jamais été aussi élevés. Pour Tariq, il faut donc se poser la question de la possibilité d’un autre modèle. Autopsie d’un malaise sociétale La question reste de savoir si cela est nécessaire de remettre en cause le modèle…n’est-ce pas jouer le jeu du marketing de la peur que de brandir à tout va l’intelligence artificielle et les algorithmes? Selon Tariq, c’est essentiel car nous avons perdu le contrôle de notre vie numérique.
Adrien Boyer est le Directeur Général Europe du Sud pour Pinterest. Lorsque j’ai diffusé l’épisode sur les meilleures stratégie de présence sur Instagram, plusieurs personnes m’ont spécifiquement demandé de recevoir Pinterest afin de mieux comprendre cet outil et j’ai donc contacté Adrien qui a gentiment accepté de participer. A l’occasion de la création de Pinterest j’avais d’ailleurs fait une présentation pour expliquer la plateforme diffusée via Slideshare et vue aujourd’hui plus de 136 000 fois aujourd'hui. Pinterest est une plateforme qui peut paraître un petit peu compliquée à mettre dans une case et pourtant, elle totalise plus de 200 millions d’utilisateurs actifs au global et 9 millions en France pour 2,7 millions d’épingles par jour en France. On l’utilise plus ou moins tous car elle nous permet de nous aider dans nos désirs d’achat et on aurait tendance à la mettre dans la case des réseaux sociaux mais comme nous allons le voir ce n’est pas le cas. Pinterest n’est pas un réseau social Pinterest est toujours un peu compliqué à définir et Adrien lui le définit comme un moteur de découverte visuel et il précise qu'il existe 3 différences fondamentales avec les réseaux sociaux: 1. On n'y va pas pour se connecter avec des amis 2. Ce n’est pas une plateforme sur laquelle le contenu est généré par les utilisateurs (U.G.C) 3. On arrive sur Pinterest avec des projets d’avenir Dans Pinterest, nous ne sommes pas dans une projection sociale par définition, c’est un outil que l’on utilise d’abord pour soi uniquement même s’il y a une dimension sociale à l’intérieur. Il est d’ailleurs intéressant de voir les catégories les plus populaires puisque la 1ère catégorie sur Pinterest est lié à la nourriture et à la boisson et donc aux recettes dont on peut s’inspirer. Puis la mode et la décoration, la beauté, le voyage et dans la longue traine la culture nationale comme l’art en France. Pour faire suite à l’épisode sur le RGPD de la semaine dernière, nous abordons évidemment aussi le rapport à la donnée chez Pinterest et selon Adrien, ils ont un usage assez strict de cette dernière. Toutefois, ils ont une base de données hyper intéressante puisqu’ils savent par définition vos réels désirs d’achat. Ici pas de minimisation de la donnée car c’est effectivement de cette manière que le service fonctionne le mieux. Néanmoins, même si le modèle est publicitaire, ils ne semblent pas prêts à vendre cette donnée aux marques ou en tous cas pas de cette manière. Cela serait tellement facile de vendre par exemple aux banques les personnes qui cherchent des idées d’aménagement ou de gros oeuvre... Comment les marques peuvent utiliser la plateforme Adrien met en avant la visibilité ou l’apport de traffic. Ce dernier est parfois remis en question par certain influenceurs avec lesquels j’ai pu discuter d’ailleurs mais d’autres marques semblent vraiment plébisciter Pinterest pour cette raison car une épingle est rarement éloignée d’un acte d’achat. Adrien recommande 3 piliers de présence pour les marques: 1. La création d’un profil pour définir sa marque de manière visuelle 2. Permettre via des boutons simples sur votre propre site pour que les gens puissent épingler facilement le contenu 3. Insérer Pinterest dans sa stratégie de communication externe pour inviter les personnes à venir sur le profil de la marque A mon sens, ce qui est encore plus cohérent, c’est surtout de s’inspirer de Pinterest pour connaître les tendances car à travers le big data de ce que les personnes épinglent, cela peut donner une bonne idée de ce vers quoi il faut aller. Les quelques conseils d’Adrien pour bien gérer son compte Pinterest est évidemment de le mettre à jour régulièrement. A noter qu’en utilisant intelligemment les mots clefs, il y a toute une logique de S.E.O. interne à la plateforme dont on peut tirer profit.
Nina Gosse est avocate au sein du cabinet De Gaulle Fleurance et associés et intervient principalement sur des questions liées à la propriété intellectuelle, aux médias et aux nouvelles technologies, ainsi qu'en matière de données personnelles et est donc pleinement impliquée dans la mise en oeuvre du RGPD. Nous discutons donc avec elle de ce fameux "RGPD" (Règlement général sur la protection des données) ou "GDPR" en anglais (General Data Protection Regulation) qui entre en application dans l'ensemble de l'UE cette semaine. Ok, le sujet n’est pas hyper sexy et vous avez vu passer beaucoup d’articles sur le sujet j’imagine. Toutefois, vos données personnelles sont un élément essentiel de la société actuelle "numérique". Nous avons donc tenté avec Nina d’aborder le RGPD de la manière la plus "décomplexée" et la plus compréhensible possible. Histoire de vous convaincre de l'intérêt pour vous personnellement, regardez ce qui s’est passé en Chine par exemple. Ils ont annoncé qu'ils mettaient en place un système de notation pour distinguer qui est un bon citoyen et qui est un mauvais, tout cela basé sur vos actions du quotidien et donc vos données personnelles. Nous ne sommes pas en Chine mais d’abord, ça sera demain la 1ère puissance mondiale donc on ne peut pas balayer l’information en se disant que c’est « juste » une dictature et parallèlement, je pense qu’il est intéressant de regarder ce qui se passe ailleurs pour se rendre compte de ce qui pourrait arriver en Europe bien sur. Sans aller jusqu'à cet extrême, le développement de l'économie numérique, la prépondérance des algorithmes, les activités de l'Etat, les smart cities,... tout ça nous concerne ici et maintenant. Le RGPD sans prise de tête ! Le RGPD (pas « la RGPD comme je le dis au début du podcast d'ailleurs) est le règlement general relatif à la protection de données En réalité, le RGPD ne représente pas une révolution mais s'inscrit dans la continuité de la directive antérieure de 1995 et de notre loi française (la loi informatique et libertés). Ce Règlement introduit néanmoins certains changements importants, et notamment des obligations plus fortes pour les entreprises, assorties de sanctions financières beaucoup plus élevées. Ce règlement vise à adapter le droit avec l’évolution de la société. Toutefois, beaucoup d'organisations (publiques comme privées) n’étant pas en conformité avec la loi précédente, ces dernières le vivent comme un réel big bang. Les entreprises doivent désormais être en mesure de prouver en permanence qu’elles sont en conformité avec la réglementation. De l’autre coté, il y a un renforcement des droits des personnes, par exemple la portabilité des données personnelles d’un service à un autre. Par exemple, comme le souligne Nina, de passer vos préférences musicales de Spotify à un autre service. Il y a beaucoup trop de raccourcis qui sont faits, par exemple comme l'explique Nina, le RGPD ne change rien quant au consentement qui était déjà présent. Celui-ci est juste réaffirmé afin de remédier à certaines pratiques. C’est une responsabilisation des entreprises, plus de droits pour les individus mais aussi une obligation de se mettre en route. Le RGPD peut être une opportunité de générer de la confiance en réalité, et être source de valeur partagée. Autres sujets abordés: 1. Se mettre en conformité: un challenge pour les petites structures 2. l’IA, la blockchain et la protection de la donnée
Stéphane Hugon est sociologue et je l’ai déjà reçu sur ce podcast pour parler de l'impact des smartphones sur nos générations. Mais cette fois-çi, nous parlons d’une autre tendance: celle du retour à la nature. Si vous habitez en ville et à fortiori à Paris, vous avez sans doute remarqué que vous ressentiez un besoin de plus en plus pressent de vous reconnecter à la nature. Que ce soit à travers la nourriture bio, des marches dans la forêt, voire un déménagement en zone rurale ou semi-urbaine, ou simplement l’arrivée de plantes et de matériaux bruts dans votre intérieur, cette tendance est partout. Il est intéressant de voir ce mouvement de balancier assez fort ces derniers temps entre la sur-urbanisation et cet appel de la nature. Un retour à la terre pour une besoin d’enracinement Comme le souligne Stephane, nous avons d’abord eu un rapport à la terre très fort et ce que nous vivons aujourd’hui est donc un retour à la terre. Dans notre imaginaire profond, nous avions un rapport d’égalité avec la nature mais avec la sédentarisation, l’agriculture et la création subséquente de la ville, nous avons désormais un rapport de prédation avec la nature. Et alors que la ville était une promesse d’émancipation, de liberté et de modernité, elle génère de l’ennui car on y perd les relations primales avec la nature et la communauté. On est, en ce moment, dans un moment particulier de notre imaginaire entre fascination d’un retour au végétal et aux éléments bruts dont on s’est peut être un peu trop éloigné avec l’accélération du modernisme des 30 glorieuses. Le paradoxe de la ville est d’avoir séparé la nature de la culture et de fait, la ville est devenue le lieu de l’artifice. Mais que ce soit à travers les tendances sur Instagram #urbanjungle ou dans l’architecture et le design qui mêlent matières brutes et naturelles, nous essayons de nous enraciner d’une manière ou d’une autre. Il y a une nostalgie dans le rapport que l’on a avec les matériaux de la nature. Selon Stéphane, nous assistons à un basculement entre la société industrielle du 20ème siècle et une nouvelle ère plus en lien avec la réalité de production. Le modèle industriel nous a apporté beaucoup de confort mais a fragilisé le lien social entre les gens qui produisent et les gens qui consomment. Derrière la nostalgie de la terre, il y a une manière subtile d’essayer de reconstituer des formes communautaires et artisanales, qui permettent de donner un rôle à chacun et de créer une co-dépendance. Cela donne un esprit de groupe et de l’utilité à chacun. D’ailleurs, il y a plusieurs décennies le mouvement luddiste voulait déjà détruire les machines car si elle produisaient plus vite, elle détruisaient le lien social. La nature: une culpabilité de dévastation En Europe, nous avons un rapport de culpabilité vis à vis de la nature qui ne se retrouve pas nécessairement dans d’autres pays. Ainsi, nous essayons de rétablir un rapport de l’Homme avec son environnement. Comme l’explique Stéphane, après une tendance à la standardisation des fruits et des légumes (poids, couleurs, formes, tailles), il y a toute une tendance autour du cuisiner ensemble mais aussi dans le plaisir d’éplucher soi-même ses légumes, s’émerveiller de la couleur et du toucher des légumes sans parler de cette campagne publicitaire pour les fruits et légumes « moches ». Le « bio » nous rappelle cette mémoire ancienne du rapport à la nature. Toutefois, selon Stephane Hugon, le végan s’inscrit dans un paradoxe car il fait intervenir des émotions humaines (un rapport de non prédation, de sensibilité) dans le rapport à la nature qui est basé sur la « loi de la jungle ». Loin de promouvoir l’abattage en chaîne et l’industrialisation de masse de la production de viande, il remet par contre en cause les fondements du végan.
