L'Echo du monde

Radio Classique

Du lundi au vendredi, à 7h39, Christian Makarian, intarissable sur les crises et les tensions qui agitent le monde, livre dans L’Echo du monde l’analyse d’un fait d’actualité à l’étranger. Pour ne rater aucun épisode de L’Echo du monde, n'hésitez pas à vous abonner.

Dans cet épisode de "L'écho du monde", Lukas Aubin nous emmène au cœur d'un nouveau front ouvert par l'administration Trump, cette fois-ci sur le terrain juridique. En effet, les États-Unis ont déclaré la guerre à la Cour pénale internationale (CPI), l'accusant d'être devenue « radicale et extrême » et de menacer la souveraineté américaine. Bien que les États-Unis ne soient pas membres de la CPI, n'ayant jamais ratifié les statuts de Rome, le président Trump semble craindre certaines enquêtes menées par la Cour, notamment sur les actions des Américains en Afghanistan ou le mandat d'arrêt émis contre Benyamin Netanyahou. Plutôt que d'accepter la justice internationale lorsqu'elle vise ses propres intérêts, Washington préfère s'en prendre à l'institution, menaçant de sanctions et de restrictions de visite tout État ou personne qui coopérerait avec la CPI.Selon l'analyse de Lukas Aubin, cette offensive de Trump contre la CPI s'inscrit dans une vision plus large de l'illibéralisme, où la souveraineté est absolue et où le droit international n'est plus considéré comme une règle commune, mais comme une arme à utiliser selon les circonstances. Cette approche, partagée par d'autres régimes contemporains comme ceux de Vladimir Poutine, Xi Jinping ou Recep Erdoğan, vise à soustraire le pouvoir à toute limite extérieure, que ce soit d'ordre moral ou juridique.Malgré tout, la CPI continue de travailler et d'enquêter sur différentes situations, comme en Ukraine, à Gaza, au Darfour ou aux Philippines, où l'ancien président Rodrigo Duterte a été arrêté et transféré à La Haye. Cependant, la Cour dépend directement de la coopération des États, n'ayant pas de police mondiale pour faire appliquer ses décisions. Ainsi, la guerre de Trump contre la CPI n'est que la partie visible d'une offensive plus large contre l'idée même de l'existence d'une limite morale et juridique à la violence politique des États les plus puissants.
Aujourd'hui, dans "L'écho du monde", Lukas Aubin consacre sa chronique à la réunion qui se tient à Paris pour l'avenir de la guerre en Ukraine.Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, ainsi que le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et les représentants de 25 pays se réunissent pour discuter du soutien à apporter à l'Ukraine dans ce conflit qui prend une tournure de plus en plus complexe.Au cœur des discussions, la nécessité d'assurer la sécurité de l'Ukraine face à la menace russe, mais aussi de renforcer les capacités militaires ukrainiennes. Car si l'Ukraine a développé un avantage technologique sur le terrain, grâce notamment à l'utilisation de drones et de renseignement, elle doit encore faire face aux attaques aériennes et aux missiles balistiques russes, qui sèment la peur parmi la population civile.Le président ukrainien va notamment plaider pour la mise en place d'un système antimissile européen, moins coûteux que les Patriotes américains, mais tout aussi efficace pour protéger les villes ukrainiennes. Car si l'Ukraine frappe désormais en profondeur, touchant la logistique russe, les frappes de Moscou sur les civils se multiplient, forçant les Ukrainiens à se réfugier dans les caves lors des alertes.Cette réunion de Paris est donc un test à plusieurs niveaux. Pour l'Ukraine, il s'agit d'obtenir des garanties de soutien à long terme, alors que les perspectives de négociations de paix à court terme semblent s'éloigner. Pour l'Europe, c'est l'occasion de démontrer sa capacité à soutenir militairement Kiev, tout en se préparant à peser dans d'éventuelles négociations futures.Car au-delà des victoires sur le terrain, c'est bien la capacité à encaisser dans la durée qui fera la différence. Vladimir Poutine, qui misait sur la division de l'Occident, semble parfois pris à son propre jeu, face à une Ukraine qui transforme désormais la logistique russe en cible militaire. Une guerre qui n'est plus seulement une guerre de front, mais une guerre de profondeur, où la puissance d'un pays se mesure à sa capacité à résister dans le temps.