Fabrice Nadjari est un entrepreneur français vivant entre Paris et Los Angeles. Je l'ai déjà reçu sur ce podcast pour un sujet tout à fait différent mais vous allez voir qu'il est particulièrement pertinent ici aussi. Je reviens avec lui sur cette ville trop méconnue en France et surtout dont on ignore l’attrait actuel pour les américains. Quand on habite (ou que l’on a habité NYC), on sait à quel point, les new-Yorkais adorent leur ville d’adoption (en général) et se moquent de ceux qui ont choisi de vivre ailleurs. Mais depuis 2 ou 3 ans, pour la première fois, NYC regarde L.A. et on voit de plus en plus de personnes vivant à NYC partir de l’autre coté du pays. A un point tel qu’il est difficile d’ignorer qu’il s’agit d’une tendance et par conséquent que cela mérite de s’y intéresser. Los Angeles est à la parfaite croisée des chemins Comme nous l’explique Fabrice, sur les 5 dernières années, il y a une vraie mutation de Los Angeles. Historiquement, cette ville a été principalement mono industrie autour du divertissement et de Hollywood. Evidemment, comme il le souligne, si on regarde un peu dans le détail, il ne s’agit pas d’une seule industrie mais de plusieurs verticales (effet spéciaux, son, vidéo…) qui ont permis à L.A. de prendre le devant de la scène du divertissement dans le monde entier. Ainsi, il y a encore 10 ans, près de 80% des personnes vivant à L.A. étaient employées de manière directe ou indirecte par Hollywood. Toutefois, il y a eu sur ces dernières années, la convergence de plusieurs phénomènes: D’abord l’arrivée de plusieurs artistes contemporains qui venaient chercher de l’espace car NYC était devenue trop chère. Par ailleurs, une scène technologique s’est développée avec, en fer de lance, Snap mais aussi Netflix ou encore Tesla pour ne citer que les plus connues bien sur. Désormais, il existe une « Silicon Beach » dans laquelle beaucoup d’investisseurs et de start-ups très sérieuses s’installent. Finalement, ce qui est intéressant à L.A., c’est cette rencontre entre la technologie, la créativité, ses capacité de story telling mais également la qualité de vie et la capacité de diffusion de l’information ancienne et moderne via les influenceurs. Les dirigeants européens font encore beaucoup de visites de S.F. et N.Y.C. sans nécessairement savoir que la ville dans laquelle ils méritent de passer du temps aux U.S. est désormais plutôt Los Angeles. Los Angeles: une ville où il fait bon vivre Evidemment, Los Angeles est parfaitement située quand il s’agit d’avoir une qualité de vie idéale. D’abord, vous êtes au bord de la mer mais vous êtes également très proche de la nature, il y fait beau toute l’année. Mais comme si cela ne suffisait pas, c’est une ville très dense mais espacée ce qui implique que les logements sont beaucoup moins chers qu’à NYC ou SF. Fini la vie dans une boite à chaussures. Par ailleurs, comme les gens vivent de manière plutôt dévêtues, ils font également attention à leur physique et leur santé et c’est donc, à l’échelle des U.S., une ville dans laquelle beaucoup de tendances autour d’une vie plus saine et équilibrée démarrent. Cela est donc très pertinent pour les start-ups qui ont compris (et aux U.S. cela a beaucoup d’importance) que la qualité de vie des employés est très liées avec l’attractivité de l’entreprise mais aussi avec la productivité in fine. En France, nous sommes plus suspicieux (à tort) et donc nous pourrions avoir tendance à penser qu’en mettant ses salariés au bord de la plage, ils feraient plutôt bronzette/pétanque qu’autre chose. Comme le souligne Fabrice, L.A. permet de se déconnecter complètement et en 30 minutes d’être en RDV avec le directeur de Netflix. Ce qui en fait nécessairement une ville très particulière.
Bien manger aujourd’hui, c’est devenu un combat, nous voulons tous prendre soin de notre santé par l'alimentaire. Isabelle Saporta est une journaliste mais aussi une auteure spécialisée sur l’industrie agro-alimentaire et sur le bien manger donc. Elle a écrit le livre noir de l’agriculture, vino business ou encore «du courage » et a été à l’école de Jean Pierre Coffe qui l’a  mis sous son aile très tôt. Le moins que l’on puisse dire est qu’Isabelle n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux car le sujet de la nourriture nous préoccupe tous. D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai voulu la recevoir. Il y a une tendance très forte autour du bien manger. On se pose beaucoup de questions sur ce qu’il y a de mieux pour notre santé sans trop savoir à quel saint se vouer. L’agro-alimentaire: la 1ère industrie de France « Un esprit sain dans un corps sain », nous avons tous cette phrase en tête évidemment même si nous l’avions perdu de vu ces dernières décennies. Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis quelques années, on s’y intéresse de plus près. Ainsi, on voit fleurir un peu partout des restaurants Vegan, la tendance Bio s'est durablement installée, l’intolérance au Gluten semble avoir touché une partie importante de la société etc…. De fait, comme le rappelle Isabelle, la nourriture est une question de plus en plus prégnante dans notre société. Les gens veulent bien manger mais ils ne savent plus comment faire. Les normes arrivent dans tous les sens, accompagnées de leurs amis les labels mais aussi des concepts marketing pour finalement arriver à se poser des questions telles que « extracteurs de fruits » ou « blender »… pour finalement y passer 3h sur des forums et autres sites spécialisés (oui c’est du vécu). Il est donc intéressant de se replonger dans cette tendance en particulier en France, pays de « la bouffe » s’il en est. Pour Isabelle, il y a eu une déconnexion évidente entre les consommateurs et leurs assiettes, les courses sont devenues une corvée, manger parfois une simple nécessité, on en arrive même à des enfants plus vraiment capables de discerner un légume d’un autre. Il faut donc que tout le monde (hommes et femmes) retournent aux fourneaux avec plaisir mais aussi peut être mieux éduquer nos enfants à l'école ou au sein même du foyer en allant faire le marché. Les normes sanitaires manquent de logique Evidemment ces normes sont essentielles car elles permettent de manger des aliments sains et doivent nous protéger. Néanmoins, l’industrie agroalimentaire et la politique avec elle ont décidé que la seule solution pour nourrir à bas prix tout le monde devait nécessairement passer par une agriculture intensive et productiviste. Par conséquent, plutôt que de reprendre du bon sens paysan, on ajoute des rustines sur des solutions déjà pas idéales. Par exemple, quand on se rend compte que les porcs sont malheureux dans les fermes intensives, plutôt que de trouver une solution alternative (qui consisterait à les laisser un peu plus en liberté et surtout pas seuls puisque ce sont des animaux sociaux), on leur donne des anti dépresseurs. Idem pour les hommes et les femmes qui travaillent dans ces fermes, tout le monde ou presque est donc sous anti dépresseurs. Isabelle critiquent énormément ces normes qui sont souvent érigées par l’industrie agro-alimentaire pour protéger cette même agriculture intensive. La porte de sortie: éveiller les conscience pour mieux s’alimenter La solution pour bien s’alimenter reste simple: être au plus proche (circuit court ou amap) et manger un produit (bio de préférence) le moins transformé possible. La question par contre est de savoir comment organiser cela de manière plus systématique. Evidemment, selon Isabelle, il faudrait repenser la manière dont sont utilisés les 10 milliards d’Euros versés par la PAC. Finalement, c'est un vrai combat politique que l'on a dans son assiette 3 fois par jour.
Matthieu Stefani est un entrepreneur, il est aussi le fondateur du podcast Génération do it yourself à travers lequel il interviewe des personnes qui se sont lancées afin de pouvoir comprendre les secrets de leur réussite. Matthieu est l’une des personnes qui m’a donné envie de créer mon propre podcast, il est donc naturel de le recevoir sur Vlan pour en discuter avec lui. J'avais d'ailleurs moi-même été invité sur son podcast il y a plusieurs mois. Même si le podcast a 10 ans, il se découvre une nouvelle jeunesse et explose un peu partout dans le monde. Les podcasts: le dernier espace pour libérer le ton Comme le souligne Matthieu, les podcasts ont, pendant longtemps, été considérés uniquement comme une manière de rejouer les émissions radio dont on avait pu manquer le direct. Seul Arte a créé un programme indépendant pour les podcasts avec des créations vraiment réussies mais dont on peut regretter la diffusion limitée à des espaces propriétaires. À l'instar des radios libres dans les années 80, les podcasts fleurissent dans l’hexagone et permettent une nouvelle liberté et fraîcheur de ton. Studio 404 a été l’un des précurseurs et d’autres sociétés de production comme Binge ou Nouvelles Écoutes avec le fameux la poudre de la talentueuse Lauren Bastide mènent le pas. D’ailleurs, avec génération XX, Chiffons ou encore Change ma vie, les femmes ont vraiment pris le devant de la scène du podcast en France avec des contenus très pertinents dans leurs domaines respectifs. Comprendre le succès des podcasts Quand on demande à Matthieu la raison du succès des podcasts, il avance plusieurs hypothèses. D’abord évidemment l’attention partagée disponible. Dans un monde où l’attention est en constante stimulation, il devient de plus en plus dur de se frayer un chemin en tant qu’éditeur de contenus mais aussi, en tant que consommateur de se faire une curation efficace. Nous en sommes rendus à ne plus consommer de contenus longs en raison d’un zapping qui devient compulsif. Zapping qui s’explique également par la transformation des news qui ne sont devenues que des copiers-coller de ce que produisent les agences de presse. Pour Matthieu, dont je rejoins l’analyse, les podcasts s’inscrivent dans le temps long, un temps d’analyse, d’intelligence et de savoir. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les auditeurs de podcasts dans leur très grande majorité consomment l’intégralité du podcast qu’ils écoutent que ce dernier dure 10 minutes ou 2h30. Les différentes applications permettent l’écoute en plusieurs fois sans avoir besoin d’être connecté à internet (métro, avion…). Aussi, l’audio est un média très intime comme le souligne Matthieu, cela permet vraiment d’aller plus loin dans la manière d’envisager le contenu. D’ailleurs, les médias et les marques ne s’y trompent pas. Les Echos ont ainsi lancé leur podcast, Canal Plus vient de lancer une série audio et des marques s’intéressent de plus en plus à ce phénomène évidemment, d'où le lancement de Plink. Des conseils pour se lancer Par de là tous les conseils opérationnels, Matthieu reste convaincu que le conseil le plus important est de se lancer d’une manière ou d’une autre. Selon lui, il faut essayer quitte à être à côté et s’améliorer sur le chemin bien entendu. Toutefois, il y a quelques éléments indispensables comme de se trouver un thème. Dans ce cadre, il est important de savoir que les podcasts peuvent être très spécifiques. Par exemple, aux U.S. il y a plusieurs podcasts ayant pour unique sujet une série télévisée comme The Walking deads. Une fois ce thème défini, il faut essayer de trouver des sujets et voir si c’est possible de tenir sur la durée car à l’instar d’un blog, l’audience d’un podcast se construit sur un temps long.
Stéphan Eloise Gras est docteur en philosophie et en sciences de l’information et fait une thèse sur l’économie de l’attention en particulier sur la musique et les sons. En l’écoutant, on se rend compte que la musique mais plus largement le son sont au coeur de l’économie de l’attention et que surtout, en qualité de média divertissant par excellence, c’est aussi la première industrie à avoir été totalement disruptée par le digital. Dès lors, il est évident qu’il existe des enseignements forts pour les autres médias ou typologie de contenus. Stéphan Eloise en travaillant plus spécifiquement le sujet a eu 2 interrogations majeures: D’abord de comprendre pourquoi on parle mal de la musique en le réduisant à un simple divertissement quand il y a un vrai business derrière mais aussi de mieux définir sa dimension esthétique ainsi que l’émotion qu’elle transmet. Des algorithmes pour vous proposer précisément ce dont vous avez envie Afin de capter l’attention, les industries ont besoin d’avoir un maximum de données sur les individus (like, commentaires, écoutes, consommation de manière générale) afin de générer des profils de goûts. Il est intéressant de noter que comme pour tous les sens, le son n’échappe pas à une analyse profonde de ces derniers. Les neurosciences peuvent véritablement définir ce qui nous fait réagir de manière profonde par exemple de comprendre comment la musique nous affecte. L’algorithme Echo Nest, acheté par Spotify est ainsi capable de croiser des données d’origines acoustiques avec des données d’usage. Cela a d’ailleurs permis le développement d’algorithme permettant d’analyser l’émotion, par exemple dans la voix pour déterminer ce que vous ressentez au moment ou vous parlez. Cela permet d’ailleurs d’avoir des propositions de contenus (musicaux ou autres) en fonction de votre humeur du moment. Au final, comme Stephan Eloise le souligne parfaitement bien, le paradoxe intéressant sur lequel s’appuie les plateformes de streaming est de proposer une expérience unique mais finalement très standardisée. On ne découvre plus rien, on ne retient plus nécessairement le nom des artistes qui passent dans nos playlists, on consomme la musique. Au final, Stéphan Eloise envisage plusieurs éléments essentiels: 1. La musique a vraiment une antériorité sur toutes les autres industries culturelles et on voit venir la fin d’un monde occulo-centré. Avec une analyse plus fine de l’humain, on a vraiment réussi à disséquer ses capacités à regarder, gouter, sentir ou entendre évidemment. En étant la première industrie à être totalement révolutionnée, il est logique que désormais nous revenions à ce média central dans notre attention mais aussi dans nos usages. La voix revient au centre. 2. Il est évident que le web a rendu totalement caduque la quasi intégralité des logiques autour des droits d’auteur et de propriété intellectuelle des contenus en particulier par le développement de l’UGC mais aussi et simplement la reprise et/ou la transformation d’éléments existants. La aussi la musique montre la voie bien entendu. 3. Il existe une force fictionnelle très forte dans le son qui vient d’un certain rapport au corps. Finalement les technologies nous oblige à repenser notre rapport au corps et aux émotions Le son va revenir au centre de l’attention Parce qu’on est de plus en plus dans le marketing expérientiel, nos sens vont être de plus en plus sollicités. Dans cette quête, il est prouvé dans l’histoire des neurosciences que le son et la musique en particulier ont une place centrale pour déclencher de l’émotion et pour parler directement au coeur. Il est donc logique que le son revienne au centre. Toutefois, il ne faut pas associer qualité et expérience selon Stephan Eloise car la manière de définir la qualité peut beaucoup évoluer. La question est de savoir ce que l’on est prêt à accepter et de définir ce qui fait du bien ou ce qui n’en fait plus.
Stéphane Hugon est sociologue et est le fondateur du cabinet Eranos. Nous envisageons ensemble un outil qui ne nous quitte jamais: notre smartphone. Il y a eu en septembre cet article exceptionnel dans The Atlantic  sur les smartphones et j’ai voulu en repartant de cet article reprendre avec Stéphane l’impact que ces derniers pouvaient avoir en particulier dans notre culture française. En bon marketer, je pense que le numérique nous oblige à revenir aux fondamentaux des sciences humaines pour mieux comprendre comment et pourquoi nous agissons. Et bien sur, n'hésitez pas à vous abonner sur Apple podcast pour ne rater aucun épisode. Le smartphone accentue un retour de balancier naturel Si les smartphones sont nos contemporains depuis un peu plus de 10 ans, il est important de repartir du lien entre les personnes et l’objet technique comme élément de médiation entre elles. Comme nous l’explique Stéphane, depuis les années 50, en occident, nous avons une quête très importante d’émancipation individuelle et d’autonomie. Ors, dans l’imaginaire collectif, l’objet technologique nous aide à ne pas subir l’altérité mais aussi à augmenter notre pouvoir sur notre environnement social. Dans ce même mouvement, nous avons eu d’ailleurs eu beaucoup de héros solitaires servis par l’industrie hollywoodienne. Toutefois, selon Stéphane Hugon, nous sommes arrivés à un point de saturation au milieu des années 90 car à force de pousser cette autonomie et de ne pas vouloir subir les autres, nous avons abouti à une peur du vide et de l’ennui. Finalement les lieux où l’on trouvait des éléments d’accomplissement de soi (la famille, le religieux, le travail, la politique et la vie publique) ont été largement chahuté dans cette quête. La conséquence a été un retour de balancier et donc une non-volonté d’échapper à tout ce que l’on fuyait auparavant. Selon Stéphane Hugon, c’est donc ce mouvement de balancier qui explique cette volonté presque maladive de recréer du lien social et donc de trouver sa tribu, sa sphère mais aussi de se recentrer. Aujourd’hui pour devenir quelqu’un, il faut prouver qu’on existe dans le regard de l’autre. D’ailleurs, Stéphane d’expliquer que le Selfie n’est pas vraiment un acte purement narcissique car il ne s’accomplit pleinement que s’il est partagé. C’est donc bien le regard de l’autre et son jugement qui sont essentiels et qui me permettent de devenir moi même. Il y a d’un coté une construction de soi et de l’autre un public de référence auquel on souhaite plaire. Le smartphone est une promesse de l’autre mais…. Le smartphone est donc un outil qui permet de se connecter à l’autre avant tout mais en réalité, on le remarque, les jeunes n’ont jamais été aussi seuls. C’est donc une relation inaccomplie car techniquement le passage à l’acte n’advient presque jamais. Cela maintient donc l’adolescent dans une expérience qui est « en deçà de l’experience ». Cela remet en cause des questions aussi importante que : Qu’est-ce qu’un ami? Qu’est ce que le lien social? Qu’est ce qu’une relation? Ces liens digitalisés amènent finalement à des relations molles selon Stéphane Hugon. Toutefois, ce dernier affirme que cela reste une transition et reste convaincu que les technologies vont nous permettre demain de nous amener à des relations fortes et entières portées par un mouvement long d’un besoin de ré-enracinement avec notre environnement culturel, social et naturel. Le smartphone ne peut et ne doit pas se substituer aux relations sociales il est évidemment essentiel que les jeunes comprennent ces technologies, développent cette culture mais d’un autre coté ca ne doit pas isoler l’adolescent.
Esther Perel est thérapeute de couples, conférencières, auteur et est spécialisée dans les relations amoureuses. Esther est une célébrité outre-atlantique avec plus de 20 millions de visionnage de ces TED, ses conférences se remplissent en quelques minutes aux 4 coins de la planète, elle a été élue meilleure conférencière à SXSW 2018 et Alors qu’elle sort son nouveau livre sur l’infidélité « Je t’aime, je te trompe » dans sa version française, nous revenons avec Esther sur plusieurs éléments: Qu’est ce qui a tellement changé dans les relations aujourd’hui? Quels impacts ont les technologies sur les relations amoureuses? Comment évolue le lien homme/femme? Une conversation passionnante avec la papesse de la relation amoureuse. N'hésitez pas à vous abonner à ce podcast sur Apple Podcast bien sur! Nos relations amoureuses ont été bouleversées sur ces dernières années Dans le passé tout était très bien structurée, il y avait de nombreuses règles qu’il s’agisse de notre vie professionnelle, amoureuse, religieuse ou plus largement sociale et chacun les respectait jusqu’à leur mort. De la même manière les rapports entre les hommes et les femmes étaient décidés à l’avance que ce soit pour définir la personne qui nourrit l’enfant, celle qui s’occupe du foyer, celle qui décide du sexe, celle qui ramène l’argent au foyer etc…. Ors, aujourd’hui on se retrouve dans un modèle dans lequel chacun doit prendre des décisions importantes, il y a, en quelque sorte, un trop plein de liberté. Cette liberté amène de l’embarras, de la confusion, de l’incertitude mais aussi de la solitude. Evidemment il n’y a pas de solutions simples mais il existe des paradoxes à équilibrer. Le 1er de ces paradoxe est de comprendre la relation entre moi et l’autre. Est-ce que je mène mes relations en me mettant au centre ou est-ce que je mets les autres et leurs attentes au centre? Et par conséquent, cela permet de répondre à une question plus large qui est de savoir le droit que je souhaite m’octroyer dans la poursuite de mon bonheur. Car je peux le poursuivre même s’il a des conséquences néfastes pour l’autre. Le 2ème est que dans le couple intime, on attend d’une seule personne ce que l’on attendait avant de toute une communauté. C’est à dire que l’on souhaite que la personne nous permette de construire une famille, d’avoir un compagnon, un soutien économique mais désormais on lui demande aussi d’être le meilleur ami, le confident, l’amant etc…au final j’attends d’une seule personne l’ancrage et la stabilité mais aussi l’aventure, la nouveauté, la surprise etc…. la fameuse « âme soeur » qui devient la solution magique de toute la solitude existentielle que l’on peut ressentir. La sexualité a également été bouleversée puisqu’un d’un acte reproductif à un acte récréatif. La sexualité était un atout économique car l’idée était évidemment de faire des enfants qui étaient alors des aides pour le foyer. Nous avons évidemment totalement changé de modèle, Dès lors, le sexe ce n’est pas quelque chose que je fais mais quelque chose que je suis, c’est donc un élément identitaire. En particulier, pour les femmes, le sexe était un devoir conjugal et rien de plus alors que désormais il est un désir, ce qui implique devenir maître de sa volonté. Le sexe est même passé d’un modèle récréatif mais dans une histoire malgré tout à un modèle comodifié pour certain cas, c’est à dire qu’il est pratiqué volontairement des 2 cotés sans qu’il n’y ait d’histoire particulière autour. Le digital dans les relations amoureuses est-il générateur de solitude Comme le souligne Esther, cette recherche de bonheur de son vivant est un concept tout à fait nouveau. Auparavant, la vie était miséricordieuse pour pouvoir accéder au bonheur après sa mort au paradis. Cette notion de la poursuite du bonheur et que l’on se doit d’être heureux est assez recent. Dès lors, la survie de la famille dépend essentiellement du bonheur du couple.
Eric Ducournau est le PDG du groupe Pierre Fabre Dermo-Cosmétiques et par conséquent, sa vision de la transformation du business model à l’ère digitale est nécessairement intéressante. Cette partie du groupe Pierre Fabre représente 1,4 milliards d’Euros de Chiffre d’Affaires (dont 70% à l’international) avec des marques comme Avène, Klorane, Galénic, Ducray ou encore René Furturer par exemple. Ce que j'ai toujours apprécié chez Eric Ducournau, c'est sa proximité, sa compréhension des challenges sans "digital washing" mais aussi son suivi très opérationnel mais je vous laisse en juger bien sur. La transformation digitale est d'abord culturelle A l’heure ou L’Oréal annonce une acquisition majeure (Modiface) autour de la réalité augmentée et de l'intelligence artificielle, Eric Ducournau du groupe Pierre Fabre mise surtout sur l’humain, les racines de l'entreprise et l'innovation pour le service au clients. Les 2 groupes étant difficilement comparables néanmoins que ce soit par la taille ou par la philosophie. Comme le rappelle Eric Ducournau, au sein du groupe Pierre Fabre, on écoute beaucoup les 8 000 collaborateurs, d’autant plus que chaque marché est très différent l’un de l’autre. On y reçoit également beaucoup les partenaires (pharmaciens, médecins…) qu’ils écoutent également avec attention afin de mieux comprendre les besoins du terrain. La revendication du groupe est d’être beaucoup plus terrien, c'est sans doute pour cela que la marque possède son siège en province car cela donne une culture particulière au groupe. Finalement, dans ce monde hyper communicant, la différence de Pierre Fabre se veut d’être plus authentique. Afin de décloisonner, fluidifier les échanges et de générer plus de collaboration, ils ont également modifié l’espace de travail en s’inspirant largement des espace de « co-working ». Ainsi les collaborateurs peuvent accéder au wifi à l'extérieur mais aussi sur des espaces collaboratifs afin de permettre aux collaborateur de ne pas rester derrière leur bureau toute la journée. Selon Eric Ducournau, cela peut vraiment créer de la valeur ajoutée pour le groupe. Ils ont également décloisonner entre les pays pour s’assurer que les pays puissent apprendre les uns des autres et en particulier de ceux qui sont en avance dans leur digitalisation. Le business model à l’ère digitale Pierre Fabre est avant tout un industriel mais ce qui change fondamentalement aujourd’hui, c’est le fait de s’intéresser de manière beaucoup plus précise au consommateur. Finalement les groupes industriels sont passés d'un modèle B2B2C à B2C sans vraiment l’avoir cherché. La question essentielle pour Eric Ducournau est donc bien d’intégrer les retours des consommateurs dans la création de valeur de chacune des marques. Selon Eric Ducounau, il faut remettre en cause la hiérarchie de la création de valeurs et remettre tout le monde en capacité de créer de la valeur. Il ne s’agit pas seulement de modifier le mode de fonctionnement mais de lâcher prise sur nos habitudes anciennes qui ne fonctionnent plus aujourd’hui. Les marques doivent se mettre en position de risque pour gagner le challenge de la révolution liée à la transformation digitale. D'ailleurs, pour lui, il faut nécessairement décentraliser pour réussir à relever ce challenge. Après une période de mondialisation et de concentration des pouvoirs au siège, les marchés doivent reprendre du pouvoir pour être plus proche des consommateurs. L’essentiel n’est plus vraiment la distribution mais plutôt d’être très en relation avec les attentes des consommateurs. C'est toujours passionnant de parler de business model et de la vision de l'intégration du digital dans un groupe établi depuis des décénies. Eric Ducournau nous prouve qu'on peut être établi et garder sa vélocité, que remettre en question l'ordre établi est évidemment essentiel pour réussir.