Dans cet épisode de "L'écho du monde", Christian Makarian analyse les enjeux de la visite du sultan d'Oman, Haitham ben Tariq Al Saïd, auprès du président français Emmanuel Macron. Oman, pays stratégique dans la région du Golfe, joue un rôle d'intermédiaire permanent avec l'Iran, une position qui lui vaut parfois les foudres de ses alliés, notamment les États-Unis.L'expert revient sur le rôle singulier d'Oman dans cette région en ébullition. Contrairement à ses voisins du Golfe, le sultanat a adopté une ligne de neutralité bienveillante, privilégiant le dialogue et la médiation. Cette posture a notamment permis à Oman d'accueillir sur son sol les chefs Houthis, fuyant les poursuites de l'Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis. Cependant, cette diplomatie de l'ombre agace parfois Washington, en particulier sous l'administration Trump. Le président américain n'a d'ailleurs pas hésité à menacer Oman d'être "pulvérisé" s'il ne se comportait pas comme les autres pays de la région. Un épisode qui illustre les tensions autour du détroit d'Ormuz, que l'Iran cherche à contrôler en imposant un droit de passage aux navires qui l'empruntent.Face à cette situation explosive, la France se positionne en faveur d'une future mission internationale de sécurisation du détroit, aux côtés du Royaume-Uni. Un projet qui pourrait impliquer Oman, qui ne dispose pas des mêmes capacités militaires que ses voisins du Golfe. Christian Makarian souligne également les opportunités économiques que représente Oman pour la France, notamment avec la perspective de la vente de Rafale.
Dans cet épisode de "L'écho du monde", Christian Makarian nous plonge dans la tourmente politique hongroise. Après la victoire électorale de Péter Magyar le 12 avril dernier, le nouveau Premier ministre hongrois s'attelle à un vaste chantier de réformes pour tourner définitivement la page de l'ère Orbán. Dès son arrivée au pouvoir, Péter Magyar a affiché sa ferme volonté de rompre avec les dérives autoritaires et les positions pro-russes de son prédécesseur. Il a ainsi engagé une série de mesures ambitieuses pour réaffirmer les valeurs démocratiques et le rapprochement avec l'Union européenne.Tout d'abord, fort de sa majorité parlementaire, il a initié un amendement à la loi fondamentale visant à limiter à deux le nombre de mandats de Premier ministre. Une décision qui vise directement l'ex-dirigeant Viktor Orbán, resté en poste près de 20 ans. Un coup dur de plus pour ce dernier, après la récente condamnation par la Cour de justice de l'UE de la loi hongroise anti-LGBTQI+ qu'il avait portée.Mais Péter Magyar ne s'arrête pas là. Il entend également remettre en cause le rôle du président de la République, qu'il juge trop loyal envers l'ancien parti au pouvoir. Le Premier ministre a ainsi demandé le départ de nombreux responsables institutionnels, de la Cour constitutionnelle au procureur général, en passant par la Cour suprême ou l'autorité des médias. Un véritable grand ménage démocratique qu'il souhaite soumettre à un référendum constitutionnel.Au-delà des réformes politiques, ces changements rapides ont aussi des enjeux financiers importants. En effet, le déblocage des 16,4 milliards d'euros de fonds européens de relance et de concurrence, gelés sous Viktor Orbán, est désormais conditionné à ces réformes. Une manne bienvenue pour la Hongrie, qui doit prendre un nouveau chemin, cette fois en direction de Bruxelles.
01/11/2023