Emilie Vidaud est journaliste et elle a eu un social calling, c’est à dire un besoin de redonner du sens à son travail. C’est ainsi qu’elle a décidé d’écrire un livre. Ainsi, elle a été interviewé plus d’une centaine d’entrepreneurs sociaux pour finalement choisir de raconter l’histoire de 15 ambassadeurs qui constituent « social calling ». Ce podcast ne devient pas un podcast de développement personnel (je vous rassure) ni de ressources humaines mais je crois qu’un marketer doit absolument comprendre les tendances qui rythment son époque pour être efficace dans son métier. Et puis, dépassant le marketing, finalement ce podcast est à mon image, je suis ravi d’inviter toutes les personnes qui m’inspirent au quotidien donc j’espère que vous apprécierez cette conversation avec Emilie Vidaud. Redonner du sens: un changement de paradigme Selon Emilie, il y a un changement de paradigme fort qui nous vient des U.S. avec une volonté dans les entreprises de ne plus être seulement centrées sur le profit mais aussi de regarder l’impact que l’on peut avoir à une échelle planétaire. D’ailleurs, aux U.S. ou en Allemagne, il existe des formes juridiques d’entreprises qui permettent de créer des associations en faisant du profit. Il y a un acceleration sur les dernières années, mais déjà Marx disait que « le seul travail vivant est celui qui produit du sens », il y a donc un vrai lien entre les 2 depuis des décennies. Mais désormais on remarque que 1 français sur 2 rêve de tout plaquer parce qu’il ne se sent pas à sa place. Pour Emilie, cette quête de sens est liée au digital car ce dernier a décuplé notre accès à la connaissance. Désormais, on se pose beaucoup de questions et nous avons donc une prise de conscience beaucoup plus grande. Et gagner de l’argent ne suffit plus, on a une vraie volonté d’avoir un impact positif sur la société. Selon Emilie, il n’y a ni gentrification ni « genrification » dans cette quête de sens. On peut avoir ce que Emilie nomme « un social calling » quelque soit son origine sociale, sa religion, son genre ou autre, tout dépend de ce que l’on traverse dans la vie bien évidemment. La Génération Z : une génération plus militante Elevée au digital, cette génération se sait pleine de pouvoir pour agir. C’est le défi de la génération Z: faire face au changement climatique et à la raréfaction des ressources. Et si c’est indispensable pour la génération Z, cela a forcément un impact sur les entreprises qui ont besoin de recruter ces personnes. Il y a plusieurs défis pour les dernières. En effet, elles doivent désormais répondre à un triple projet, sociale, économique et sociétal. Elle doivent être dans l’action ce qui veut dire de s’engager avec une obligation de moyen en inscrivant dans leurs statuts leur volonté d’avoir un impact. Une entreprise ne doit plus être au service de ses actionnaires mais aussi et surtout au service de l’Homme et de son environnement.
Fabrice Nadjari est un stratège de contenus de marques basé en Californie et à ce titre, il s’intéresse à l’anthropologie culturelle dont la quête de spiritualité et par conséquent les chamans et les rites chamaniques. Fabrice constate que comme dans toutes les périodes à forte croissance technologique, on assiste à un retour du religieux et du spirituel. Mais la spiritualité peut être séculaire donc déconnectée des dogmes religieux. On voit également une tendance de fond autour du bien être qui est composée selon Fabrice de 5 éléments essentiels: le bien être physique, le bien être émotionnel, le bien être social, le bien être professionnel et le bien être spirituel. Enfin, on assiste un peu partout à un retour du fait religieux dans nos sociétés dans un contexte ou on se sent déconnecté de soi même et des autres à cause de la technologie. Les Chief Happiness officer ne sont qu’un début…. Plusieurs indicateurs de la montée de la spiritualité dans nos vies et dans le milieu corporate commencent à être visibles: D'abord la croissance du yoga, de la méditation ou encore du pilates dans les entreprises mais selon Fabrice, ces dernières pratiques sont encore douces et forment une sorte de couche superficielle de savoirs millénaires réadaptés aux besoins du cadre moderne. Toutefois, si on gratte un peu, il y a des choses beaucoup plus profondes qui émergent en Californie. Les plantes comme traitement préventif, comme une manière de se connaître mieux, de se connecter et de faire l’expérience de la transcendance. Le microdosing de LSD ou de champignons hallucinogènes est très tendance dans les plus grandes entreprises de la Silicon Valley. Il s’agit de prendre de manière quotidienne une dose très légère de produits qui permettent d’ouvrir les connecteurs de son cerveau sans aller jusqu’à un trip évidemment. Cela permet d’être plus concentré mais aussi plus créatif et efficace parce que plus en phase avec soi même. Vous ne le croyez pas? Ils en parlent même dans le Financial Time! Autre tendance très forte: l’Ahayuesca (plante sacrée des indiens dAmazonie qui permet de faire une plongée en soi) commence à arriver un peu partout en Europe. Comme le précise Fabrice, elle est de plus en plus utilisé par un certain nombre d’esprits éclairés pour essayer de mieux se connaître et d’avancer dans leur quête de la vie. Finalement, on voit déjà des comités de direction faire des expériences d'ahayuesca ensemble et on peut envisager, selon Fabrice, dans un avenir proche l’arrivée de Corporate Chamans, c’est à dire des personnes capables de comprendre et d’incorporer ces sciences millénaires dans l’entreprise afin que les salariés se sentent plus centrés et donc plus efficaces. Finalement ces plantes permettent de prendre de la perspective par rapport aux problèmes que l’on rencontre. Et, si on revient aux 5 éléments essentiels de bien être auxquels Fabrice faisait référence, le yoga et la méditation aide pour les premiers mais les plantes peuvent permettre d’atteindre les autres points. Le futur du travail intégrera vie personnelle et professionnelle Quand on envisage le futur du travail, il est intéressant de noter que l’on distingue de moins en moins vie perso et vie pro. D'ailleurs, les espaces de co-working comme WeWork en sont l’expression. D’un point de vue technologique, on voit aussi que les tendances vont vers de la low tech mais aussi vers un usage des technologies pour nous aider à nous reconnecter à nous même entre le thérapeutique et le holistique. Comme le conclut Fabrice, un dirigeant qui est plus aligné, plus humain, plus emphatique, qui est clair dans sa vision du monde et de son organisation est simplement un meilleur leader. Les organisations ont donc tout intérêt à faciliter ce chemin d'où l'arrivée probable de chamans dans les structures.
Nicolas Chabot est le Vice Président Europe de Traackr, une plateforme d’IRM (Influencer relationship management) donc une plateforme qui permet de gérer les relations avec les influenceurs. Ils ont créé un white paper avec l’analyste américain Brian Solis pour expliquer les impacts organisationnels du marketing d’influence. Ils ont réalisé que le marketing d’influence prenait de plus en plus de poids dans les marques et que cela participait ou devait pleinement participer à la transformation « digitale » de ces dernières. Le fait de véritablement intégrer les influenceurs dans les stratégies de marques génèrent de nouveaux challenges bien plus complexes que ceux que l’on pourrait envisager à priori. De plus en plus, les annonceurs reprennent en direct les relations avec les influenceurs même si les agences restent très importantes pour la partie créatives évidemment. Voici les 10 points les impacts du marketing d’influence 1. Enjeux financiers: On ne peut plus organiser en fonction des campagnes mais en construisant un programme sur l’année. Il s’agit donc de créer une nouvelle ligne budgétaire sans que cela soit nécessairement adossé à un lancement produit. 2. Collaboration Le marketing d’influence peut toucher plusieurs départements (RP, Social, Marketing, plusieurs marques d’un même groupe, service clients, les boutiques et la vente) et cela génère des enjeux de collaborations internes car il s’agit de proposer à l’influenceur un point d’entrée unique pour une expérience unifiée. 3. Global & Local Dans les grands groupes, les influenceurs ont toujours été géré au niveau local. Mais à présent, les équipes au global voire des zones (Europe, Asie, Afrique, Amérique) commencent à s’intéresser au sujet et à interjeter. Par conséquent, cela génère des complexifications qu’il faut traiter nécessairement. 4. L’intégration dans les stratégies de communication Nicolas reprend l’exemple de Nissan qui a désormais passer le département influence au marketing et opérationnellement, cela a permis de remonter d’un cran la manière d’utiliser ce levier. Cela implique des budgets différents mais aussi une intégration beaucoup plus complète dans la réalité de la marque. 5. Impact au département achats Le budget influenceurs était avant un élément à la marge d’une stratégie de communication mais désormais cela prend une place de plus en plus prépondérante et par conséquent, le département achats doit mieux comprendre ce business. Il faut donc mieux contractualiser et encadrer pour optimiser les investissements. 6. Au département droit Comment les influenceurs annoncent qu’ils sont payés? comment gérer l’authenticité des influenceurs? Quelle est l’implication des marques dans le fait que les influencers disent bien qu’ils ont été payés? Comment je m’assure aussi que les influenceurs ne prennent pas la parole de manière contraire avec une marque? Et si c’est le cas, comment réagir? Tous ces éléments sont de nouveaux challenges pour les marques évidemment. 7. Quelle positionnement de l’agence d’influence? Comment j’intègre une ou plusieurs agences, les MCN et tous ces prestataires qui gravitent autour du marketing d’influence 8. Impact au niveau des R.H. Quelles sont les compétences qui sont nécessaires pour ces nouveaux postes? De plus en plus on voit apparaitre des « VP of Influence », il faut donc se poser la question de ce que cela veut dire précisément. 9. Les données et les tableaux de bords Il y a un vrai besoin d’être plus clair sur les indicateurs clef de succès (K.P.I.) puisqu’on y investit de plus en plus d’argent. 10. L’impact de la technologie A partir du moment ou le programme commence à devenir stratégique pour les marques, il y a beaucoup d’agences mais aussi de technologies nouvelles qui naissent pour accompagner les marques.
Frédéric Montagnon est un entrepreneur, « expert » sur la blockchain et les cryptomonnaies. Il a dernièrement fondé Legolas Exchange, une plateforme d’échange de crypto monnaies professionnelle et transparente. Depuis l’avènement d’Internet, j’ai rarement vu un sujet autant polarisé entre ceux qui expliquent que c’est le futur d’Internet et ceux qui vous disent que tout cela n’est qu’une vaste blague qui retombera comme une crêpe molle. Mon avis est que la Blockchain est la prochaine immense révolution à venir et il s’agit bien de comprendre ce qui est en train de se passer. Internet était la révolution de l’information, la blockchain sera la révolution des transactions et des contrats Finalement si on prend un peu de recul, Internet est une manière de révolutionner l’information puisque l’on est capable en la divisant par petits paquets de la transférer n’importe où très rapidement et sans trop d’échec (aujourd’hui). Par information, on entends: email, paiement, photos, vidéos etc…. La blockchain s’attaque à un autre élément fondateur: les transactions et les contrats. Aujourd’hui un contrat est un document ou une série de documents (tickets de caisse, contrat de garantie, certificat d’authenticité…) mais que l’on perd facilement, que l’on peut falsifier facilement, qu’on ne peut pas vraiment transmettre aisément non plus. La blockchain c’est un base de données où l’on va stocker des informations de contrats avec la garantie d’une date et d’un contenu, le tout en s’assurant que cela soit non falsifiable dans le temps. L’exemple que reprend Frédéric dans le podcast est l’achat de médicaments par exemple et le besoin de vérifier que ce ne sont pas des contrefaçons. Un besoin vital dans de nombreux pays Via la blockchain, je vais pouvoir vérifier que le numéro a bien été donné par un laboratoire, que le produit doit bien se trouver dans la pharmacie dans laquelle je suis actuellement, la date de création et de péremption et qu’il n’a pas été copié par quelqu’un d’autre. Bref, c’est l’assurance d’une représentation numérique d’un objet physique.
Stephan Eloise Gras est docteur en science de l’information et docteur en philosophie mais elle a également crée l’Oreille, un bureau d’innovation sur l’ Afrique. Et puis, elle a crée une conférence, Africa for Tech il y a quelques années (oui elle fait beaucoup de choses et elle est brillante). Je parle souvent du désintérêt pour la Chine mais l’Afrique est également l’un de ces zones que l’on connait mal voire que l'on regarde un peu de haut. Les médias nous en donne une image unique, celle de pays uniformes, ruinés, dépendants, sous le joug d’un dictateur et qui n’arrivent pas à s’aider eux même. La réalité est évidemment bien plus complexe et donc intéressante. Cela peut sembler étrange de parler d’innovation en Afrique sur un podcast marketing mais dans ma conception de notre métier, un marketer doit avoir une bonne compréhension du monde dans lequel il vit afin de faire son métier correctement.  L’innovation frugale en Afrique: un modèle à suivre C’est la thèse de Stephane Eloise en tous cas: l’occident doit apprendre des modèles d’innovation africains, moins consommateurs en ressource et en capitaux s’il veut faire face aux challenges qui l’attendent: le réchauffement climatique, les migrations, l’accès à l’eau et l’énergie entre autres. Il y a 3 éléments fondateurs dans l’innovation africaine: 1. Un modèle non individualiste et profondément communautaire 2. Une innovation frugale: faire mieux avec moins 3. Une propriété intellectuelle totalement remise en question Afrique: l’invention d’un autre modèle décentralisé Il y a 54 pays en Afriques avec 3 zones d’innovation majeures: - Afrique de l’est: le Kenya en tête de pont puisque Mpesa y est né en 2007 (1ère monnaie mobile) et ce qui a valu au pays l’installation du centre de R&D mondial d’IBM. Mais aussi, en Afrique de l’Est anglophone on pourra noté également la Tanzanie mais aussi l’Ouganda. - L’Afrique du sud créé un bloc particulier à elle toute seule bien sur. Elle a des liens très forts avec la Chine en particulier - L’Afrique de l’Ouest avec le Nigeria qui est considéré par la C.I.A. comme le 1er pays du monde d’ici 2050 en terme de dynamisme. L’idée n’est pas d’encenser l’innovation africaine car la situation locale est loin d’être parfaite mais on est obligé de considérer ce qui s’y passe et apprendre d’eux car ils sont parfois plus en avance que nous simplement. Il faut absolument décentrer notre regard de l’occident. Afrique: le réservoir de croissance d’ici quelques années On n'y pense pas nécessairement en ces termes mais avec un continent qui représentera 30% de la population mondiale d’ici 7 ans dont 65% de moins de 25 ans, il est évident, que l’Afrique va être le réservoir de croissance et d’employés d’ici quelques années. D’ailleurs, il est intéressant de noter l’émergence d’une classe moyenne dans de nombreux pays du continent. Il y a une émergence de la décentralisation des réseaux, la blockchain en est l’une des ouvrières les plus déterminées (podcast à venir). Comme le souligne Stephan Eloise, il faut regarder en Afrique pour imaginer le monde de demain, un monde décentralisé, frugal, plus communautaire et responsable
Hugo Travers a 20 ans et est Youtuber et avec sa chaîne Youtube « Hugo Decrypte » il partage des news tous les jours pour un public adolescent. Il y totalise un peu plus de 200 000 followers. Hugo n’est pas nouveau dans les médias, il avait créé radio Londres a 15 ans déjà mais a toujours décidé de traiter de sujets sérieux à travers ses supports. Il revient sur l’incompréhension des marques sur les adolescents. Etre inscrit sur Facebook ne veut pas dire l’utiliser Une étude a été publiée aujourd’hui pour la GB qui explique que Snapchat est passé devant Facebook pour les jeunes. Facebook qui voit le nombre de départs de la plateforme grandir dans les pays matures au profit d'instagram (moindre mal) et de Snapchat surtout, toujours privilégié par les jeunes (au moins les vieux n'y sont pas). Vous vous souvenez peut être que l'on avait abordé la problématique de la génération Z dans un épisode précédent de Vlan. Mais même si de nombreux adolescents sont sur la plateforme cela ne veut certainement pas dire qu’ils l’utilisent comme le rappelle Hugo. Les adolescents d’aujourd’hui, cette fameuse génération Z, utilise d’abord Youtube, Instagram ou Snapchat avant de penser à Facebook qu'ils utilisent surtout pour Messenger finalement. Ce qui semble évident c’est qu’il est essentiel d’investir ces « nouveaux » supports pour ce qui concerne la politique ou des informations plus sérieuses car malheureusement les médias traditionnels ont du mal à comprendre leurs modes de fonctionnement et ne respectent pas les codes en vigueur et par conséquent sont un peu marginalisés de ces plateformes. Respecter les codes de Youtube et ne pas faire du jeunisme C’est marrant comme les personnes de 40 ans sont déjà majoritairement trop vieilles pour réellement comprendre l’usage des plateformes par les plus jeunes. Il n’y a rien à faire, on est toujours le vieux con de ses adolescents (je me compte dedans). Comme l’explique Hugo, il utilise principalement Instagram par exemple pour passer 5 informations, c’est à dire pour répercuter avec un format natif ses news de la journée. Il obtient ainsi près de 1 000 commentaires par publication ce qui est assez dingue quand on a que 30 000 abonnés. Alors qu’en observant les usages des médias traditionnels, ce qu’il constate c’est qu’ils utilisent encore la plateforme pour sa raison première: mettre des photos. « Recalé » comme on dirait en classe. Ne pas faire du jeunisme, c’est aussi comprendre qu’on peut parler aux jeunes avec des éléments sérieux, sans faire de blague ou sans avoir un ton supposé « jeune », la solution qui semble la plus pertinente reste de faire confiance et de laisser les manettes à une personne jeune elle même qui va respecter les codes de sa génération à sa manière. Au moins l’assurance de ne pas être à coté de la plaque. Par exemple, Hugo montre sur sa chaîne sa manière de traiter l’informations ce qui évite la défiance qui existe aujourd’hui vis à vis des médias plus traditionnels. Aussi il joue avec les éléments participatifs du web social en demandant à ses followers ce qu’ils souhaitent voir traiter, ce qu’ils pensent des news etc… Aussi, il a lancé son propre chatbot qu’il a conçu avec un ami à lui sans aucun investissement. Enfin, dans la manière dont il parle sur ses vidéos, il fait beaucoup de répétitions, il rappelle les basiques etc… Il considère aussi que le retour des personnes qui le suivent sont constructives même quand elles sont négatives. Il fait donc évoluer sa manière de traiter le contenu en fonction de ces derniers même s’il fait très attention de ne pas avoir de biais trop forts en particulier pour ce qui concerne la politique française.
David Bessis est mathématicien et le fondateur de Tiny Clues, une solution de machine learning non supervisé multicouches. Ne partez pas tout de suite, David va vous expliquer de manière simple et intelligible que cette forme de machine learning est pertinente pour votre marque jusqu'à pouvoir vraiment améliorer votre plan marketing annuel en rendant vos données bien plus intelligibles. Intelligence artificielle: on devrait plutôt parler d’intuition artificielle D’abord quelques explications de la part de David « Le machine learning c’est le nom de la discipline qui s’occupe des algorithmes qui apprennent à partir des données », à ne pas confondre avec l'intelligence artificielle dont la définition est plus floue selon lui. Toutefois, il existe une sémantique latente, c’est-à-dire des algorithmes capables de comprendre le sens des choses alors que nous ne l’avons pas fait entrer à l’origine. Par exemple, définir des biais sociaux en fonction du sexe ou du prénom. Pas que la machine ait des biais ici mais plutôt qu’elle reproduit nos modèles sociétaux, les consommations étant différentes dans les faits entre hommes et femmes ou entres les typologies de prénoms. L’algorithme capable de créer une sociologie pertinente par rapport à ce que nous connaissons est, par essence, intelligente. Finalement l’intelligence artificielle reproduit ce qu’intuitivement nous avons déjà envisagé, et ce, dans un niveau de détail totalement bluffant. Simplement, elle le fait de manière indépendante et permet de cibler ensuite les clients automatiquement ou presque.... Le machine learning : la clef pour optimiser vos campagnes marketing D’abord un élément important qu’affirme David, c’est qu’il n’y a pas besoin d’attendre d’avoir une base de données parfaitement propres pour pouvoir opérer du machine learning. Evidemment la base de données est un élément fondamental à quiconque s’intéresse à ces sujets mais cependant, selon lui, essayer d’avoir une base de données totalement propre est un travail d’orfèvre qui ne voit jamais de fin et pourrait décourager plus d’un marketer devant l’immensité de la tâche et le budget lié. Sans aller jusqu’à des extrémités ou la base de données donnerait des éléments faussés ou biaisés, on peut se permettre d’avoir un certain nombre d’inexactitudes dans sa base de données pour la processer.
Thomas Owadenko est le fondateur d’Octoly, une plateforme technologique spécialisée sur la micro-influence. Avec Thomas, nous revenons sur les différents acteurs du marché, le rôle de l’influence dans une stratégie marketing et plus spécifiquement de la micro influence mais aussi des évolutions du marché en particulier en regardant ce qui se passe en Chine et chez les GAFA. Et donc évidemment de l'engagement. Comprendre le rôle de la micro-influence Il y a différents types d’influenceurs de la « micro-influence » jusqu’à la célébrité et une myriade de prestataires: de la simple liste de personnes connues, aux agences créatives en passant par les plateformes technologiques jusqu’aux outils d’IRM (influencer relationship Management). La micro-influence est un marché relativement nouveau qui consiste à aller toucher une multitude de personnes ayant moins de 10 000 abonnés (plutôt 50 000 aux U.S.) en leur proposant de faire des revues de produits. Pour Thomas, l’engagement est beaucoup plus fort chez les micro-influenceurs parce qu’en réalité, ces personnes sont plus proches des personnes qui les suivent. L’impact de l’influence sur le business Les influenceurs ont fait tomber les barrières des grands médias et donc aujourd’hui tout le monde peut réussir à promouvoir un produit ou un service. Cela représente donc un changement de paradigme majeur dans lequel Amazon s’est engouffré en permettant à tout influenceur de créer sa boutique sur Amazon dans un modèle d’affiliation. Amazon n’invente rien car en Chine, le marché est déjà beaucoup plus mature. Comme Thomas le mentionne, sur Tao-Bao, les influenceurs ont leurs marques, leurs boutiques, vendent en live streaming à travers des systèmes de gamification. D’ailleurs, pour le 11 novembre 2017 prononcé « eleven eleven » (le black Friday Chinois dédié aux célibataires) le volume de transaction a atteint 22 milliards de dollars sur 1 seule journée. Ce qui est notable, c’est que sur les 30 marques beauté/mode, 7 des plus importantes marques étaient celles d’influenceurs. Concrêtement, on voit donc l’impact que peuvent avoir les influenceurs.
Le marketing ne créé pas le désir L’humanité n’est pas très différente des autres especes animales si on raisonne en termes de besoin. Ce qui fait de nous notre différence, c’est bien le désir, nous sommes des êtres désirants et désireux d’être désirés. Le désir permet de s’arracher, d’aller plus loin. Nous ne sommes pas des êtres rationnels, nous fonctionnons à la pulsion de nos désirs. Finalement vivre, c’est désirer que ce soit conscient ou inconscient. Comme le rappelle Thibaut, il est essentiel de distinguer ses désirs et ce à quoi ils nous font aspirer. Distinguer entre désir et besoin mais aussi distinguer entre bonheur et bien être ou encore entre plaisir et bonheur. La société de consommation nous donne des injonctions au confort La société de consommation nous invite à vivre dans le confort matériel donc d’avoir les produits dernier cri. Mais il est vrai qu’on peut se questionner de ce dont on a besoin pour accéder au confort que l’on désire. Finalement si la consommation de produit peut me permettre d’accéder à un bien-être et si je prends du plaisir à cela, ce n’est pas un souci. Ce n’est pas mal de rechercher des sensations agréables après tout. Comme le rappelle Thibaut il y a une quête infinie à la sensation agréable mais y céder un peu ne doit pas être un souci même dans une société judéo-chrétienne qui a toujours eu de la suspicion face au plaisir et aux sensations agréables. Evidemment il est alors essentiel de ne pas confondre bonheur et bien être car l’accumulation de bien ne peut pas rendre heureux. La société de consommation est un système de manipulation de signes C’est Baudrillard qui analyse cela dans son ouvrage « la société de consommation » en 1968. La publicité ne créé pas nécessairement des besoins mais elle a compris que nous étions des êtres désirants et donc elle utilise les codes pour concentrer l’énergie sur tel ou tel objet. C’est l’humain qui désire pas la publicité qui le créé. L’Homme n’a pas besoin de la publicité pour faire face à sa propre condition d’être désirant. La publicité n’est finalement pas un créateur de désir mais un simple révélateur habile. Par contre, les marketers sont des manipulateurs de désirs bien sûr. Toutefois, les consommateurs ne sont pas idiots et apprennent, s’adaptent au fur et à mesure sur les nouveaux formats publicitaire même si c’est plus ou moins rapide en fonction de chacun évidemment. On a envie, si les marques y mettent les formes, qu’elles envoient les bons signaux, les bons systèmes de valeurs, qu’elles nous séduisent car cela veut alors dit que nous sommes séduisants par ces dernières et cela renforce l’image que l’on a de soi. Qui n’a jamais fait l’expérience d’être fier d’être ciblé par Chanel, Dior ou Ferrari pour autre chose qu’un parfum qui, on le sait tous, s’adresse à la masse ?
Youmna ChamCham est la co-fondatrice de Live Love, un mouvement communautaire qui s’est établi dans 25 villes et qui a entrainé des milliers voire des millions de personnes à partir d’un simple hashtag. Je suis ravi de débuter l’année sur une touche positive et dans ce en quoi je crois le plus profondément, c’est à dire l’engagement social. Youmna a définitivement un profil atypique puisque du Liban, où elle a passé presque toute son enfance dans une émission TV, elle est arrivée à Los Angeles faire ses études et de là décider de redorer le blason de son pays en lançant le hashtag #livelovebeirut. L'idée pour elle était de se dire qu’il fallait être fier de son pays mais aussi que c’était essentiel de montrer d’autres aspects beaucoup plus positifs de ce que pouvait être le Liban. Au Liban comme dans de nombreux pays, à force d’avoir des mauvaises nouvelles, à force d’être dans un pays en guerre, il n’y avait beaucoup moins d’espoir, ce hashtag est arrivé comme une bouffée d’air frais pour la jeunesse locale. Quelques années plus tard, cela a permis de développer de manière significative le tourisme dans le pays, à redonner de la fierté à la jeunesse, mais c'est également devenu la campagne nationale. Et puis, ils ont crée un partenariat avec l’ONU, et surtout ils ont été le moteur de beaucoup d’actions pour le bien de la planète. Alors comment à partir d’un simple hashtag lancé par une étudiante depuis L.A., peut on réussir à créer un mouvement communautaire mondial? Il ne faut pas débuter avec un business plan mais avec ses tripes Le premier conseil de Youmna est de ne surtout pas commencer avec un « business plan » mais bien d’écouter ses tripes et voir ce qui a envie de sortir et de s’exprimer. Chez elle, c’était l’amour de son pays, la volonté de créer un bulle d’air à travers une image de vie qui reflète la jeunesse, l’espoir et de trouver des solutions avec la société civile. Les Milenials ont cette volonté de trouver des solutions et cette génération ne compte plus vraiment sur l’état pour le faire mais plutôt sur elle même pour faire avancer les choses. Revenir dans la vraie vie est également essentiel. Ainsi, associé au hashtag, ils ont rapidement crée un bracelet. Ils ont évidemment commencé à publier des photos en le mettant en scène mais ils ont également distribué le bracelet aux gens cool de Beyrouth en leur demandant simplement 3 choses: 1. Trouver du beau 2. Prendre une photo 3. Partager sur Instagram en montrant le bracelet et en inscrivant le hashtag Ils ont très rapidement été propulsé dans les festivals, dans les fêtes et tout le monde voulaient posséder le bracelet. La conséquence a été de propulser le hashtag jusqu’à générer 1 million de « likes » en l’espace de 6 mois. Passer du « story telling » au « story doing » De manière assez logique l’idée n’a pas été simplement d’être dans des messages positifs uniquement mais aussi d’agir et d’inviter tout le monde à agir sur 3 verticales clairement définies: aider à préserver la nature, les communautés et la culture. Ils sont donc passés du « social media » aux « social actions ». #Livelove a rapidement généré beaucoup de tourisme (souvent même à l’intérieur du pays) pour développer ce que Youmna appelle du "volonturism". Par exemple, en reportant une photo de plage sale sur Instagram, ils ont réussi à 1 semaine, 300 personnes pour venir nettoyer cette plage. Et depuis lors, ils ont décidé d’avoir au moins 1 action coup de poing par mois - cela peut consister à repeindre des immeubles, nettoyer le fond des océans, à planter une foret, ect…en s’appuyant sur des associations locales et sur les marques.
Christophe Maree est responsable marketing Europe du Sud pour Adobe. Comme le soulignait Lubomira Rochet, C.D.O. du groupe l’Oréal dans l’épisode 10 de Vlan, la transformation business Adobe est l’une des plus exceptionnelles qui ait été faite ces dernières années. Elle est d’autant plus remarquable que le groupe comptait à l’époque 14 000 salariés (17 000 aujourd’hui) et qu’elle a été parfaitement réussie. Dans la mesure ou je travaille régulièrement avec des grands groupes, j’ai l’habitude d’entendre des personnes que dire « tu sais nous sommes une grosse machine, c’est difficile à faire bouger ». D’ailleurs, beaucoup d’experts ont tendance à penser que les grands groupes n’arriveront pas à être suffisamment agile pour rester debout face à la vague (tsunami?) qu’implique l’évolution nécessaire via le digital. Adobe est la preuve par l’exemple que l’on peut y arriver. La transformation d’Adobe Adobe a l’origine vendait des logiciels sur des Cd-Rom qui permettaient à ceux qui les achetaient de les posséder à « vie ». Evidemment quand on achète un logiciel c’est ce que l’on attend de ce dernier. Mais quel intérêt de posséder un logiciel aussi longtemps s’il n’est pas mis à jour? A une époque ou tout bouge à vitesse grand V, cette proposition de valeur est devenue obslète. Sans compter le piratage des logiciels dont Adobe a beaucoup souffert. Photoshop était sans doute l’un des logiciels les plus piratés au monde. Afin de proposer une meilleure expérience clients, ils sont passés sur un mode « cloud » avec un abonnement au logiciel et donc une mise à jour « permanente » de ces derniers. Cela implique donc de passer d’un mode « B2B2C » (achat à travers des revendeurs) à un mode B2C ou direct to consumer. Cela peut sembler léger comme évolution mais c’est véritablement une transformation en profondeur pour Adobe. D’abord, ce ne sont pas le même métiers et ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires non plus, le business model change et la relation client aussi… Les conseils pour une transformation « digitale » réussie 1. Faire en sorte que ce soit l’ensemble de l’entreprise qui fasse le changement 2. Changer quand tout va encore bien en sachant écouter les signaux faibles 3. Oser avoir une vision audacieuse et l’opérer 4. Résister aux pressions des clients et ne pas réagir trop rapidement 5. Etre transparent avec les analystes financiers et leur donner de la visibilité sur la stratégie même s’il y a une baisse d’activité à prévoir 6. Bien accompagner en interne pour amener le changement au niveau de tous les collaborateurs en cascadant l’information pour que chacun devienne l’acteur du changement 7. Ne pas rester seul, il faut être accompagné des bonnes compétences pour réussir dans les bons délais sans dépenser trop d’argent 8. Acquérir les bonnes compétences au fur et à mesure de l’évolution du marché 9. Il faut avoir une histoire claire à raconter 10. Faire du changement une culture permanente
Mai Hua a de multiple casquettes et si elle a commencé dans le marketing, elle est aujourd’hui à travers son blog dans une quête de vérité. Mais comment associer marketing et quête de vérité? Le marketing est un des métiers les plus détesté en France et un peu partout, souvent synonyme de "bullshit"... C’est une vraie tendance profonde que celle du développement personnel et il est impossible de ne pas se poser la question du nouveau consumérisme. Ou plutôt comment intégrer ces nouveaux consommateurs dans sa réflexion de marketer? L’assomage publicitaire ne semble pas être la meilleure réponse… Dans la mesure ou Mai a surtout évolué dans le milieu de la cosmétique, on reste centré, dans cette conversation, sur ce secteur et entre 2 fous rires, il faut bien dire que l’on dérive un peu sur le féminin/masculin et sur le rapport homme/femme. On parle également énormément de la beauté, de la manière dont les marques doivent l’envisager aujourd’hui. Le marketing, c’est très bien...si c'est bien fait Le marketing c’est de développer et de proposer des produits de qualité à des personnes pour lesquelles cela sera pertinent. Dans cette mesure là, on ne peut pas associé le marketing avec « mensonge », c'est même plutôt chouette. Personnellement, la manière dont je pratique le marketing est très lié à l’amour des gens et donc aux sciences connexes comme la sociologie ou la philosophie mais c’est vrai que la tendance du marché n’est pas forcément celle là et pire encore, on peut être dans cette quête au niveau personnel et endossé un tout autre habit une fois au travail. Mais quoiqu’il en soit, selon Mai, le marketing étant basé sur des études et le niveau de conscience des personnes s’élevant, il va y avoir de moins en moins de place pour du marketing du blabla. Le souci est que la société est basée sur beaucoup de contre vérités en particulier sur la beauté, sur la relation homme-femme, le bonheur, le succès etc… Sujets dont on parle durant ces 20 minutes de podcast. La schizophrénie des marketers Evidemment aucun marketers n’a d’intention d’instrumentaliser les femmes mais par contre, une fois qu’ils mettent leur habit de marketers, en tous cas pour certains d’entre eux, il y a une dissonance qui se créé entre eux et eux même. Cela s’explique car on est dans une période de changement important ou on apprend que beaucoup de choses que l’on a appris sont fausses. Selon Mai, le marketing va devoir se réformer pour coller avec la société et après tout cela reste le rôle du marketing. Par exemple pour la beauté, ce n’est plus tant une questions de molécules et de formulation mais d’une idée de la beauté, des tutoriels aussi. Il n’y a plus « une beauté » que la marque imposerait, on peut avoir mille visages aujourd’hui et les marques doivent suivre cette tendance. C’est sans doute l’une des plus importantes révolution dans le secteur. Car ce sont des questions modernes pour des femmes du 21ème siècle. Cet épisode de podcast est passionnant je trouve même s’il est un peu décousu, il amène énormément d’insight sur cette tendance du développement personnel et surtout sur cette transformation nécessaire du marketing, pas pour plus de digital ou de data mais à l’inverse pour plus d’humains, pour une acceptation de l’évolution de nouvelles vérités, pour de nouvelles histoires à raconter. Toutes les marques n’arrivent pas à faire cette transition de manière authentiques mais celles qui y arriveront (les petites marques indépendantes montrent l’exemple) domineront le marché demain.
Caroline Lacaille est responsable CRM de Tiffany & Co à New-York. Tiffany & Co est une très belle marque de luxe et d’ailleurs elle fait partie de celles préférées par les plus jeunes. (https://www.luxurydaily.com/tiffany-tops-list-of-millennial-favorite-jewelers/), Caroline a toujours travaillé dans le CRM, chez 1000 mercis puis chez Nurun (où nous nous sommes rencontrés), ensuite chez BDDO et enfin chez Tiffany & Co. Elle a donc un retour intéressant sur son métier car elle n’a pas toujours travaillé pour des marques de luxe et connaît bien l’évolution du marché. On peut s’accorder pour dire que le challenge du marketing demain va se faire autour de la connaissance consommateurs et par conséquent autour de la données et de la capacité d’une marque à le servir. Le CRM n’est pas un concept nouveau cependant, il s’affine de plus en plus. Toutefois, les marques de luxe n’ont pas su prendre le train au moment ou il était important de le faire et en 2017 sont encore majoritairement à la traine. Un peu par peur, un peu par paresse aussi puisque tout le monde veut posséder un produit (écrire le nom de la marque ici) - en tous cas, beaucoup pensent encore de cette manière. Nous rentrons donc dans le détail avec Caroline qui ne fait pas un état des lieux chez Tiffany & co mais plutôt sur ce qu’elle voit de la réalité de l’industrie aujourd’hui. Données: les marques de luxe ne veulent pas partager leur données A la lecture de ce titre, on pourrait se dire que c’est plutôt une bonne chose tant la défiance dans la gestion de nos données est problématique. Toutefois, elles ne veulent généralement pas les partager avec des acteurs du CRM non plus et par conséquent, essaie de développer en interne les compétences pour gérer leur CRM. Il est assez évident qu’entre trouver les bonnes personnes et avoir les investissements financiers pour faire aussi bien que les acteurs à la pointe du marché, c’est une mission impossible. La conséquence est un retard qui devient réellement problématique. IL faut donc accepter de passer par des tiers naturellement. Les marques de luxe sont assises sur une mine d’or mais… Ca peut paraitre paradoxal mais les consommateurs sont ravis de partager leur données avec des marques de luxe qu’ils respectent. Ils ont donc beaucoup de personnes pertinentes qui entrent dans leur base de données. C’est un avantage considérable et cela est d’autant plus vrai que les consommateurs ont envie d’avoir des nouvelles de ces marques et qu’ils y donneront toujours plus d’attention que pour tout autre type d’entreprise. Le CRM a une vraie dimension de rentabilité, d’augmentation du panier moyen, d’optimisation etc…. Pourtant, cette donnée ne vaut rien si on est incapable de la comprendre, de l’appeler quand on en a besoin. Evidemment, Caroline reste très confiante sur le fait que les marques de luxe évoluent et ce qui semblait impossible hier peut être possible demain et très logique. Néanmoins, elle reste convaincue que les marques de luxe doivent absolument rester précautionneuses des données consommateurs pour conserver l’élégance qu’elles ont toujours eu.
Branislav Peric est le fondateur d’un nouveau type d’agence, With, et a passé plusieurs années au ecommerce chez l’Oréal Luxe ou il a eu l’occasion de s’intéresser de près à la Chine. La Chine propose un dynamisme extrêmement fort dans l’univers digital. Selon Branislav, la plupart des tendances lourdes viennent de la Chine et le nombriliste des pays historiquement coloniaux fait que nous ne nous intéressons peu à ce pays...à tort. On connait peu son histoire, ses us et coutumes, son économie etc par contre ce qui est certain c’est que la Chine n’est plus du tout un pays émergent mais un pays d’avant garde qui a dépassé les U.S. sur de nombreux plans. La Chine est un pays de commerce culturellement et c’est intéressant d’y observer la manière dont ce dernier évolue justement. Qu’il s’agisse du O2O (offline to online) ou de l’usage du mobile, tout cela sont des réalités en Chine et pas seulement dans les grandes villes mais aussi sur les marchés de fruits et légumes des villes de 2eme ou 3eme niveaux. Ces outils sont totalement rentrés dans les us et coutumes des chinois qui ont accès à un smartphone aujourd’hui. Il semble assez évident pour Branislav que ce que l’on voit en Chine montre la voie de ce qui va se passer en Europe dans les années à venir. La Chine est en train de révolutionner le commerce à plusieurs niveaux mais en particulier avec l’usage des QR codes qui vont connaître une seconde jeunesse dans la mesure où ils vont être nativement reconnus par l’iPhone désormais. Les places de marché sont essentielles Impossible de parler aujourd’hui de commerce sans envisager les places de marché. Ces dernières sont de plus en plus clefs pour les marques et il est essentiel de les intégrer dans une stratégie ecommerce. Pour Branislav, c’est une question de vie ou de mort pour les marques. Il faut avoir une approche holistique, c’est à dire de vendre sur son site, s’intéresser aux places de marché verticales sur votre industrie ainsi qu’aux places de marché plus généralistes. Branislav affime que si le site ecommerce de marque est important dans le parcours d’achat, il ne peut pas suffire. Ainsi, on parle désormais du SXO (search experience optimisation). Pour Branislav, le commerce devient une nouvelle forme de communication mais il est difficile de trouver les bonnes personnes pour le faire.
Emmanuel Vivier, co-fondateur du Hub Institute et co-auteur du guide de la transformation digitale, revient sur la réalité de l’évolution des entreprises françaises (grands groupes comme PME ou ETI) à l’ère digitale. D’emblée, Emmanuel constate qu’il y a un fort retard. Ainsi, 70% des PME ou ETI ne voient pas le digital comme une urgence. De leur coté, les grands groupes doivent prendre des décisions structurantes sur des sujets qu’ils ne maitrisent pas et cela n’avance pas à la vitesse nécessaire. Conséquence, même si certaines entreprises ont fait un chemin important, la majorité d’entres elles sont dangereusement en retard. Selon Emmanuel, la transformation digitale se passe en 3 étapes : 1. Une pression des clients 2. Une acculturation à tous les niveaux 3. Une évolution et transformation du business Mais, force est de constater que si tout le monde veut le changement, personne ne veut trop changer car les salariés ont peur de perdre au change. Comme nous l’explique Emmanuel, l’immobilisme vient aussi de manière structurelle du fait que les décisionnaires sont à des postes qu’ils pourraient perdre pour avoir pris des mauvaises décisions, par conséquent, ils préfèrent souvent améliorer de manière incrémentale le business plutôt qu’être les architectes d’un véritable changement. C’est sans doute pour cela qu’Emmanuel est très pessimiste pour la moitié voir les 3/4 des grandes entreprises françaises. Par ailleurs, il commence à y avoir un vrai décalage entre celles qui ont fait un gros mouvement et celles qui n’ont pas commencé. Comme le souligne Emmanuel, une transformation digitale prend en moyenne 7 ans donc le retard peut vraiment prendre une tournure grave pour celles qui n’ont pas réellement enclenché le mouvement. Comment s’y prendre pour bien réussir sa transformation digitale ? La structure est précisée dans le guide de la transformation digitale mais en résumé, il y a 6 étapes essentielles : 1. Le leadership 2. La culture de l’organisation 3. La technologie 4. La data 5. L’expérience Client 6. La performance
Cécile Poignant est "Trend Forecaster". Elle donne des conférences dans le monde entier afin d’expliquer ce qu'est l’innovation. Alors que les marketers sont chahutés pour innover, c’est important de se poser afin de se demander comment faire. En particulier dans un monde qui bouge en permanence, je constate que beaucoup de marketers ne savent pas par quel bout aborder l'innovation. Le 1er conseil de Cécile est d'être dans un état de curiosité. Cela parait simple mais c'est plus complexe que ça paraît. Imaginez des enfants de 5 ans et leur incroyable état d’émerveillement et d’ouverture au monde. Cécile nous rappelle que la curiosité vient du mot latin “Cure” et que cela implique donc de prendre soin de soi. Ne soyez pas dupes, la curiosité se travaille, c’est une gymnastique de l’esprit. Malheureusement, notre système scolaire formate énormément et empêche d’être curieux. La pire expression dans ce cadre est : “la curiosité est un vilain défaut” alors qu’elle est en réalité, la seule source possible de créativité. Dès lors, si cela n’est pas naturel chez vous, il est important de faire des exercices simples comme de prendre un chemin différent pour rentrer à la maison, d’accepter de se perdre, de lire des magazines sur des sujets que vous ne connaissez pas. Il a été également prouvé qu’il est essentiel de s’ennuyer afin d’être créatif. Une fois ces petits exercices, vous arriverez ensuite à faire des liens qui permettent d’avoir des idées pour votre industrie et de sortir des silos. A noter qu’évidemment les données et le machine learning vont permettre de faire de la prédiction de manière très précise mais cela n’empêche pas la créativité malgré tout. Finalement apprendre et découvrir, c’est avant tout sortir des sentiers battus, ce n’est plus de la simple curiosité mais c’est se questionner en permanence et de ne rien prendre pour acquis.
Georges Edouard Dias est l’ancien directeur digital du groupe l’Oréal, il a ensuite créé Quantstreams, et vient de publier un ouvrage sur l’hospitalité comme évolution nécessaire du marketing. Depuis que je le connais, Georges Edouard a toujours eu des réflexions sur de nombreux sujets et en particulier sur l’amélioration du marketing. Son « Manifeste pour l’hospitalité des marques » explique pourquoi et comment les marques doivent absolument, à l’ère digitale, revenir à cette valeur fondamentale qu’est l’hospitalité. En effet, selon lui, le big data n’a pas livré ses promesses d’un marketing beaucoup plus fin et intelligent et au contraire a fait du marketing une machine à spam. Bien sur, ce n'est pas la faute de la technologie mais des humains l'utilisant (comme toujours). Il est également horrifié de voir que 59% de la donnée collectée en Europe va directement nourrir les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) sans même parler de la perte de valeur associée bien sur (on en parle quand même). Il prône donc tout l’inverse avec un retour de l’humain important dans le marketing. De toutes manières, les entreprises n’ont pas vraiment le choix car la relation marques - consommateurs s’est inversée et c’est plutôt le consommateur qui est le chasseur désormais. Son processus décisionnel a changé avec le web puisqu'il va chercher la réponse précise à son besoin par les moteurs de recherche, faire confiance aux avis consommateurs pour ensuite considérer la marque. Je trouve son approche extrêmement intéressante car le marketing agressif de la majorité des marques, s’il a eu de belles heures, se voit devoir faire face à la défiance des consommateurs, à leurs nouveaux usages (comme mentionné plus haut) mais aussi aux adblockers. Selon lui, il y a 3 valeurs clé pour être une marque hospitalière: 1. La Bienveillance, c’est à dire la capacité de donner avant de recevoir. Il prend à cet égard l’exemple de Khiels dont les vendeurs vous laisseront repartir avec une analyse de votre peau, des échantillons mais sans rien vous vendre (à moins que vous souhaitiez acheter bien sur). En tous cas, c'était le positionnement à l'origine. L’idée est d’apporter de la valeur, de donner de soi même avant de souhaiter générer une transaction financière. 2. L’humanité Georges pense que l’intelligence Artificielle n’a d’intérêt que si elle est le prolongement de l’humain et qu’elle lui permet d’étendre la conversation. Puisque si les marchés sont des conversations alors, la valeur de l’humain est bien de générer du lien 3. Générer de l’intimité L’idée est de se sentir chez soi quand on est reçu par quelqu’un et les marques doivent réussir à reproduire cela. Comme le disait Patricia dans un précédent épisode, ce qui est essentiel et me fera rester fidèle, « c'est que je me sente bien dans les codes de la marque » ou que « les codes de marques me correspondent ». On ne peut pas vivre à une époque ou le développement personnel est si fort et pourtant rester avec des techniques de marketing aussi agressives. Cela implique de repenser le marketing autour de la relation entre les gens, pas de pousser des produits mais bien de servir les gens. Et pourquoi pas aussi d’intégrer les consommateurs avec une logique inclusive des consommateurs dans une forme d'économie collaborative ou en tous cas de co-construction. Enfin, plutôt que de parler des 4P (product, price, place, promotion), il envisage les 4C (conversation, curation, customisation et communion) qui amènent beaucoup plus de valeur pour les consommateurs selon lui. Au cours de ce podcast nous parlons également du retail et de l'évolution nécessaire des magasins et en particulier du rôle des vendeurs pour nourrir cette relation et ce principe d'hospitalité. Ce podcast est particulièrement riche donc, je vous invite à l'écouter mais aussi, si cela vous intéresse, de creuser avec son livre.
Julie Pellet, responsable du développement de la marque Instagram pour l’Europe du Sud (France y compris), partage avec nous les meilleurs conseils pour être présent sur Instagram. Vaste question qui est difficile à aborder en 20 minutes et de manière générique mais néanmoins, Julie joue le jeu et délivre beaucoup de conseils très utiles pour les marques. Instagram en quelques chiffres Même si Instagram ne partage pas de chiffres par pays, il est intéressant de noter qu’il y a aujourd’hui dans le monde 800 millions d’utilisateurs dont 500 millions tous les jours. Et plus étonnant, 250 millions utilisent quotidiennement les stories alors que cela n’a été lancé que depuis 1 an. Cette réponse d’Instagram à l’ampleur pris par Snapchat est remarquable et a su capter une part évidente des usages et donc de l’attention des internautes. Par ailleurs, il est important de noter que 100 millions de personnes utilisent tous les jours l’onglet « explore » afin de découvrir de nouveaux contenus ou de chercher du contenu parmi les personnes qu’ils suivent déjà. Les stories Instagram : essentielles pour les marques Comme nous venons de le souligner, les stories ont pris une part prépondérante de l’usage d’Instagram pour plusieurs raisons : D’abord, il y a beaucoup moins de pression a créer du contenu car c’est du quotidien et du vécu, on s’interroge moins sur la qualité et cela permet à tout à chacun de partager. Ensuite bien sur, il s’agit de contenus beaucoup plus frais mais aussi plus authentiques. On sait combien la vie d’instagram n’est pas la vraie vie. Les stories s’approchent beaucoup plus de cette dernière. A noter que 50% des marques présentent sur Instagram ont publié des stories sur la plateforme et 1/3 des stories les plus vues sont celles publiées par des marques. Elles ne sont donc pas à la traine, pas toutes en tous cas. Plusieurs typologies assez logiques pour les stories de marques : backstages, tutoriels et interviews. Et évidemment il y a des personnes ou des marques qui arrivent à utiliser ce nouveau support de manière très créative. Je pense notamment à l’influenceuse Elsa Muse mais Julie Pellet fait notamment référence à la marque Asos qui a pris des photos à 360° d’une chaussure et invite l’internaute à utiliser le « tap » pour faire tourner le produit comme bon lui semble. Quoiqu’il en soit l’idée est ici aussi d’aller chercher l’interaction. Et évidemment pour ceux qui ont plus de 10 000 followers, une interaction supplémentaire est disponible : inviter au swipe-up pour diriger vers un site externe. D’ailleurs, les nouveaux outils créent par la plateforme appuient beaucoup sur l’interaction entre la personne/marque qui publie et celles qui la suivent. Dernièrement, nous avons pu le voir avec les sondages. Lancés il y a 3 semaines, ils font évidemment un « carton » et permettent de prouver une fois de plus que les utilisateurs cherchent cette interaction. 3 conseils pour bien tenir votre flux de contenu sur Instagram Avant de commencer il est important de noter que la grid est essentielle pour croitre votre communauté. En effet, en général avant qu’une personne décide de vous suivre, elle va regarder en un coup d’oeil votre flux à travers votre profil. Ici, les informations principales doivent ressortir. Avoir une unité de couleurs et un positionnement précis par exemple sont primordiaux. On doit comprendre en quelques secondes le genre de contenu que l’on va trouver si on décide de vous suivre. Au lancement d’un compte, on peut aussi déconstruire une image en plusieurs (à travers une application tiers) afin d’avoir un effet visuel. Afin de construire votre feed, Julie note 3 grandes stratégies différentes : - Créer du contenu de marque - Encourager l’U.G.C - Utiliser un compte statique
Avec Eric Briones, autrement connu sous le nom de Darkplanneur, nous envisageons les enjeux du secteur du luxe en 2018 et les années à venir. Eric a écrit 3 livres dont 2 sur le luxe: "Génération Y et Luxe" ainsi que "Luxe & Digital", il a eu l'occasion de faire de nombreuses conférences sur le sujet et surtout il est le directeur du planning stratégique chez Publicis et Nous, agence spécialisée sur le luxe. De mon coté, je travaille essentiellement avec des marques de beauté et de luxe donc j’attendais cette conversation avec impatience. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les marques de luxe sont vraiment challengées à l’ère digitale d’autant plus qu’elles ont mis du temps à y aller et qu’elles ont parfois pris le digital pour de simples effets de manche (comprenez effet RP) sans s’occuper des vraies problématiques structurantes comme la base de données, le CRM, les RP et la modification de l'ensemble des métiers, voire de l'offre. Avec Eric nous abordons plusieurs problématiques, le rapport au temps, le rapport aux réseaux sociaux, le rapport des nouvelles générations avec le secteur du luxe. Bonne écoute! "Quality is the new black" pour les marques de luxe Même si le discours ambiant est à dire que le luxe, c’est avant tout l’expérience, Eric affirme qu'il s'agit avant tout d'une question de qualité. De la qualité mais avec un supplément d’âme bien sûr pour qu’elle soit luxueuse. Comme il le souligne justement, le luxe c’est aussi un rapport au temps très différent, et alors que le digital accélère tout et que le style a pris le pas sur la qualité pour de nombreuses maisons, Eric est convaincu que l’on doit revenir à un respect des matières, un respect du travail à la main et que cela doit être expliqué pour être compris par les consommateurs. Les réseaux sociaux et particulièrement Instagram ne permettent pas de montrer parfaitement cette idée de qualité puisqu'à l'inverse, ils sont de plus en plus dans l'instantanéité. Pourtant, selon Eric, il ne faut pas céder aux sirènes du « see now, buy now » qui était surtout un élément de communication dont les marques les plus vindicatives sont largement revenues. S’il y a une tyrannie du « tout tout de suite », le luxe doit résister et éduquer. Néanmoins, le luxe doit pouvoir répondre à cette tension avec une partie des produits ou des expériences bien sur mais il doit surtout apporter de l’humain dans le digital. Finalement même si on reste sur ce principe d'expérience, alors l’attente doit faire partie de l’expérience car l’instantané tue le désir, ors, le luxe c’est avant tout vendre….. du désir. Evidemment les marques de luxe n’ont pas le choix que de vendre de l’expérience et bien sur ces dernières s’y essayent déjà. On le voit en particulier chez LVMH que ce soit sur les vins (MH) ou chez Vuitton avec le voyage. Eric considère que le secteur du luxe a une énergie incroyable et est en pleine réinvention. Evidemment, au cours de ce podcast, on ne parle pas de « digital native » qui est un concept fumeux et ne veut strictement rien dire… Mais, on peut malgré tout envisager les générations et leurs différences. Si les Millennials ont un rapport de fascination aux choses, aux gens, aux marques (à noter que les marques les plus fortes dans le luxe aujourd'hui, comme Gucci, sont les marques qui sont fortes chez les Millennials), les Gen Z ne sont pas du tout dans la même démarche.. Ils sont plus compliqués car ils envisagent l'utile, le bon, le bien. Ils sont presque dans une quête de vérité.
Thibaut de Saint Maurice est professeur de philosophie et a également une rubrique sur France Inter. Le sujet du jour : la déconnexion et la sur-connexion ou comment réinventer sa vie à l'heure de l'hyper connexion. Sujet hautement d’actualité puisque le fondateur du « like » chez Facebook a récemment annoncé que lui-même avait peur de ce qu’il avait créé, tant au niveau personnel que méta (politique en l’occurrence). Il a d’ailleurs décidé de supprimer toutes ses applis afin de reprendre le pouvoir. Il existe même une app qui vous donne des points quand vous restez loin de votre téléphone et donc concentré. Bien sûr, ce n’est pas directement lié au marketing comme peuvent l’être d’autres sujets comme l’Intelligence Artificielle ou l’engagement sur les réseaux sociaux, néanmoins, être marketers, c’est vivre son époque. Vivre son époque implique nécessairement de la comprendre, de prendre un pas de recul dessus. Que celui qui ne s’est jamais posé la question de la sur-connexion me jette la première pierre C’est un sujet qui me passionne : pourquoi choisissons-nous volontairement tous les jours, toutes les minutes, de nous connecter à ces engins de fou que sont les smartphones ? Pourquoi cette dépendance excessive aux interactions ? Comment sortir de ce cercle vicieux au point de vue personnel et sociétal ? Qu’est-ce que cela dit de notre génération mais de l’humain en général ? Voilà le genre de questions que je me pose de manière récurrente sur l'hyper connexion et c’est ce que nous abordons aujourd’hui avec Thibaut. Evidemment, la connexion a beaucoup d’avantages mais il y a aussi cette hyper connexion qui est une servitude volontaire. Ce concept est assez ancien puisqu’Etienne de la Boétie écrivait déjà au XVIème siècle un discours sur le sujet. Sommes-nous vraiment libres si nous acceptons une tyrannie politique ? De la même manière, un peu plus tard, Tocqueville parle de la tyrannie douce de la majorité. Mais ce qui est ressenti, c’est le sentiment personnel d’être face à des machines devant lesquelles on n’arrive pas à résister. Et les chiffres ne trompent pas : Selon le cabinet Deloitte, en moyenne en France nous nous ouvrons notre téléphone 26 fois par jour (50 fois pour les 18-24 ans). Les notifications génèrent de la dopamine (du plaisir) mais vous éloignent du bonheur. Si vous parlez bien anglais, vous adorerez cette vidéo qui différencie plaisir et bonheur d’ailleurs. Comment reconstruire une responsabilité à l’égard de sa propre attention ? La hiérarchie a souvent été gérée à l’extérieur de soi, que ce soit par les médias, les amis ou la famille. Désormais, via mon smartphone, tout arrive au même niveau. Le souci n’est pas nécessairement le téléphone mais la hiérarchie de l’information : mon relevé de banque arrive au même niveau que les informations ou un « like » sur une photo. Grace à notre conscience, on peut décider ce à quoi on prête attention et c’est donc un espace à redécouvrir. Cela permet de voir comment remettre à leur place ces technologies. C’est donc une chance finalement d’avoir à inventer la vie avec ces machines désormais. Car l’Homme est libre de faire ce qu’il souhaite et c’est ce qui le différencie en partie de l’animal. La liberté n’est pas tant de faire ce que l’on veut mais d’assumer ses responsabilités dans un champ des possibles. Cette maîtrise fera la différence entre les individus demain selon Thibaut.
Brian Morrissey is the Editor in Chief of the Digiday Media Group. Je crois qu’il s’agit de l’épisode le plus authentique, où des vérités sont dites ! Finalement, c’est un peu comme si vous rejoigniez une conversation entre deux amis que personne n’écoute. Si vous ne connaissez pas Digiday, je vous invite à vous presser vers ce média autour de nos métiers, qui n’hésite jamais à mettre les pieds dans le plat. Il dispose d'un support spécialisé sur la beauté, la mode, les tendances et le luxe qui se nomme Glossy. Evidemment, Brian est américain, c'est pourquoi la conversation est en anglais, mais vous trouverez ici une retranscription complète de notre échange en français. Cette transcription a été réalisée par Caroline Dezutter. La programmatique est construite pour justifier les mensonges Pendant des années, on a assommé les marketers en leur disant qu’il fallait absolument mettre tous leurs budgets publicité en digital et la réalité est qu’ils ne voient pas vraiment les résultats. A l’inverse, tout cela est très flou, d’autant plus à une période où la programmatique rend les choses encore plus opaques. Comme le souligne Brian Morrissey, la programmatique a été construite de telle manière qu’elle justifie les mensonges. Les marques ne savent plus très bien par qui elles se font truander, mais elles savent qu’elles se font truander. Et d’ailleurs, de manière plus générale, il est sain de se demander si la publicité et construire sa « brand equity » sont réellement une stratégie gagnante à l’ère digitale. Il suffit de regarder comment les GAFA fonctionnent, comment les « indies brands » (comprendre « marques natives sur le digital ») fonctionnent pour se rendre compte que la publicité n’est plus centrale tout simplement parce que les usages ont changé. Désormais, les consommateurs n’attendent plus de voir une pub : ils vont chercher sur Google le produit qui correspond précisément à leurs besoins et font davantage confiance aux avis consommateurs, qu’ils soient anonymes ou qu'ils proviennent d’influenceurs. Les GAFA sont les meilleurs ennemis des marques D’abord quand Google a permis de parier sur les noms de marque et donc d’obliger les marques à surenchérir sur leur propre marque, ce qui n’a pas de sens en réalité si ce n’est pour Google. Côté Facebook, clairement, les pages de marques ont été de vrais chevaux de Troie pour Facebook. En jouant sur l’égo des marketers, les marques ont fait beaucoup de pub pour dire « rejoignez-nous sur Facebook » et ont ainsi crédibilisé Facebook, rendu plus populaire aussi pour finalement voir leur edgerank (capacité à touche